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Le soin des peintures

Naud, Colette, 1995 (Révision 2011). Conservation préventive dans les musées. Manuel d'accompagnement, pages 95 à 104.

Des milliers de peintures ont été détruites dans des naufrages, des guerres et des incendies. Certaines nous sont arrivées tellement abîmées qu'elles n'ont plus qu'une fonction documentaire. Fort heureusement, un grand nombre de peintures anciennes ont conservé leur fraîcheur et nous enchantent encore malgré les traces laissées par le temps.

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Structure d'un tableau

Un tableau est composé de différents matériaux superposés :

  • un support
  • une préparation
  • une couche picturale
  • et une couche de protection.

Le support le plus employé est la toile tendue sur un châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
de bois, mais il existe aussi des supports de bois, de carton, de métal, d'ivoire et de verre. La préparation est une couche intermédiaire entre le support et la couche picturales. Elle peut être blanche ou colorée. Les peintures modernes à l'acrylique sont parfois exécutées directement sur le support, sans préparation. La couche picturale est composée principalement de pigments et de liant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
liant
. L'artiste, particulièrement au 20e siècle, y ajoute parfois différents matériaux comme du sable, du papier ou du bois. Un vernis recouvre généralement la couche picturale, mais plusieurs peintres modernes n'appliquent pas cette couche de protection.

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Caractéristiques physiques propres aux différents matériaux employés

Tous ces matériaux sont soumis aux lois du vieillissement et réagissent chacun à leur manière au milieu ambiant. Certains tableaux sont plus vulnérables à des facteurs particuliers. Par exemple, les œuvres peintes sur bois ou sur ivoire sont très sensibles aux fluctuations de l'humidité relative. Certaines couleurs, comme la laque cramoisie, sont particulièrement fragiles à la lumière.

Un tableau de grandes dimensions est plus difficiles à déplacer et donc plus susceptible d'être endommagé. L'absence de cadre ou même de châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
, comme c'est le cas pour certaines œuvres contemporaines, rend le déplacement de ces peintures beaucoup plus risqué. Plus une œuvre est lourde, plus il faut surveiller son accrochage.

Les poussières et les saletés de l'environnement s'incrustent plus dangereusement dans les empâtements des peintures non vernies. La conservation des peintures modernes et contemporaines pose de nouveaux défis aux responsables des collections. Certaines œuvres sont impossibles à restaurer; la conservation préventive s'avère donc impérieuse pour elles.

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Examen des tableaux

Seul un examen minutieux permet de prendre connaissance de l'état réel d'un tableau. On le place dans un endroit propre et dégagé, sur une table ou sur un chevalet. On l'éclaire bien, par exemple avec une ampoule de 100 watts. L'écaillage et les soulèvements de la couche picturale sont mis en évidence à la lumière rasante.
Si on constate de telles altérations, on cesse toute manipulation pour éviter les pertes et on interrompt l'examen. La peinture est alors posée à plat et gardée à l'écart, en attendant l'aide d'un restaurateur.

Si le tableau ne présente pas de soulèvements, on peut continuer l'examen ou le constat d'état. L'utilisation d'un glossaire permet de nommer précisément les altérations observées.

Après l'examen des tableaux, on entreprend les opérations de conservation préventive. Elles concernent principalement l'encadrement, l'accrochage, la mise en réserve et le déplacement des œuvres.

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L'encadrement

Le cadre n'a pas qu'une fonction esthétique : il joue un rôle important dans la conservation préventive. Il permet de déplacer le tableau sans toucher à la couche picturale. Un cadre aux moulures surélevées offre une protection aux peintures comportant des empâtements.

Le cadre lui-même est parfois une œuvre d'art. On évite toujours de le déposer directement sur le sol, surtout s'il comporte des motifs en saillie. Si on doit le faire, on utilise alors des blocs matelassés ou des morceaux de mousse antidérapante.

Beaucoup de tableaux sont retenus dans leur cadre au moyen de clous plantés obliquement à travers le châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
et le cadre. On déconseille cette méthode de fixation, car elle soumet la peinture à des chocs et à des vibrations, tout en compliquant le désencadrement. Si une peinture est déjà retenue par des clous, laissez-les en place. Si vous devez absolument les enlever, faites preuve d'une extrême prudence, car un geste maladroit peut déchirer la toile. Cette opération délicate ne peut être faite que par un technicien formé et expérimenté. Idéalement, le tableau est maintenu dans le cadre au moyen de plaques métalliques vissées au cadre.

