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AccueilCentre de ressourcesConservation préventiveGuide pour la conservation des œuvres d'art publicPartie 2 – Types d'oeuvres et de matériauxPeintures murales

Peintures murales extérieures

Photo d'une fresque située à Québec représentant une scène du Québec d'antan.Du groupe Cité création, la Fresque des Québécois, située à Québec.












Photo 1 : www.pbase.com/motrem/image/81620219m (consulté le 15 mars 2012)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En plus d'améliorer l'environnement bâti d'une ville, une peinture murale joue un rôle social important. Par son emplacement, le thème qu'elle exploite, sa taille et la qualité de sa réalisation, une murale constitue une source de fierté pour toute la communauté.

Les murales peuvent être réalisées sur différents supports :

  • des murs de maçonnerie
  • des murs de béton
  • des panneaux destinés à être fixés aux murs.


Au Canada, on estime que la durée de vie des murales extérieures varie entre 10 et 30 ans. Une bonne sélection des matériaux, une réalisation de qualité et un entretien approprié peuvent néanmoins prolonger leur survie et faire durer leur beauté.

Facteurs de dégradation des murales et recommandations pour leur préservation

Même réalisée sur le meilleur support, toute murale extérieure subit inévitablement des changements d'aspect en raison des conditions extrêmes auxquelles elle est exposée, dont la saleté, les intempéries et le vandalisme. Avec le temps, les couleurs pâlissent, parfois de façon sélective, selon les matériaux choisis et les couleurs elles-mêmes.


Différents facteurs environnementaux de nature climatique ou biologique entrent en ligne de compte dans la dégradation des murales.

L'action de la lumière sur les murales extérieures

Le rayonnement solaire visible, ultraviolet et infrarouge :

  • fragilise les matériaux organiques et synthétiques
  • accélère la dégradation physique et chimique des œuvres en réchauffant leur surface
  • fait pâlir les couleurs, particulièrement les rouges de qualité inférieure, qui se décolorent plus rapidement. Le cadmium rouge, le jaune et l'orange se décolorent prématurément dans des conditions humides ou sous les pluies acides
  • provoque le jaunissement des vernis
  • est responsable de la désagrégation de la surface de la murale. Le liant
    substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
    liant
    acrylique devient pulvérulent, c'est-à-dire que des microfissurations apparaissent et donnent une apparence blanchâtre à la surface, un phénomène optique qui est souvent confondu avec la décoloration de l'œuvre.

Exemple de décoloration de la peinture acrylique.


La décoloration de la peinture acrylique est visible dans les noirs, bleus et rouges.









Photo 2 : CCQ, Michael O'Malley

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour contrer l'action de la lumières

  • Éviter de choisir les emplacements faisant face à la lumière ardente du sud et de l'ouest.
  • Réaliser la murale avec des peintures extérieures de bonne qualité, qui résistent plus longtemps à la décoloration. 

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L'action de l'eau et du gel sur les murales extérieures

En s'infiltrant dans la maçonnerie et les matériaux constitutifs de la murale, l'eau ou l'humidité provenant de l'intérieur du bâtiment, du toit ou de la fondation fait décoller la peinture, provoque la formation de cloques ou favorise les dépôts de sels ou de saletés en surface.
Le ruissellement de l'eau à partir du toit favorise l'apparition de coulisses sur la surface.

L'action du gel et du dégel sur la maçonnerie peut provoquer l'expansion et le rétrécissement des matériaux et, par le fait même, causer des pertes de peinture.

Les sels de déglaçage présents dans l'humidité du sol peuvent s'infiltrer dans le mur par capillarité et faire apparaître des efflorescences sur la surface (voir la photo 4).

Pour contrer les problèmes d'eau

Si un problème d'eau affecte le mur, en rechercher la cause et apporter les correctifs nécessaires.

