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Le grand ménage : nettoyer ou repeindre ?

La « course à la propreté » nous incite à vouloir des murs impeccables. Pourtant une certaine usure des couleurs, une certaine « patine », est souvent agréable à l'œil. Un décor un peu vieilli offre même un cachet qu'un intérieur fraîchement repeint n'a pas.

Les motifs décoratifs, les motifs peints au pochoir, les imitations de pierre, les grisailles et les scènes peintes devraient être conservés précieusement et ne pas être repeints (voir la fiche Les peintures murales).

Repeindre un intérieur d'église ou de chapelle est une entreprise plus complexe qu'il n'y paraît. On est souvent agréablement surpris par un nettoyage bien fait ; un grand ménage peut suffire à raviver les couleurs des murs et de la voûte. Mais même le lavage des murs comporte des dangers pour des œuvres irremplaçables.

Que doit-on faire ?

Planifier le projet

  • Constituer un « comité de restauration », responsable et véritable pivot du projet. La personne chargée de l'entretien des bâtiments (marguillier, économe) et le sacristain aideront le comité à identifier les problèmes.

  • Avant de décider de la marche à suivre, consulter un architecte et un restaurateur. Les autorités diocésaines et les architectes des directions régionales du ministère de la Culture et des Communications peuvent vous guider dans le choix de professionnels compétents.

  • À l'aide des informations tirées de la consultation avec l'architecte et le restaurateur, répondre aux questions suivantes : Est-ce urgent d'intervenir ? Doit-on nettoyer ou repeindre ? Dans quel ordre les travaux doivent-ils être faits ? D'autres travaux sont-ils nécessaires, comme du plâtrage, de l'électricité, de la menuiserie ? Comment prépare-t-on le devis de travail ? Faut-il engager un entrepreneur ? Est-ce qu'on fera participer des bénévoles ?

  • Assurer une communication constante et efficace entre tous les intervenants. Ne pas hésiter à poser des questions et à clarifier les choses. La communication est indispensable à toute intervention d'envergure.

Comment agir avec l'entrepreneur ?

  • Établir vos exigences. Inscrire au contrat tout ce qui vous semble pertinent : la nature des travaux, le calendrier des opérations, les produits à employer, des instructions précises quant aux mesures de protection. Le restaurateur pourra vous aider dans cette démarche.

  • Inclure dans vos directives des choses aussi simples que la propreté des lieux et l'interdiction stricte de fumer sur le chantier. Les instructions ne passent pas toujours de l'entrepreneur aux sous-contractants et aux ouvriers.

  • Prévoir des réunions de chantier avec tous les intervenants, pour assurer le respect du devis et du calendrier.

  • Charger le comité de restauration de mandater un répondant pour assurer une surveillance quotidienne sur le chantier. C'est la clé du succès, même lorsqu'un architecte est engagé, puisqu'il est rarement sur place tous les jours. Plusieurs ont regretté d'avoir négligé cet aspect : une lampe qui surchauffe, des meubles fragiles mal protégés, des décisions urgentes et des surprises de toutes sortes compromettent souvent la bonne marche des travaux.

Comment agir avec les bénévoles ?

  • Nommer un chef d'équipe. Celui-ci donne et fait respecter les instructions, le programme et l'échéancier. Il est toujours présent sur le chantier. Il est parfois rémunéré.

  • Établir clairement les tâches des bénévoles et encadrer leur participation : horaire, programme et méthodes de travail. N'oubliez pas qu'ils sont soumis à toutes les règles de sécurité.

  • Avant le début des travaux, inscrire les bénévoles au Régime de santé et de sécurité du travail de la CSST (Commission de la santé et de la sécurité du travail) pour qu'ils soient assurés en cas d'accident. Payer la cotisation en leur nom. Avertir aussi l'assureur de la fabrique ou de la communauté.

Préparer les travaux

  • Prendre des photos « avant traitement », fort utiles pour des vérifications en cas d'accidents ou de litiges, mais aussi pour vos archives et pour retrouver l'emplacement de certains objets ou parties de décor.

  • Les surfaces sensibles, comme les dorures, les autels, le bois verni, doivent être protégées de l'inévitable poussière et de l'eau de lavage. Ranger d'abord tout ce qui peut être déplacé facilement : chemin de croix, tableaux, statues. Couvrir le reste – autels, balustrades, orgue, etc. – de polythène translucide propre et léger. Il protège bien, sans risque de peser sur les éléments fragiles et de les casser. Cette mesure de préservation essentielle a fait ses preuves à maintes reprises.

  • Nommer un responsable qui notera les indices de décors anciens (papiers peints, couleurs de peinture) et recueillera les objets trouvés tout au long des travaux .

Surveiller les échafaudages

  • Se renseigner sur le type d'échafaudages qui sera utilisé. Les échafaudages sont équipés de garde-corps, d'escaliers et de tout autre équipement nécessaire pour protéger le personnel. Selon la réglementation, les escaliers ne sont pas obligatoires à moins de 18 mètres de hauteur, mais sont recommandés en tout temps. On prévoit au besoin des harnais de sécurité. Il est toujours prudent de demander l'avis d'un inspecteur de la CSST ; le service est gratuit. D'ailleurs, cet organisme a publié un guide utile, intitulé Les échafaudages, disponible dans ses bureaux régionaux.