Le bois du cadre et du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
doit pouvoir jouer librement lors des fluctuations de l'humidité relative. La feuillure doit donc être suffisamment grande pour permettre le jeu du bois. Le tableau ne doit pas être contraint. Il ne doit pas bouger non plus, car cela provoque l'usure des bords et l'abrasion de la couche picturale sous la battée.

Un cadre trop petit ou trop grand doit être modifié par une personne compétente. Pour limiter les mouvements du tableau, on place des cales dans le petit espace ménagé pour le jeu du bois. En général, on utilise des cales faites de tranches de bouchon de liège. On peut aussi réduire l'espace de la feuillure en y plaçant des morceaux d'Ethafoam©.

Un cadre trop étroit provoque le gauchissement du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
et les déformations du tableau. On peut alors agrandir la feuillure d'un tel cadre à l'aide d'un petit rabot. Pour éviter l'usure des bords de la toile et de la couche picturale, on pose une feutrine, on peut coller un ruban de velours ou de petits morceaux de carton, à quelques endroits du pourtour.

Certaines peintures sont particulièrement exposées aux saletés de l'environnement comme les poussières grasses et les polluants atmosphériques. D'autres sont plus sujettes à l'attaque des vandales. Un encadrement sous verre offre une meilleure protection à ces œuvres. Il existe des verres sans reflet comme le Denglas®.

Le plexiglas peut également être employé. Le vitrage ne doit jamais toucher l'œuvre. S'il y a risque de contact, installez un espaceur.

Pour les peintures que les artistes contemporains désirent voir exposées sans encadrement, on peut visser des poignées pliables à l'arrière du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
pour faciliter leur déplacement. On évite ainsi d'introduire les doigts entre la toile et le châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
, de salir la surface picturale ou de déformer la toile.

Les bords d'une peinture non encadrée se salissent et s'usent facilement lorsqu'ils n'ont aucune protection. À défaut d'un cadre, on peut poser de minces languettes sur le périmètre de la peinture pour en protéger les bords lors des déplacements. Ces languettes en bois ou en plexiglas sont vissées sur les bords non peints de la peinture.

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Cadre MTR

La fabrication d'un cadre spécial que l'on appelle cadre MTR
Cadre de manutention, de transport et de réserve.
cadre MTR
, pour la manipulation, le transport et la mise en réserve, est la solution idéale pour résoudre la plupart des problèmes de manipulation et d'emballage des œuvres non encadrées. Ce cadre est utilitaire et protecteur, et non esthétique.

Il est simple à réaliser. Il doit être un peu plus grand que l'œuvre et légèrement plus épais que les empâtements ou que les parties saillantes de la peinture. On y visse des poignées pour en faciliter le déplacement. Il peut être fabriqué de contreplaqué recouvert d'une couche de peinture blanche au latex d'extérieur. On ne l'enlève qu'au moment de l'accrochage dans une salle d'exposition. Certains musées ont fait construire des cadres MTR pour toutes leurs peintures non encadrées.

Lorsque la peinture doit voyager, le cadre MTR
Cadre de manutention, de transport et de réserve.
cadre MTR
facilite l'emballage et la mise en caisse car les bords permettent d'éviter un contact direct entre la peinture et le matériel d'emballage.

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Le dos protecteur

On conseille de protéger tous les tableaux sur toile avec un dos protecteur
panneau rigide fixé au revers du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
ou du cadre qui sert à protéger le tableau.
dos protecteur
. Il protège l'œuvre des accidents lors des manipulations. Il solidifie la structure parfois instable du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
et réduit ainsi les tensions et les risques de gauchissement lors des manipulations. Il empêche la poussière et la saleté de se loger au revers du tableau et il constitue également un microclimat qui protège la toile lors des fluctuations brusques de l'humidité relative. Afin d'empêcher le développement de moisissures, on évite par contre de laisser un dos protecteur
panneau rigide fixé au revers du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
ou du cadre qui sert à protéger le tableau.
dos protecteur
au revers d'une peinture conservée longtemps à plus de 65% d'humidité relative.

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Les méthodes d'accrochage

La chute des œuvres est l'une des causes les plus fréquentes de détérioration des peintures. Elle se produit généralement lorsqu'on utilise une mauvaise méthode d'accrochage : par exemple, quand on ne tient pas compte du poids de l'œuvre ou de la résistance du matériau dont est fait le mur d'accrochage.