  • Faire réaliser un examen du site et du mur par un architecte ou un ingénieur en bâtiment; il observera l'action de l'eau sur la surface et détectera les problèmes préalablement à la réalisation de la murale.
  • Observer la présence de taches d'humidité ou d'efflorescences blanchâtres, signes de la présence d'un problème susceptible d'affecter l'intégrité du mur.
  • Au besoin, poser des solins et veiller à leur entretien pour empêcher l'eau de s'infiltrer dans le support ou dans le mur.
  • Selon le type de toit, poser des gouttières pour éviter le ruissellement de l'eau sur le mur.
  • Réserver une bande non peinte d'une hauteur de 60 cm au pied du mur pour favoriser l'échappement de l'humidité.

Pour protéger la murale des sels de déglaçage

 

  • En hiver, éviter les accumulations de neige au bas du mur.
  • Déneiger le bas du mur avec précaution pour ne pas briser la murale et pour éviter le contact avec les sels de déglaçage, susceptibles de causer des efflorescences et des éclats de maçonnerie.

 

Photo montrant un solin qui empêche l'eau de s'infiltrer dans le mur.


Détail de la fresque L'hôtel des voyageurs, de Serge Malenfant, du groupe MURIRS, montrant  un solin qui empêche l'eau de s'infiltrer dans le mur.











Photo 3 : CCQ, Élisabeth Forest

 

 

 

Photo d'efflorescences blanchâtres causées par la migration de l'eau et de la vapeur.


Détail de la Murale du bicentenaire de Sherbrooke, du groupe MURIRS montrant des efflorescences blanchâtres résultant de sels déposés sur la surface du mur; elles sont causées par la migration de l'eau et de la vapeur d'eau entraînant des sels de déglaçage.






Photo 4 : CCQ, Michael O'Malley



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L'action des polluants gazeux et solides sur les murales extérieures

Poreuse et perméable, la peinture à base de liant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
liant
acrylique (latex), fréquemment utilisée pour la réalisation des murales, est sujette à l'infiltration de gaz polluants ainsi qu'à l'accumulation de saleté et de poussière en surface. Les fientes d'oiseaux causent également des taches. Ces éléments altèrent la peinture et changent son aspect au fil du temps.

Image de saletés superficielles s'étant accrochées à la surface rugueuse du mur.Des saletés superficielles s'accrochent à la surface rugueuse.












Photo 5 : CCQ, Michael O'Malley

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Le vandalisme et les graffiti

Pour protéger la murale du vandalisme

  • Utiliser des panneaux identifiant l'œuvre et l'artiste pour favoriser l'appropriation de l'œuvre par la population.
  • Installer un bon éclairage.
  • Concevoir une mise à distance devant la murale : une haie ou une barrière.
  • Appliquer une couche de protection sacrificielle facilitant l'enlèvement d'éventuels graffitis et protégeant la peinture. Pour le choix du produit, vérifier auprès d'un restaurateur. S'il y a application d'un antigraffiti, inscrire l'information au dossier de l'œuvre.
  • Au besoin, installer un système de surveillance par caméra.

 
Si la murale a fait l'objet d'un acte de vandalisme

  • Éliminer rapidement toute trace de vandalisme afin d'éviter l'effet d'entraînement et la commission d'autres actes indésirables.
  • Confier l'enlèvement de graffitis et les retouches à des spécialistes parce que les produits utilisés pour retirer les graffitis contiennent des solvants qui peuvent endommager la peinture.

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Conception et réalisation d'une peinture murale

Choix de l'emplacement

Dès la conception, deux facteurs influencent la durée de vie d'une murale :

  • son support ou le mur sur lequel elle est réalisée. Consulter un architecte ou un ingénieur qui déterminera si le support ou le mur est adéquat et qui ciblera les correctifs à apporter
  • son exposition au soleil, aux pluies et aux vents dominants, qui diminuent sa longévité.


Lors de la conception de la murale, veiller à ne pas altérer les murs et les qualités historiques d'un bâtiment patrimonial.

Certaines mesures contribuent à la durée de vie de la murale :

  • la mise à distance de l'emplacement de la murale, créant une barrière de protection naturelle
  • l'aménagement d'une zone de propreté au pied du mur, qui freine l'accumulation de saleté et la croissance de végétaux
  • la composition démarrée à bonne distance du niveau du sol pour permettre à l'humidité de s'échapper plus facilement et pour éviter les éclaboussures sur la murale et les bris causés par la machinerie (comme illustré sur la photo 6).

