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À l’intérieur d’un bâtiment

Même quand elles sont exposées dans un bâtiment, les œuvres d’art public ne bénéficient pas d’un environnement « contrôlé » comme dans un musée. Elles sont généralement moins protégées par des standards de conservation spécifiques.

Achalandage

Une œuvre exposée dans un espace accessible et très achalandé peut être touchée et même heurtée par les passants, volontairement ou non. Les préposés à l’entretien risquent aussi de l’endommager avec leurs appareils, comme la cireuse à plancher ou l’aspirateur.

Pour protéger l’œuvre dans un espace achalandé

  • Identifier les œuvres à l’aide de plaques. Bien les éclairer pour les mettre en valeur, attirer l’attention et susciter l’intérêt.
  • Privilégier un emplacement à la fois peu accessible et bien visible.
  • Installer ou accrocher les œuvres hors de la portée des coups et des appareils de nettoyage de plancher.
  • Garder à distance les passants et les chariots d’entretien à l’aide de barrières.
  • Envisager de déplacer une œuvre vulnérable ou objet de vandalisme uniquement s’il n’y a pas d’autre solution.

Humidité et chaleur

Les changements de température importants peuvent modifier le niveau d’humidité relative aux endroits où les œuvres sont exposées. Ils sont inévitables, même dans un bâtiment au chauffage bien contrôlé.

Tous les matériaux n’ont pas la même sensibilité à l’humidité et à la sécheresse extrêmes. Plusieurs matières utilisées dans la composition des œuvres, comme le bois, le papier, les textiles ou les plastiques, sont sensibles et absorbent l’humidité.

Le mode d’entretien des œuvres doit donc tenir compte :

  • de la sensibilité de chaque matériau à l’humidité et à la chaleur
  • du degré d’expansion et de contraction dimensionnelles de chacun.

La présence de plusieurs matériaux dans la composition d’une œuvre, de même que les revêtements tels les peintures ou les vernis créent une complication supplémentaire. Les sensibilités diverses de ces matériaux causent souvent :

  • des fentes
  • des craquelures
  • des gondolements
  • des soulèvements
  • des pertes de matière.

Pour protéger l’œuvre de l’humidité et de la chaleur

  • Maintenir la température et le niveau d’humidité relative les plus stables possible. Éviter les variations importantes et subites de température et d’humidité relative.
  • Éviter à tout prix un taux d’humidité relative inférieur à 20 % ou supérieur à 70 %. À plus de 70 %, les moisissures prolifèrent plus vite.
  • Bien ventiler les lieux pour uniformiser l’humidité ambiante.
  • À l’aide d’équipements spécialisés, contrôler et consigner le taux d’humidité relative de la pièce, de même que l’évolution des conditions sur une période prolongée et aux différentes périodes de l’année.
  • Selon le type d’œuvre, la placer à bonne distance des sources d’humidité, telles les fontaines ou les piscines. Les murs extérieurs peu isolés ne sont pas non plus recommandés pour l’accrochage de certaines œuvres, à cause de la condensation susceptible de se former par temps froid.
  • Pour éviter d’assécher le matériau de l’œuvre, ne pas la placer près des sources de chaleur, tels les radiateurs. Ne pas non plus l’exposer au soleil.

Lumière

Les rayons ultraviolets, le type d’éclairage, son intensité et la durée de l’exposition à la lumière sont pour beaucoup dans la dégradation des œuvres. Entre autres effets et selon le matériau, la lumière :

  • accélère la dégradation de certaines œuvres
  • décolore certains pigments ou vernis
  • change la matité de certaines couleurs
  • jaunit et fragilise les papiers, les textiles ou les plastiques.

Chaque matériau réagit différemment à la lumière. Le papier et les photographies, les textiles, certains pigments et les teintures y sont particulièrement sensibles.

Pour protéger l’œuvre de la lumière

  • Choisir un type d’éclairage dégageant peu de chaleur et aux émissions de rayons ultraviolets nulles ou inférieures à 75 microwatts/lumen.
  • Limiter le plus possible l’exposition à la lumière de matériaux tels le papier et les photographies ou les textiles. Pour ce faire, utiliser des minuteries.
  • Éviter ou minimiser l’exposition de l’œuvre à la lumière naturelle. Utiliser au besoin des stores ou des rideaux et des filtres à rayons ultraviolets pour réduire le niveau d’éclairement, la chaleur et la quantité de rayons ultraviolets. Choisir le filtre qui répond le mieux à vos besoins. Pour obtenir plus d’information sur les filtres, consulter les fiches P0138 et P0115 de Préserv'Art sur le site Internet du Centre de conservation du Québec.
  • Consulter un spécialiste de l’éclairage muséal pour des conseils sur la protection et la mise en valeur des œuvres.

Fuites d’eau

Veiller à ne pas placer d’œuvre dans une partie à risque d’un bâtiment. Ce peut être, par exemple, près de canalisations d’eau ou sous une pièce où se trouvent des toilettes. Cette précaution est d’autant plus importante si l’œuvre ne peut pas être déplacée.

Pour protéger l’œuvre des fuites d’eau

  • Choisir un emplacement qui met l’œuvre à l’abri d’éventuelles fuites d’eau.
  • Repérer, avec l’aide des architectes, les canalisations d’eau dans le bâtiment.

 

 

Date de mise à jour : 23 janvier 2020

Gouvernement du Québec, 2021
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