On vérifie soigneusement la solidité des pitons et des crochets. Si le crochet est trop petit et que le piton n'y entre qu'à moitié, un simple contact peut faire tomber le tableau. On utilise le matériel approprié au mur d'accrochage. On se sert, par exemple, de chevilles de plastique pour les murs en plâtre ou en placoplâtre.

Certains crochets ont l'avantage de se replier parallèlement au cadre. Ils sont très pratiques car on n'a pas à les retirer lors du transport.

Une des façons les pus sûres de suspendre les tableaux consiste à fixer deux crochets dans le mur et d'y accrocher les deux pitons ou les crochets vissés au cadre et non pas au châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
. Si on devait suspendre le tableau par un seul point d'attache, on utilisera alors un fil métallique multiple. Nouez-le solidement aux pitons puis enroulez le reste du fil sur lui-même. N'utilisez jamais de corde.

Posez les tableaux très lourds sur des socles.

Les peintures contemporaines sans châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
posent des problèmes difficiles à résoudre lorsque l'artiste n'a pas prévu un système adéquat d'accrochage : soit un renforcement des angles ou l'utilisation d'œillets ou de velcro. La fixation au moyen de clous et d'épingles endommage rapidement le support. Pour l'accrochage de ce type d'œuvres, les restaurateurs ont mis au point des techniques discrètes et ingénieuses, comme les aimants et les charnières spéciales. Consultez le Centre de conservation du Québec ou l'Institut canadien de conservation pour en savoir plus à ce sujet.

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Le niveau d'éclairement

Les peintures sont modérément sensibles à la lumière. La norme veut que l'éclairage ne dépasse pas 150 lux. Cependant, les tableaux composés de couleurs plus fugaces, comme la laque cramoisie et le violet, doivent avoir un éclairage de 50 lux.

Certains tableaux particulièrement sombres sont peu visibles sous ces éclairages. On augmente alors au besoin l'intensité lumineuse, jusqu'à 200 lux. En contrepartie, on éteint la lumière lorsqu'il n'y a pas de visiteurs. Les filtres pour les encadrements sous verre permettent de couper les ultraviolets.

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Le contrôle de l'humidité relative

Les peintures étant constituées de matériaux organiques se conservent mieux à 45-50% d'humidité relative. Les peintures sur panneau de bois et sur ivoire sont les plus vulnérables aux fluctuations brusques de l'humidité relative. Si le musée n'a pas de système central de climatisation pour contrôler ces fluctuations, nous recommandons l'une des solutions suivantes : 1-encadrez les œuvres sous verre et mettez-leur un dos protecteur
panneau rigide fixé au revers du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
ou du cadre qui sert à protéger le tableau.
dos protecteur
; 2-placez les peintures dans des vitrines bien fermées, conditionnées éventuellement avec du gel de silice au niveau d'humidité relative voulu.

On prête une attention particulière au montage et à l'encadrement des œuvres sensibles aux fluctuations d'humidité relative. On s'assure qu'aucune contrainte n'empêche le bois de jouer librement.

Lorsqu'une peinture sur panneau est retenue depuis longtemps dans un cadre, on évite de la désencadrer. Le bois du panneau pourrait se courber dès que la pression est relâchée. Si cette opération doit être effectuée, on la confie à un spécialiste.

Les œuvres les plus sensibles sont placées dans les endroits du musée moins sujets aux fluctuations d'humidité relative, comme les pièces ne comportant pas de murs extérieurs.

Évitez de placer les peintures dans des endroits exposés à des courants d'air et placez, si nécessaire, des déflecteurs sur les bouches d'aération pour empêcher que l'air n'arrive directement sur les œuvres.

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Autres aspects à surveiller

À cause de leur fragilité, les pastels et les peintures pauvres en liant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
liant
ne seront pas accrochés sur des murs soumis aux vibrations comme celles provoquées par la circulation routière.

Les nus et certaines œuvres contemporaines sont davantage l'objet de vandalisme. On leur assure une surveillance particulière et on évite de les placer à l'écart. Pour les œuvres de petites dimensions faciles à voler, on utilise des crochets spéciaux ou on les place dans des vitrines.

Plusieurs accidents surviennent lors des visites de groupes. On maintient les visiteurs à une certaine distance des œuvres et on fait attention aux sacs à main ou autres objets qui peuvent égratigner les tableaux.