Exemple d'une zone de propreté au pied d'un mur freinant l'accumulation de saleté et la croissance de végétaux.

Détail de la fresque Cinquante ans à notre image, du Groupe MURIRS. Une zone de propreté au pied du mur freine l'accumulation de saleté et la croissance de végétaux.
Par contre, il aurait été préférable de laisser une distance entre le niveau du sol et le début de la peinture.








Photo 6 : CCQ, Michael O'Malley

 

 

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Travail de collaboration et communication

En raison du caractère public des murales, plusieurs spécialistes participent au succès du projet. Ce réseautage augmente l'intérêt de la population à l'égard de l'œuvre et facilite son financement. Par exemple, d'autres artistes, des fabricants de peinture et des restaurateurs peuvent être consultés pour le choix des matériaux. Le succès du projet dépend de la qualité de la communication et de la collaboration entre le propriétaire, l'artiste et les intervenants sur le chantier.

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Documentation sur la réalisation de la murale

Documenter la mise en œuvre et le choix des produits :

  • alimente les connaissances sur les comportements des matériaux employés
  • favorise le choix de matériaux adaptés au climat québécois lors de la conception d'autres murales
  • guide les responsables de l'entretien et de la conservation des murales dans leur pratique
  • facilite la transmission de connaissances entre les différents intervenants.

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Mise en oeuvre et choix des matériaux

Une mise en œuvre appropriée et des matériaux de qualité augmentent la durée de vie d'une murale extérieure.

Choix du support

Les peintures murales sont généralement réalisées sur un mur de béton ou de brique, ou encore sur des panneaux fixés au mur. Préalablement à la réalisation de la murale, le propriétaire doit faire inspecter le mur pour vérifier la stabilité de la surface et la possibilité d'installer des panneaux, le cas échéant. Lors du choix du support :

  • s'assurer de son étanchéité aux infiltrations d'eau
  • repérer les fissures, efflorescences et zones d'humidité, et en déterminer la cause
  • examiner le mortier pour déterminer s'il doit être réparé.


À la suite de l'inspection :

  • boucher les fentes et les trous dans la maçonnerie avec un matériau approprié; confier cette tâche à un maçon d'expérience
  • traiter les joints d'expansion pour les rendre compatibles avec la peinture.

Fresque Desjardins à Beauport.La Fresque Desjardins, à Beauport.













Photo 7
: © CCNQ, Xavier Dachez

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'utilisation de panneaux comme support

Les murales peuvent être réalisées sur des panneaux rigides conçus pour l'extérieur. L'utilisation de ces panneaux permet de changer l'emplacement de l'œuvre, au besoin, et de traiter séparément les problèmes liés à la conservation du mur et ceux liés à la peinture.

Plusieurs matériaux peuvent servir dans la conception des panneaux :

  • le bois : le contreplaqué de haute densité, le contreplaqué marine et le contreplaqué revêtu de papier imprégné de résine phénolique (Crezon® MDO) conçu pour les enseignes extérieures
  • le béton synthétique (HardiPanel®)
  • le métal (panneaux nid d'abeille en aluminium)
  • le plastique avec un revêtement métallique (Dibond®, Alucobond®, etc.).


Éviter les matériaux sujets aux enfoncements par le devant, dont les panneaux qui sont conçus pour l'isolation thermique. Discuter avec le manufacturier ou le distributeur des produits pour s'assurer du bon choix et de la compatibilité des matériaux. En cas de doute, tester l'adhérence de l'apprêt et de la peinture sur un panneau prototype.

Les panneaux peuvent être vissés au mur ou installés sur des fourrures, c'est-à-dire sur une armature de métal fixée au mur avec des vis inoxydables. Ce travail doit être réalisé par des spécialistes. Lors de l'installation des panneaux, veiller à :

  • ne pas altérer la solidité du mur sous-jacent
  • permettre une ventilation naturelle en laissant un espace suffisant derrière les panneaux, par exemple, 25 mm entre le mur et les panneaux
  • bien sceller la tranche, le revers et les joints de tous les panneaux afin d'éviter les infiltrations d'eau
  • appliquer un apprêt approprié et un calfeutrage de scellement de qualité conçus pour l'extérieur.

