Agrandir/Réduire la policeVersion imprimable

Réalisations

AccueilRéalisationsDétail d'une réalisation
 

La médecine à Québec : une murale signée Lemieux

Photo montrant la murale complète La médecine à Québec, de Jean-Paul Lemieux (1904-1990), après restaurationLa médecine à Québec est une grande murale de 304,5 cm x 559 cm. Elle occupe la place d'honneur du pavillon Ferdinand-Vandry, à l'Université Laval, depuis 1957 et illustre l'histoire de la médecine à Québec. En arrière-plan, on voit la ville de Québec et, au premier plan, des personnages reliés au monde de la santé : religieuses, médecins, infirmières… 

Le tableau est daté et signé discrètement sur la base du kiosque au milieu du tableau, à gauche du Château Frontenac : « Jean-Paul Lemieux A.D. 1957 ».

Photo montrant le kiosque avec la signature de LemieuxLe tableau a été marouflé, originellement sur une surface courbe, dans le hall du pavillon Vandry. Ce marouflage avait été exécuté par la firme Black and Son avec une colle ordinaire pour papier peint à laquelle de la mélasse avait été ajoutée pour la rendre plus forte. Une lettre mentionne qu'une lame de rasoir avait été utilisée pour laisser l'air s'échapper à quelques endroits.
Bien que n'ayant qu'une cinquantaine d'années, cette œuvre a déjà subi plusieurs interventions de restauration. Le Centre de conservation du Québec était déjà intervenu sur cette œuvre en 1982, à la suite d'un dégât d'eau, et en 1986 pour refixer la toile au mur.

Les travaux réalisés dans l'édifice en 2009 et 2010 ont complètement modifié l'espace intérieur du pavillon, et l'Université a demandé au Centre de conservation du Québec de retirer le tableau afin d'éviter les dommages pendant les travaux. Le tableau a donc été démarouflé. Après son traitement au Centre, il a été retendu au même endroit, en février 2010, mais sur un mur plat.

Démarouflage

Un démarouflage n'est jamais sans risque. Certaines particularités pouvaient compliquer l'opération :

  • le grand format de l'œuvre
  • les coupures faites dans la toile peinte afin d'améliorer le séchage de la colle
  • la présence d'un adhésif synthétique injecté localement à plusieurs endroits entre la toile et le mur lors d'une restauration précédente.

Photo de l'oeuvre avec des cartonnages, avant le démarouflage

Un examen minutieux de la surface a permis de repérer des zones d'instabilité de la couche picturale et de les protéger avant de commencer le démarouflage.

Un mélange de solvants injecté entre la toile et le mur a permis de faire gonfler l'adhésif et ensuite de faciliter le décollage au moyen de scalpels ou de spatules.

La toile est fixée à un grand rouleau de carton qui faisait toute sa hauteurAfin d'éviter les dommages au fur et à mesure du décollage, la toile a été fixée à un grand rouleau de carton qui faisait toute sa hauteur. En tournant lentement le rouleau ainsi attaché à la peinture, la partie décollée s'enroulait peu à peu autour du rouleau. Le rouleau maintenait la peinture en place et portait son poids. Une fois enroulé sur le tube, le tableau a été transporté au Centre de conservation du Québec pour un traitement complet.

Les étapes du traitement

Le revers de la toile a été nettoyé mécaniquement pour le dégager des nombreux résidus qui y adhéraient : plâtre, colle de marouflage, colle PVA (colle blanche), cire. Si les résidus de plâtre et d'adhésif ancien ont été faciles à enlever, il n'en a pas été de même pour les résidus de colle PVA appliquée lors de la restauration en 1988.

Les nombreuses coupures de la toile faites lors du marouflage avec une lame de rasoir ont été renforcées au revers.

Fixage

Certaines zones étaient particulièrement abîmées, notamment dans le sol de couleur rouge bourgogne, dans le coin supérieur droit (à la suite d'un dégât d'eau survenu dans le passé), dans le personnage du chirurgien vu de profil, au centre du tableau.

Dans quelques zones, la couche picturale était réduite en fines particules. Ces zones ont été consolidées avec de la cire colorée appliquée à la spatule pour éviter la perte complète de la peinture.

Nettoyage de la surface

Le nettoyage de la surface a été limité, car plusieurs couleurs de ce tableau sont encore sensibles à des solvants relativement faibles (ex. : le rouge).

Doublage

En 1957, le tableau ayant été marouflé sur le mur, l'artiste avait peint sa composition jusqu'au bord de la toile. Cette toile n'avait donc pas de bords de tension. La décision d'agrafer le tableau au mur exigeait de doubler le tableau pour donner des bords de tension à l'œuvre, et permettre la tension et l'agrafage de la toile au mur. Ce doublage a aussi renforcé la toile affaiblie par les coupures au rasoir et les déchirures.

À cause de son grand format, le doublage du tableau a dû être réalisé en 3 étapes sur la table chauffante à vide (65-70 °C). Le doublage s'est fait face au-dessus et on a utilisé 3 lés verticaux de Sailcloth collés avec l'adhésif Beva en film.

Photo de l'oeuvre pendant le doublage à l'atelier des peintures du CCQ Photo de l'étape du doublage dans l'atelier des peintures du CCQ

Masticage

Des masticages à la cire colorée ont été exécutés pour combler quelques lacunes dans différentes couleurs (ex. : dans le noir et le vert de la partie supérieure).

Accrochage

Après discussion avec le client, il a été décidé de ne pas maroufler le tableau sur le mur, mais de lui garder une certaine « mobilité » afin d'éviter les risques liés à un autre démarouflage dans l'avenir. La solution a été de doubler la peinture sur une toile relativement rigide et de l'agrafer directement au mur. Ce type de présentation est aussi ce qui ressemble le plus au marouflage original choisi par l'artiste.

Les restaurateurs procèdent à l'accrochage de l'oeuvre avec un système de poulies Les restaurateurs procèdent à l'accrochage de l'oeuvre à l'aide de poulies

Afin de permettre l'agrafage du tableau directement au mur, une bande de placoplâtre d'environ 3 po de largeur a été retirée sur tout le mur correspondant au périmètre du tableau et remplacée par du contreplaqué.

Intallation du cadre, après l'accrochage de l'oeuvreAprès une légère mise en tension et l'agrafage sur le mur, les bords de tension de la toile ont été repliés afin de loger dans un léger évidement ménagé à l'intérieur du cadre.

Le cadre a été cloué au mur et les têtes de clou ont été cachées avec la peinture noire du cadre.

Dans la partie supérieure, le bord de tension a été gardé plus large en prévision de futures manœuvres de démontage.

Conservation préventive

Les restaurateurs de l'atelier des peintures ont recommandé de placer une barrière (ex. : un cordon) devant l'œuvre afin de dissuader les gens de s'en approcher de trop près ou de la toucher.

Date de mise à jour : 14 décembre 2011

Gouvernement du Québec, 2019
© Gouvernement du Québec, 2019