  • Faire approuver par un ingénieur le plan de tout échafaudage de 18 mètres de hauteur ou plus.

  • Vérifier s'il est nécessaire de renforcer le plancher du bâtiment pour supporter le poids des échafaudages.

  • Les échaufaudages constituent une partie importante des coûts. À moins d'engager une firme de nettoyage ou de peinture qui a son propre équipement, il faut s'adresser à un fournisseur d'échafaudages. Le prix comprend toujours deux volets : l'installation et le démontage ; la location du matériel, à la semaine ou au mois. Louer durant la saison froide est moins dispendieux.

  • Avant l'installation, sensibiliser les monteurs à la valeur patrimoniale et à la fragilité des œuvres. Une équipe avertie prendra alors toutes les précautions nécessaires.

  • Exiger que ce qui peut endommager les murs et autres surfaces (le bout des tuyaux d'échafaudage, le plus souvent) soit couvert d'une protection en mousse.

  • En hiver, installer un portique en polythène, facile à construire, qui servira de zone tampon devant la porte d'entrée lors de la livraison des échafaudages, opération qui exige d'ouvrir les portes durant plusieurs heures.

  • Veiller à ce que les mesures de sécurité soient observées. Les échafaudages doivent être propres et libres d'outils et de matériaux inutiles. On ne travaille jamais seul sur un échafaudage.

  • Pour prévenir tout risque d'incendie, les fils électriques seront débranchés chaque soir et chaque fois qu'il n'y a personne pour surveiller le chantier.

Si on décide de nettoyer

Chez soi, on lave les murs généralement sans crainte. En effet, la plupart des peintures modernes sont conçues pour résister à l'eau et au savon commercial. Or, dans une église, un temple ou une chapelle, la peinture est souvent ancienne. Elle a vieilli lentement, est devenue fragile, voire poudreuse et facile à enlever. Elle est alors sensible aux produits de nettoyage, parfois même à un simple chiffon humide. Il faut donc suivre une procédure rigoureuse pour prévenir les dommages.

Si vous choisissez de nettoyer, pensez d'abord à ne laver que les murs, en excluant la voûte qui accroche moins la poussière et est la plupart du temps moins sale. La corniche, en haut du mur, sert de démarcation et une légère différence de couleur entre murs et voûte n'attire pas l'œil.

Les surfaces unies peuvent généralement être lavées. Les peintures mates cependant sont sensibles au frottage à l'eau : il est plus difficile d'obtenir une surface uniforme.

Si les surfaces peintes contiennent des motifs décoratifs, des touches de dorure, des personnages ou des scènes peintes, consultez un restaurateur ; il a des connaissances et une expertise que ne possèdent ni un entrepreneur en nettoyage ni un artiste (voir la fiche Les peintures murales).

Que vous ayez décidé d'engager une entreprise commerciale ou de faire vous-même les travaux, il est primordial de faire d'abord quelques tests de lavage dans des endroits discrets avec les produits de nettoyage que vous prévoyez utiliser.

Si vous recourez à une entreprise commerciale, demandez des soumissions à plus d'un entrepreneur et optez pour une firme spécialisée reconnue. La prudence s'impose dans le choix de la méthode de nettoyage. Un entrepreneur appelé pour un avis ou une soumission doit être en mesure d'expliquer en détail ses techniques et de donner la marque et la nature des produits employés. Comparez les méthodes et n'hésitez pas à demander conseil à un restaurateur ou à un architecte spécialisé en restauration. Diverses méthodes commerciales existent ; la plupart utilisent de l'eau. Dans certains cas, des chiffons humides servent à l'application d'eau savonneuse et à l'essuyage. Cette méthode est de loin supérieure aux autres, car elle demande un minimum d'eau. Elle comporte moins de risques d'éclaboussures et de dégâts.

Une autre méthode plus risquée consiste à vaporiser l'eau à faible pression. Si l'eau est trop abondante, elle dégouline, s'infiltre dans les murs et peut alors causer des dommages.

Sur les peintures sensibles à l'eau, le plâtre nu ou la pierre poreuse, on nettoie les murs avec des éponges spéciales en latex ; aussitôt qu'elles sont chargées de poussière, on les lave et une fois séchées, elles sont prêtes à être utilisées de nouveau.

Si vous faites vous-même les travaux, suivez la procédure qui suit.

Pour laver un édifice religieux

  • Ne pas oublier les tests de lavage.

  • Dépoussiérer d'abord… les surfaces horizontales et cachées, comme le dessus des corniches, les moulures et le rebord des fenêtres, mais ne pas oublier que les murs se chargent aussi de poussière. Un jet d'air comprimé à faible pression aide à déloger la poussière de certains creux.