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Préparation de la surface

La qualité de la préparation du support influence l'adhérence et la stabilité des couches de peinture. La surface doit être propre, exempte de peinture écaillée. Selon la nature du support et les substances à éliminer, le nettoyage peut être fait selon l'une des méthodes suivantes. 

  • À sec, avec une ponceuse ou un pinceau à poils durs non métalliques. Retirer mécaniquement toute peinture soulevée ou écaillée. Poncer les surfaces lisses pour obtenir une certaine rugosité, nécessaire à l'adhérence des couches de peinture. Mise en garde : il est déconseillé de réaliser une murale sur une surface déjà peinte, sauf si elle est en excellent état.
  • Avec une solution à base d'eau et de TSP (trisodium de phosphate). Le nettoyage doit être suivi d'un bon rinçage. Éliminer la graisse ou la saleté par un nettoyage en profondeur effectué à l'aide d'un équipement à pression contrôlée.
  • Au besoin, décontaminer toute surface affectée par des algues ou des moisissures.
  • Pour travailler en toute sécurité, porter un masque de protection et des gants. Consulter les fiches P0254, P0258, P0317, P0398 et P0399 de Préserv'Art pour obtenir de l'information détaillée sur les gants, ainsi que les fiches  P0019, P0218 et P0250 pour de l'information sur les masques.

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Choix d'un apprêt

Déterminer le type d'apprêt en fonction de la nature du support et de la peinture. Deux ou trois couches d'apprêt doivent précéder l'application de la peinture. Cette couche de fond est fondamentale à la survie de l'œuvre et favorise une meilleure adhérence de la peinture, dans la mesure où l'apprêt et la peinture sont parfaitement compatibles.

Choisir un produit de qualité. Pour la peinture acrylique, les apprêts Zinsser® Bull's eye 123, Benjamin Moore® Fresh Start, Farrow & Ball® sont de bonnes options.

Sur une surface de bois, appliquer au moins deux couches de gesso acrylique. Sur une surface de béton ou de maçonnerie non traitée, appliquer un apprêt pour la maçonnerie.

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Choix de la peinture

Il est possible de réaliser la composition de l'œuvre avec deux types de peintures : celle pour artistes, pour la création de certains détails et pour l'obtention de couleurs spécifiques, et la peinture de commerce pour peindre les grandes surfaces.

Fresque Desjardins de Lévis.


La Fresque Desjardins de Lévis, réalisée avec des couleurs à base de latex conçues pour usage extérieur, de la compagnie Farrow & Ball.








Photo 8
: © CCNQ, Xavier Dachez

 

La peinture la plus fréquemment utilisée dans la réalisation de murales est à base de liant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
liant
acrylique (latex). Elle est facile d'utilisation, non toxique et soluble à l'eau lors de l'application. Flexible, elle permet l'évaporation de l'eau, ce qui favorise son adhérence à plusieurs types de surfaces, comme le bois, la maçonnerie ou le béton. Les peintures extérieures de commerce de bonne qualité (Benjamin Moore®, Behr, Farrow and Ball®) qui contiennent une résine acrylique pour l'usage extérieur peuvent être utilisées. Leur durée de vie est cependant relativement courte. Des altérations, comme la décoloration ou les soulèvements, pourraient survenir aussi tôt que sept ans après leur application.

Si le budget du projet le permet, considérer l'emploi de peintures acryliques pour artistes (Stevenson®, Golden®, Liquitex®). La résine acrylique contenue dans ces peintures est relativement molle, mais l'ajout d'un médium
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
médium
acrylique plus dur peut prolonger leur vie en usage extérieur.

 

Mise en garde pour le choix de la couleur

Selon la compagnie Golden, il est déconseillé d'utiliser les peintures d'artistes contenant des pigments à base de cadmium et d'outremer en usage extérieur : elles se décolorent rapidement sous l'action de l'humidité. Par ailleurs, une étude* révèle que le blanc de titane, un pigment très répandu dans les peintures blanches de commerce et d'artistes, peut accélérer la détérioration du liant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
liant
acrylique sous l'action de l'humidité et de la lumière.

