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Les oeuvres de pierre

Les lieux de culte du Québec recèlent de nombreuses œuvres de pierre remarquables. Ce savoir-faire a été développé en grande partie dans les ateliers d'artistes immigrants européens. Autels, stèles funéraires, fonts baptismaux, statues, tombeaux, bénitiers et chemins de croix sont au nombre de ces trésors religieux.

Le mobilier liturgique et les œuvres d'art en pierre sont sculptés le plus souvent dans le marbre, le calcaire, l'albâtre et le grès. Moins coûteuse que la pierre véritable, la pierre artificielle*, faite à partir de poudre de pierre, a aussi servi, surtout au début du XXe siècle, pour réaliser divers éléments de décor, tels que statues, colonnes, autels.

Sculptures et mobilier intérieurs

Connaître son patrimoine religieux

  • Inventorier et photographier les œuvres de pierre (voir la fiche L'inventaire : une nécessité). Noter les dommages dans la fiche d'inventaire.

Prévenir les dommages

  • Il est risqué de manipuler les œuvres de grand format, car la pierre est lourde et cassante. Faire appel à des transporteurs spécialisés. Un support inadéquat peut entraîner des bris et le moindre choc peut causer une cassure.

  • Consulter un restaurateur avant de coller une œuvre cassée, ou pour toute autre réparation. Les colles commerciales peuvent tacher la pierre et ces taches seront difficiles à enlever.

  • Lors de travaux d'entretien, protéger temporairement les œuvres avec des cartons et un polythène* pour prévenir les dommages (fractures, éraflures, éclaboussures de peinture) qui surviennent souvent lors des travaux (voir la fiche Le grand ménage).

Entretenir et inspecter régulièrement

  • Pour le nettoyage des surfaces, utiliser simplement un chiffon humide. Des petites brosses à poils de nylon ou de fibres naturelles aident à atteindre les endroits moins accessibles.

  • Ne jamais utiliser des brosses métalliques ou des outils de métal, car ils égratignent.

  • Les produits acides (vinaigre) et les nettoyeurs commerciaux sont à proscrire. Les pierres comme le marbre et l'albâtre y sont particulièrement sensibles.

  • Faire un test de nettoyage dans un endroit discret (par exemple, à l'arrière d'une statue) et examiner attentivement le résultat.

  • Certaines taches disparaissent avec une gomme à effacer douce.

  • Les éléments en pierre artificielle sont fragiles et peuvent comporter des fissures. Se contenter de dépoussiérer et consulter un restaurateur.

  • Si des dorures sont présentes, ne pas utiliser d'eau. Simplement dépoussiérer à l'aide d'un pinceau à poils souples et d'un aspirateur.

  • Éviter d'appliquer de la cire ou des produits de polissage. La pierre n'a pas besoin d'être cirée. Comme la cire ramollit lorsqu'il fait chaud, la poussière s'y colle et encrasse la surface.

  • Inspecter fréquemment pour s'assurer qu'il n'y pas d'éléments fissurés, cassés ou disparus.

  • Conserver les morceaux cassés et noter leur lieu de rangement dans la fiche d'inventaire.

Stèles funéraires et monuments extérieurs

La pierre n'est pas un matériau éternel, surtout lorsqu'elle est exposée aux intempéries de notre climat et à l'action de l'homme (gel et dégel, pollution urbaine, biodégradation par les végétaux et les lichens, vandalisme, etc.).

Le cimetière constitue un ensemble qui, outre de nombreuses stèles, peut comporter un charnier, un calvaire et d'autres monuments commémoratifs. L'espace est souvent clôturé. Cet enclos, parfois orné d'un portail imposant, peut prendre différentes formes : muret de pierre, travées de fonte métallique ou de fer forgé, souvent une combinaison de pierre et de métal. Voilà autant d'éléments à conserver dans leur intégrité.

La fonction d'une stèle est de marquer le lieu d'enfouissement d'un corps. Tout déplacement contrevient à l'intention du défunt. Dans un cimetière, le réalignement systématique des pierres (pour répondre à certains critères esthétiques ou d'entretien) transgresse le sens du lieu.

Connaître son patrimoine religieux

  • Inventorier les œuvres de pierre du cimetière en vous servant de la fiche disponible dans le Guide pour préserver son cimetière (voir Pour en savoir plus). Photographier les œuvres, sans oublier le devant et le dos de chaque stèle. Noter les dommages dans la fiche d'inventaire. Relier chaque fiche à un élément numéroté du plan du cimetière*.

  • Les stèles comportent des épitaphes incisées qui tendent à disparaître au fil des ans. Consigner ces inscriptions dans vos archives : certaines illisibles en mi-journée se révèlent souvent plus explicites lorsque le soleil les éclaire obliquement, soit en début et en fin de journée. II faut résister à la tentation de les enduire de peinture : le résultat sur une pierre ancienne est décevant.

Prévenir les dommages

  • Les mouvements de sol sont fréquents dans les cimetières. Aux cycles de gel et dégel s'ajoutent les perturbations liées aux activités d'ensevelissement et à la décomposition des matières enfouies. Il ne faut pas tenter de redresser une pierre inclinée à moins que son inclinaison ne menace sa stabilité. Dans ce cas, l'étançonner avec des pièces de bois et faire appel à une firme spécialisée qui la remettra dans sa position d'origine.

