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À l’extérieur

Effets du climat, des polluants et du soleil

Plusieurs facteurs affectent les œuvres extérieures, même celles qui sont faites de matériaux qui, comme le bronze, sont réputés résistants :

  • la pollution atmosphérique
  • les polluants spécifiques à une zone industrielle
  • les cycles répétés de gel-dégel
  • les chlorures d’un bassin d’eau
  • les embruns salins d’une rue passante ou du bord de mer
  • les rayons ultraviolets, l’exposition au soleil et la durée d’ensoleillement, notamment pour les peintures murales.

Pour protéger l’œuvre du climat, des polluants et du soleil

  • Choisir un emplacement qui met l’œuvre à l’abri d’éventuelles fuites d’eau.
  • Choisir un site propice à sa préservation, à sa sécurité et à son entretien. Prévenir les problèmes attribuables à l’environnement et y remédier, s’il y a lieu.
  • Fournir à l’artiste tous les renseignements sur le site et ses abords pour l’aider à concevoir une œuvre adaptée.
  • Privilégier des matériaux et des techniques de fabrication et d’installation appropriés pour le cadre choisi.
  • Au besoin, demander l’aide d’experts.

Drainage du site et accès sécuritaire aux installations électriques

Si le site n’est pas drainé naturellement, faire installer un système de drainage pour empêcher la détérioration de la base ou du socle de l’œuvre.

Les installations électriques pour les systèmes d’éclairage, de pompage ou tout autre équipement doivent être à la fois accessibles et sécuritaires.

Pour un site bien drainé et un accès sécuritaire aux installations électriques

  • Prévoir des drains conçus pour un entretien facile.
  • Prévoir des installations électriques qui n’entament pas l’intégrité ou l’esthétique du site et de l’œuvre.
  • S’assurer que les installations de drainage et d’électricité sont à la fois accessibles et sécuritaires.

Pour en savoir plus, consulter la fiche Normes de sécurité relatives à l’installation et à l’entretien de l’appareillage électrique dans la Boîte à outils (PDF).

Végétation

Les arbres ne font pas toujours bon ménage avec les œuvres d’art.

  • Certains attirent les oiseaux dont les fientes sont particulièrement dommageables pour les matériaux comme le métal et la pierre. À ce sujet, consulter la fiche Le nettoyage des fientes dans la Boîte à outils.
  • D’autres font beaucoup d’ombre, ce qui crée une humidité constante autour de l’œuvre, condition propice à l’apparition de lichens.
  • Il leur arrive de produire des dépôts acides ou collants qui endommagent la surface de l’œuvre.
  • Leurs feuilles s’accumulent dans les cavités et les trous d’aération des sculptures. En ne s’évacuant pas, l’eau et la saleté tachent l’œuvre. Elles alimentent aussi les lichens et accélèrent la désagrégation de la pierre et la corrosion du métal.
  • Les racines des arbres autour d’une œuvre risquent de la briser ou de la déplacer au fur et à mesure qu’elles grossissent.

Envahissement de la végétation.

Dalles qui se sont soulevées dû à la croissance des racines de l'arbre; envahissement de la végétation avec le temps. Photo : CCQ


Si elle n’est pas contrôlée, la végétation sur un site d’art public finit par l’envahir et dissimuler l’œuvre.

Bien aménagée et entretenue, elle peut toutefois servir à la protéger contre quiconque voudrait y grimper.

Pour protéger l’œuvre de la végétation

  • Choisir des plantes et des arbres risquant peu de détériorer l’œuvre. Éviter les arbustes dont les fruits attirent les oiseaux et tachent les surfaces en tombant.
  • Prévoir un programme d’entretien rigoureux pour l’ensemble de la végétation qui entoure l’œuvre ou en fait partie.
  • Penser à la végétation comme possibilité de barrière de protection autour d’une œuvre.

Bâtiments voisins

Un bâtiment situé très près d’une œuvre peut lui nuire.