Attention

La peinture à base d'huile ou d'alkyde n'est pas appropriée en usage extérieur.

  • Elle est moins perméable à l'humidité.
  • Elle devient rapidement friable.
  • Les couleurs pâlissent plus rapidement que celles à base de liant
    substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
    liant
    acrylique.
  • Elle peut se dégrader plus rapidement sur des surfaces de nature alcaline, comme le béton, le mortier et le crépi.

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Application de la peinture

La peinture peut être appliquée au rouleau, au pinceau et par vaporisation. La texture de la surface du mur influence le degré de détail et la quantité de peinture nécessaire pour réaliser la murale. Les travaux de peinture acrylique doivent être exécutés par temps sec sur une surface sèche, à une température qui se situe au-dessus de 10 °C.

The Harvard Square Theater Mural.
Murale réalisée avec une peinture à base de silicates. (Keim®)






Photo 9 : www.joshuawiner.com (page consultée le 15 mars 2012) The Harvard Square Theater Mural. Cambridge, MA. With Campari Knoepffler. Commissioned by the Townscape Institute and Loews Theaters.

  

La peinture à base de silicates

Deux types de liants peuvent entrer dans la formulation de la peinture extérieure : le liant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
liant
organique et le liant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
liant
minéral. Ce dernier est composé de silicates alcalins (ex. : Keim®, Eco-House®, Edison® Coatings) dispersés dans l'eau. Il peut être utilisé sur le stuc, le béton, la brique et la maçonnerie. Au lieu de créer un film distinct qui adhère à la surface, il se lie intégralement au mur par réaction chimique.
Par ailleurs, plus coûteuses, les couleurs à base de silicates :

  • résistent à la lumière
  • sont mates
  • sont extrêmement stables
  • sont perméables à la vapeur d'eau
  • ne sont pas toxiques
  • résistent aux intempéries.

 

Peintre en pleine production.Peinture appliquée en aérosol sur un pilier en béton.





















Photo 10 : CCQ, Michael O'Malley

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

Lors de l'application de peinture :

  • Protéger les travaux des intempéries et du soleil intense en installant des bâches sur l'échafaudage.
  • Ne jamais diluer la peinture afin de maintenir la quantité de résine suffisante à la durabilité de l'œuvre. Le degré d'adhérence des couches de peinture peut être évalué après un séchage complet en grattant de petits échantillons de peinture.

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Les couches de protection

L'application de vernis comporte certains avantages. Le vernis :

  • sature les couleurs et les rend plus vives
  • protège la surface peinte des effets de la lumière, de la pollution, de la saleté et de l'humidité. Le liant
    substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
    liant
    des peintures non vernies peut être vulnérable à la lumière lorsqu'elles sont exposées directement au soleil pendant de longues périodes, entre autres lorsqu'elles sont orientées au sud ou à l'ouest. Appliquer un vernis peut protéger la surface et accroître la stabilité du liant
    substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
    liant
    exposé à la lumière ou aux intempéries.

 

Mises en garde au sujet du vernis

La question de l'application de vernis sur les murales extérieures ne fait pas consensus. Certains recommandent d'en appliquer et d'autres pas.

Peu de données sont disponibles au sujet du vieillissement à long terme des vernis extérieurs sur les murales réalisées en climat canadien. Il faut cependant préciser qu'aucun vernis n'est idéal sur les plans de la résistance, du non-jaunissement et de l'aisance de réversibilité. Les vernis sont assujettis aux mêmes types de dégradation que les peintures et ont donc une durée de vie limitée.

Il est impossible de retirer la plupart des vernis conçus pour l'usage extérieur. Le solvant employé pour l'enlever peut dissoudre la peinture en même temps. Pour freiner sa dégradation, il est possible d'ajouter des stabilisants de lumière et des absorbeurs de rayons ultraviolets.

Compte tenu du fait qu'au Canada, la durée de vie d'une murale se situe entre 10 et 30 ans, le jaunissement à terme d'un vernis et l'impossibilité de le retirer deviennent pour certains des arguments de faible importance, comparativement à la protection obtenue.