  • Laver ensuite. Bien sûr, vous voulez des murs propres, sans résidu blanchâtre, des murs dont la peinture ne va pas se détériorer à long terme. Mais l'objectif est d'enlever la saleté et non une épaisseur de peinture. On choisit donc un détergent doux qui ne laisse pas de résidu ; on en ajoute à de l'eau tiède.

  • Se méfier des produits miracles ou recommandés par votre quincaillier pour les travaux difficiles, comme le fameux phosphate trisodique ou TSP. Il peut être utile dans des corridors ou des cages d'escalier, jamais dans l'église même, à moins de préparer les murs pour les repeindre.

  • Éviter de frotter avec un chiffon sale. Les chiffons doivent être changés ou rincés très fréquemment. Il faut donc en avoir une grande quantité à sa disposition ; aussitôt salis, on les met de côté pour les laver en vrac à la machine.

  • Laver avec un chiffon humide et propre. Repasser une seconde fois avec un autre chiffon humide. Pour finir, rincer et essuyer avec un dernier chiffon humide ne contenant pas de détergent.

  • Bien tordre les chiffons. Les dégoulinades laissent parfois des marques indélébiles. L'eau abondante pénétre entre les planches de bois ou dans des fissures du plâtre et les fait gonfler.

  • Les marques de crayon ou de doigts disparaissent souvent avec un peu de gomme à effacer.

  • Éviter de laver les motifs de dorure et autres surfaces sensibles (voir la fiche Les sculptures).

Si on décide de repeindre

La tentation est forte de tout repeindre ; cela peut sembler plus simple et plus efficace... Mais avant, consultez des experts et pensez « retouches ».

Les coups et éraflures sur les boiseries – cadres de portes, plinthes, balustrades, rebords d'autel, bancs – ne demandent habituellement que quelques retouches discrètes. Les imitations de bois, par exemple, peintures intéressantes à conserver, sont plus faciles à retoucher qu'à refaire entièrement.

Un bon peintre en bâtiment est capable de retoucher une section de mur, une travée entre des pilastres par exemple, ou une réparation de plâtre frais, en copiant la couleur des autres surfaces.

Si une peinture générale s'impose, on peut être intéressé à retourner aux couleurs premières du décor. Un restaurateur est à même de « sonder » murs et boiseries et ainsi de déterminer la succession des couches de couleurs. Vous êtes alors en mesure de faire un choix éclairé.

Pour repeindre un édifice religieux

  • Ne repeindre que les fonds et les couleurs unies. Les motifs peints doivent uniquement être nettoyés.

  • Éviter aussi de repeindre les motifs dorés en relief : arabesques, fleurs, moulurations. Nettoyés par un restaurateur, ils contrastent avec les surfaces repeintes et brillent de tous leurs ors anciens. Demander au peintre de contourner ces appliques, en évitant tout débordement ou dégoulinade. Insister pour qu'il n'ait pas à essuyer les débordements, ce qui laisse un voile et enlève toute brillance à la feuille d'or et à la peinture ancienne.

  • Conserver la description des peintures utilisées – marques, numéros, finis, etc. – afin de faciliter la recherche d'une peinture comparable pour des retouches éventuelles.

  • Si le peintre est habilité à faire des réparations mineures au plâtre ou au bois, s'assurer qu'il en établisse le prix et le détail, avant le début des travaux. Établir un devis des réparations éventuelles et l'annexer au contrat de peinture pourrait vous éviter bien des surprises.

  • Ne pas oublier que la poussière de plâtre se répand facilement ; le polythène de protection est de rigueur dès cette étape. Et prenez soin des orgues !

  • Dans le cas de fissures dans les peintures murales, seul un restaurateur est en mesure d'intervenir. Il consolidera le plâtre sans rien enlever et sans avoir à replâtrer de larges bandes (voir la fiche Les peintures murales).

  • Consulter un restaurateur s'il est question de repeindre des statues ou de redorer des cadres. Certains artisans décorateurs, parfois bénévoles, s'offrent pour faire ce travail. Quelques-uns s'annoncent comme restaurateurs. Ce n'est pas de la restauration mais plutôt de la réfection, une intervention irréversible et souvent inutile (voir la fiche Le restaurateur et sa profession).

Entretenir et inspecter régulièrement

  • Passer l'aspirateur et laver le plancher régulièrement. Passer souvent l'aspirateur sur les tapis (Attention aux paillassons des portes d'entrée !).

  • Pour les églises et chapelles situées en milieu urbain ou poussiéreux, garder autant que possible les portes fermées et éviter les courants d'air.

  • Changer régulièrement les filtres des systèmes de chauffage à air chaud.

  • Bien choisir et utiliser les lampions et bougies (voir l'annexe 1, Lampions et bougies).

  • Inspecter fréquemment les lieux afin de prévenir les dommages.

Pour en savoir plus

Échafaudages, Guide Série 4, 2e édition, Commission de la santé et de la sécurité du travail, 1991, 279 p. Disponible dans les bureaux régionaux de la CSST (voir l'annuaire téléphonique sous Gouvernement du Québec).

ROY, O. Les plâtres intérieurs, Guide technique no 13, Ville de Québec, 1991, 23 p.

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Date de mise à jour : 13 juin 2016

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