  • De l’eau ou, au printemps, des glaces peuvent glisser sur l’œuvre d’un toit en pente. L’eau tachera l’œuvre, surtout si elle ruisselle d’un toit de cuivre. Les glaces risquent de l’endommager.
  • L’exposition de l’œuvre au soleil peut être inégale à cause du bâtiment. Cela risque de détériorer l’œuvre de façon inégale. La peinture peut être décolorée davantage sur une zone d’une murale, par exemple.
  • Pour protéger l’œuvre des bâtiments voisins
  • Prévoir les effets liés à l’égouttement, au déneigement et aux chutes de glace des toitures environnantes.
  • Prévenir les conséquences de la construction de nouveaux bâtiments près du site.
  • Envisager le déplacement de l’œuvre si aucune autre solution n’est envisageable.

Aléas de l’entretien du site

Les tondeuses à gazon et les souffleuses à neige peuvent entamer ou égratigner une œuvre ou son socle.

Les produits chimiques, tels les engrais, les fongicides, les herbicides, les minéraux contenus dans l’eau d’arrosage des plantes environnantes ou les sels de déglaçage, risquent aussi d’endommager irrémédiablement la surface de l’œuvre.

Rossignol, de Michel Saulnier.

Rossignol, de Michel Saulnier. Vue générale de l’œuvre située sur le site du Centre de conservation du Québec, avant l’intégration d’une zone de protection en gravier qui prévient des dommages causés par les tondeuses. Photo : CCQ


 

Rossignol, de Michel Saulnier.

Ouvre entourée de la zone de protection. Photo : CCQ, Delphine Laureau


 

Pour protéger l’œuvre sans nuire à l’entretien du site

  • Établir un périmètre autour de l’œuvre pour la protéger des chocs éventuels de la tondeuse ou de la souffleuse. La hisser sur un socle, l’entourer d’un bassin ou de gravier, ériger une barrière à l’aide de plantes ou de clôtures.
  • Installer les systèmes d’arrosage automatique à distance de l’œuvre pour la protéger des dépôts de minéraux laissés par l’eau traitée.
  • Empêcher tout contact de l’œuvre avec les produits d’entretien de la pelouse ou des plantes.
  • Informer le personnel d’entretien du site de la présence de l’œuvre et de la procédure à suivre pour la protéger.

Vandalisme et bris accidentels

Moins l’œuvre est visible et éclairée, plus elle est cachée par la végétation, plus elle est vulnérable aux actes de vandalisme et aux bris accidentels.

    Pour protéger l’œuvre du vandalisme et des bris accidentels

  • Identifier l’œuvre à l’aide d’une plaque et renseigner le public à son sujet.
  • Inciter le public à ne pas grimper sur l’œuvre en précisant pourquoi il ne faut pas le faire.
  • Entretenir le site avec soin pour décourager l’apparition de graffitis. Si cela se produit les retirer rapidement, car ils risquent d’en attirer d’autres.
  • Protéger l’œuvre à l’aide d’une barrière végétale ou architecturale lorsque jugé nécessaire.

Vocation du site

Claudia (2003), de Joe Fafard.

Claudia (2003), de Joe Fafard. Œuvre en bronze, exposée sur le parterre avant du Musée des beaux-arts de Montréal. Cette vache aux formes lisses est particulièrement invitante pour les jeunes grimpeurs. Photo : CCQ, France Rémillard, 2007


 

Certains lieux servent à des fins spécifiques. D’autres sont surtout fréquentés par des jeunes ou des personnes âgées. Lors de la conception, l’artiste doit tenir compte de la vocation du site, tout en respectant les normes de sécurité. Il doit :

  • éviter les formes pointues, les arêtes vives ou les saillies proéminentes près des passants pour prévenir les blessures
  • tenir compte de la présence des jeunes. Une sculpture-jeu dans une cour d’école sera mise à rude épreuve,
  • surtout si ses surfaces invitent à la gymnastique improvisée.

Pour protéger l’œuvre tout en respectant la vocation du site

  • Prendre au besoin des mesures pour protéger l’œuvre des risques d’accidents et des actes de vandalisme, par exemple en installant un périmètre de sécurité ou des barrières adaptées.
  • Choisir des matériaux, des formes et des surfaces peu vulnérables aux actes de vandalisme et aux bris accidentels, comme ceux causés par des planches à roulettes.
  • S’assurer que les sentiers dallés faisant partie d’une œuvre sont sécuritaires.

 

 

Date de mise à jour : 28 janvier 2020

Gouvernement du Québec, 2021
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