Lors de l'application d'un vernis

  • Privilégier un vernis acrylique de qualité. Un vernis inadapté ou un vernis de qualité inférieure est susceptible de jaunir prématurément ou de devenir blanchâtre, ce qui altérerait les qualités esthétiques de la murale.
  • Éviter les vernis commerciaux à base de polyuréthane; ils jaunissent rapidement et dramatiquement. Ils sont aussi très difficiles, voire impossibles à retirer par la suite.
  • Tester l'application du vernis sur un prototype pour établir la meilleure méthode d'application et observer l'apparence finale du vernis après séchage. En cas d'incertitude, s'informer auprès du fabricant ou du fournisseur.

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Couche de protection antigraffiti

L'application d'une couche de protection antigraffiti constitue une solution de rechange à l'application d'un vernis et protège l'œuvre du vandalisme en facilitant l'enlèvement d'éventuels graffitis. Si la murale a été vernie, appliquer quand même une couche de protection antigraffiti. L'application peut être faite sur l'intégralité ou sur des parties spécifiques de la murale.

Pour les murales, la couche antigraffiti est de type sacrificiel, c'est-à-dire provisoire. Cette couche crée un film protecteur entre la surface de l'œuvre et un éventuel graffiti et se dissout en même temps que le retrait d'un éventuel graffiti. Faciles à appliquer et d'apparence discrète, les produits les plus fréquemment employés sont à base de cire ou de polysaccharides. Ils peuvent être retirés facilement avec de l'eau chaude à pression contrôlée (Kärcher) ou avec une brosse non métallique et de l'eau chaude.

De plus, la durée de vie des produits antigraffiti est restreinte. C'est pourquoi leur application doit être renouvelée périodiquement. Pour obtenir plus d'information sur les différentes couches de protection antigraffiti, consulter la fiche Couches de protection dans la Boîtes à outils.

Par ailleurs, peu de données existent sur l'efficacité des protections antigraffiti sur les peintures acryliques dans le contexte du climat canadien. Pour obtenir les renseignements les plus à jour à ce sujet, consulter un restaurateur.

 

Pilier peint donnant l'impression d'une porte de chateau.

Pilier peint par Laforest et Fleury.  
Couche de protection antigraffiti posée sur la partie inférieure de la colonne.

À remarquer : dans cet exemple, la différence de saturation résulte du choix du produit appliqué. Il existe des produits qui n'altèrent pas l'aspect de la surface.















Photo 11 : CCQ, Michael O'Malley.

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Entretien des murales extérieures

Consulter la section Élaborer un programme d'entretien pour en savoir davantage.

Afin d'assurer un entretien optimal des murales extérieures :

  • Prévoir une fiche d'entretien spécifique à chaque œuvre. Cette fiche devrait être réalisée par un restaurateur ou par l'artiste, en collaboration avec un restaurateur. Voir la fiche Modèle de fiche d'entretien dans la Boîte à outils pour en obtenir un exemple.
  • Prévoir un budget récurrent annuel établi par les propriétaires pour la protection de leurs œuvres
  • Désigner au préalable une personne responsable de la conservation et de l'entretien de l'œuvre
  • S'assurer que les renseignements et les responsabilités soient relayés vers une autre personne lors du départ de la personne responsable de la conservation et de l'entretien.

Fréquence des inspections et éléments à surveiller

Il est recommandé que le responsable de l'entretien inspecte les murales deux fois par année, soit au printemps et à l'automne, afin de constater les dommages qu'elles ont subis ou de surveiller les changements survenus dans leur état de conservation.

Restauratrice effectuant une inspection annuelle à l'aide d'une nacelle.Inspection annuelle avec nacelle.












Photo 12 : CCQ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En résumé, il faut prévoir :
•    les inspections régulières annuelles faites à partir du sol avec des lunettes d'approche
•    les inspections approfondies, réalisées tous les trois ans, à l'aide d'une nacelle, au besoin.

Dans les deux cas, les rapports d'état antérieurs et des photographies permettent de cibler les changements survenus depuis l'inspection précédente. Les observations seront plus précises si elles sont réalisées par la même personne d'une inspection à l'autre. Consigner ces observations dans le dossier de l'œuvre. Si un problème est constaté, consulter un restaurateur pour connaître la marche à suivre.