  • Plusieurs stèles sont fichées dans des socles en pierre. Il arrive que le joint entre le socle et la pierre se détériore avec le temps. L'eau qui s'accumule dans ce joint endommage la pierre au fil des cycles de gel et dégel. Pour la même raison, les fissures tendent à s'accentuer avec les saisons. Des spécialistes pourront rejointoyer le socle et infiltrer dans les fissures un coulis de chaux. En attendant leur intervention, il est possible de colmater temporairement ces fissures avec un scellant facile à retirer (ex. : Zip). Il faut proscrire les mortiers à base de ciments et de résine époxy ou polyester.

  • Laisser à des experts le soin de réparer les pierres cassées. Dans l'attente de leur intervention, recueillir tous les fragments, même minuscules, les réunir, les identifier (nom et numéro du monument), les conserver dans un lieu dont l'emplacement aura été consigné au registre d'inventaire des biens de la paroisse. Un coin propre, sec et dégagé, dans le sous-sol de l'église peut convenir.

Entretenir pour imposer le respect et assurer la pérennité

  • Contrôler la végétation dans le périmètre des pierres sculptées, émonder les branches au-dessus des éléments de mobilier et retirer les feuilles mortes et autres débris végétaux accumulés sur les monuments. Les branches en surplomb risquent de s'affaisser pendant les verglas. La végétation qui empiète sur la pierre, en créant des zones d'humidité élevée, favorise la croissance des lichens.

  • Dans un cimetière, plusieurs éléments font obstacle au passage de la tondeuse à gazon. La tonte exige beaucoup de temps et d'attention. Pour cette opération, les tondeuses munies de pare-chocs et d'un sac collecteur sont préférables.

  • Les pierres friables ne devraient jamais être nettoyées. Pour les autres, le nettoyage se fait à la main avec des pinceaux ou des brosses à poils souples, de l'eau et un détergent neutre
    détergent à pH neutre comme le Ivory pour la laine ou le Zéro, disponibles dans les épiceries.
    détergent neutre
    *.

  • Éviter le recours à des brosses métalliques ou électriques (brosses rotatives ou ponceuses). Tout ponçage élimine la patine de la pierre et altère son aspect d'origine. Cette pratique est à proscrire.

  • Éliminer les lichens à l'aide de petites spatules en bois. Pour les taches rebelles – taches de peinture, de rouille, résidus de lichens ou autres –, consulter un spécialiste du Centre de conservation du Québec qui vous suggérera une méthode ou vous recommandera une personne compétente.

  • N'appliquer aucun enduit : peinture, agents de consolidation, imperméabilisants, fongicides, etc. Tous peuvent avoir des effets désastreux et irréversibles sur les pierres.

Surveiller les lieux

  • Déterminer les mesures à prendre afin d'accroître la sécurité des visiteurs et de prévenir le vandalisme, malheureusement fréquent dans les cimetières (voir la fiche Le vol et le vandalisme).

  • Un règlement bien en évidence sur les heures d'ouverture, assorti d'un avis aux visiteurs, constitue une précaution élémentaire. Il faut faire savoir qu'il est dangereux de grimper sur une stèle ancienne. Il est aussi bon de rappeler que le lieu conserve un caractère sacré et qu'un comportement calme et respectueux est attendu de ceux qui pénètrent dans l'enceinte.

  • La clôture qui ceint le cimetière fait partie de l'ensemble à protéger. Son maintien intégral et son entretien constituent une première mesure de sécurité.

  • Certains fermeront l'enceinte à clé en dehors des heures de visite ou encore à la tombée du jour. D'autres préféreront faire appel à une présence humaine accrue : rondes épisodiques, programmes d'interprétation offerts aux écoles avoisinantes, etc.

  • La surveillance passive par un éclairage artificiel est toujours efficace pour dissuader les vandales. L'éclairage activé par un détecteur de présence signale l'arrivée d'intrus, tout en étant plus économique qu'un éclairage continu. Lorsque des actes de vandalisme sont perpétrés dans un cimetière, il faut demander un constat de police, photographier les dommages, recueillir tous les fragments si la pierre a été brisée et convoquer les responsables pour discuter de la protection des lieux.

  • L'expérience montre que les graffiti attirent les graffiti. C'est pourquoi il est préférable de les faire enlever dès que vous notez leur présence. Il est alors recommandé de contacter un spécialiste plutôt que de tenter de les faire disparaître soi-même.

Pour en savoir plus

RÉMILLARD, F. Guide pour préserver son cimetière, Québec, Centre de conservation du Québec, 1995, 11 p. Ce guide est distribué gratuitement sur demande et contient une fiche d'inventaire spécifique pour les stèles des cimetières.

Où trouver les bons produits ?

Zip est un scellant flexible facile à poser et à enlever. Il est disponible dans les quincailleries.

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Date de mise à jour : 13 juin 2016

Gouvernement du Québec, 2021
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