Éléments à surveiller lors d'examens annuels

Consulter la fiche intitulée Constat d'état sommaire pour les peintures murales  extérieures dans la Boîte à outils pour obtenir un exemple de formulaire abrégé et convivial à utiliser lors des inspections de murales.

Le support (mur, panneaux ou support auxiliaire) :

  • évolution des altérations et fissures détectées lors du constat précédent
  • stabilité du support de la murale
  • état de la maçonnerie et du mortier
  • état du calfeutrage, des joints d'étanchéité et des joints d'expansion
  • état des solins
  • bris, fissures, enfoncements
  • réparations récentes
  • mousses et lichens
  • corrosion et rouille
  • activité animale ou insectes
  • évolution de la végétation environnante.


Les revêtements (enduit, couches de préparation, couches de peinture, couches de protection) :

  • évolution des altérations et fissures détectées lors du constat précédent
  • état de l'enduit
  • soulèvement de la peinture
  • désagrégation du liant
    substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
    liant
    de la peinture
  • égratignures et abrasions
  • dommages causés par la neige ou par les sels de déglaçage, particulièrement au bas du mur
  • taches ou saletés accumulées en surface
  • graffiti
  • couleurs altérées
  • réparations ou retouches récentes.

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Entretien courant des murales

L'environnement immédiat

  • Retirer les débris et les mauvaises herbes accumulés au bas de la murale.
  • En hiver, enlever la neige accumulée au bas du mur pour éviter que le sel et le sable qu'elle contient n'endommagent la peinture.


L'étanchéité

  • Porter une attention particulière à l'infiltration d'eau dans la structure; faire boucher avec un matériau approprié les fentes et les trous dans la maçonnerie.
  • S'assurer de l'étanchéité du calfeutrage qui peut rétrécir, se détacher ou devenir cassant en vieillissant. Retirer et remplacer le calfeutrage fendu ou délaminé avec un produit de qualité pour l'extérieur, à base de polyuréthane, comme Sikaflex® ou Sonneborn® NP1. Lors de l'application, éviter de déborder sur la surface peinte.
  • Vérifier l'état des solins.
  • Faire réparer toute fissure dans le support.

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Nettoyage ponctuel

Nettoyer les taches superficielles, comme les fientes d'oiseaux, les éclaboussures ou autres saletés. Lors du nettoyage :

  • éliminer localement les taches en tamponnant doucement avec un chiffon non pelucheux humidifié à l'eau tiède. Au besoin, utiliser un détergent anionique à pH neutre, comme le LiquiNox®, en faibles concentrations; ce type de produit est non corrosif, ne contient pas de phosphate et est biodégradable. Il est distribué par les fournisseurs de produits chimiques
  • ne pas laisser l'eau couler sur les parties sèches de la murale afin d'éviter la formation de cernes et de coulisses
  • éviter tout nettoyage trop agressif avec des brosses à poils durs qui peut marquer ou endommager la surface de façon permanente. De la même manière, l'utilisation inappropriée de savons ou de solvants peut endommager la peinture
  • pour traiter les taches récalcitrantes, faire appel aux spécialistes de la restauration
  • humidifier les fientes sèches avant de les enlever pour éviter la mise en suspension de poussières nocives pour la santé
  • porter des gants et un masque pour enlever les fientes.Consulter Le nettoyage des fientes dans la Boîte à outils pour plus de détails sur la façon de procéder. Consulter les fiches P0254, P0258, P0317, P0398 et P0399 de Préserv'Art pour obtenir de l'information détaillée sur les gants, ainsi que les fiches  P0019, P0218 et P0250 pour de l'information sur les masques.

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Recours aux spécialistes de la restauration

Au-delà de l'entretien régulier, certaines réparations ou actions nécessitent l'intervention de spécialistes, comme :

  • les réparations des structures
  • le refixage de soulèvements de la peinture
  • le retrait de graffiti
  • les retouches.


Les restaurateurs peuvent transmettre de l'information sur les derniers développements et mises à jour, notamment au sujet des couches de protection.

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Date de mise à jour : 28 janvier 2020

Gouvernement du Québec, 2021
© Gouvernement du Québec, 2021