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La manipulation des tableaux

Avant de déplacer un tableau, bien l'examiner pour s'assurer qu'on peut le transporter sans danger. Vérifiez la solidité du cadre, l'ouverture des joints, la façon dont la peinture est fixée au cadre et la présence d'un dos protecteur
panneau rigide fixé au revers du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
ou du cadre qui sert à protéger le tableau.
dos protecteur
. Assurez-vous également que la marie-louise ou les baguettes décoratives sont solidement fixées au cadre principal et que les clés
petits coins de bois introduits dans les mortaises des angles d'un châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
à clés.
clés
sont bien attachées au châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
.

Portez des gants de coton blancs ou des gants de chirurgien lorsque vous déplacez les cadres dorés et les peintures non encadrées. Ne transportez jamais une peinture en la tenant uniquement par son bord supérieur. Maintenez plutôt la peinture par les deux bords latéraux ou soutenez la partie inférieure d'une main et un des côtés de l'autre main. Déplacez le tableau à la verticale en gardant la couche picturale tournée vers vous. Pour les grands formats, demandez l'aide d'une autre personne. Utilisez des chariots pour les déplacer.

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Le dépoussiérage

Les opérations reliées au soin des tableaux relèvent du restaurateur. Dans la pratique pourtant, il ne pourra se déplacer chaque fois qu'on veut dépoussiérer un tableau. Ces soins d'entretien courant sont donc confiés à un membre entraîné du personnel, qui, avant de procéder, examinera attentivement la peinture pour s'assurer qu'il n'y a pas de soulèvements.

Pour dépoussiérer une peinture ou un cadre en bon état, utilisez un pinceau à poils doux fait de soies naturelles, ou un blaireau. Évitez les plumeaux dont la tige centrale risque d'égratigner la surface des peintures. Évitez aussi les tissus et les peaux de chamois qui peuvent accrocher les aspérités de la peinture ou du cadre.

Ne tentez jamais de nettoyer une peinture ou d'y enlever des taches. L'eau et les solvants ne doivent être utilisés que par des spécialistes. N'appliquez aucun produit sur la surface des peintures.

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Le châssis à clés

Les clés
petits coins de bois introduits dans les mortaises des angles d'un châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
à clés.
clés
des châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
de certaines peintures ne sont pas toujours fixées solidement dans les mortaises des angles; elles peuvent provoquer de graves déformations lorsqu'elles tombent et se logent entre la toile et le châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
.

À titre préventif, fixez la clé soit en y perçant un trou au travers duquel vous passerez une ficelle que vous agraferez au châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
, soit en y plaçant une goutte de silicone. (Notes de l'ICC, n° 10/15). On protège la toile pendant l'opération en glissant un morceau de carton sous la clé.

La toile des peintures se tend et se détend selon l'humidité relative. Si vous ne savez pas comment procéder, ne tentez pas de la retendre en poussant les clés
petits coins de bois introduits dans les mortaises des angles d'un châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
à clés.
clés
du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
; elle risquerait de se déchirer.

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Le rangement des tableaux

La meilleure façon de conserver les peintures est de les accrocher à un mur de la réserve ou à des treillis métalliques coulissants. Ces treillis permettent un gain d'espace considérable. Pour les plus petites collections, on peut faire construire, à peu de frais, des cases de rangement en contreplaqué. On y aménage des espaces de différentes dimensions pour répondre aux besoins de la collection. On peut munir le meuble de roulettes pour lui assurer une plus grande mobilité dans la réserve.

Ayez toujours des blocs matelassés ou des morceaux de mousse antidérapante à portée de main. Vous pouvez y déposer momentanément les peintures pour éviter les glissements ou les chutes; ils sont essentiels pour protéger les cadres finement décorés.

N'appuyez jamais les peintures directement les unes sur les autres et séparez-les au besoin par des cartons ondulés de plus grande dimension que les peintures. Beaucoup de toiles sont déformées ou trouées par l'angle d'une autre peinture.

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Le numéro d'inventaire

N'écrivez pas et ne collez jamais d'étiquettes au revers d'une toile et encore moins sur sa face.

Inscrivez lisiblement le numéro d'inventaire (ou d'acquisition), sur le châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
à l'arrière du tableau plutôt que sur le cadre, avec un stylo à encre indélébile noir. Identifiez tous les tableaux au même endroit, en bas et à droite par exemple, afin de repérer facilement le numéro d'inventaire. La taille du numéro sera proportionnelle aux dimensions de la peinture. Lorsqu'une peinture possède son cadre original, on lui attribue le même numéro en ajoutant un tiret suivi d'une lettre différente.

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La politique de prêt

Plus les œuvres voyagent, plus les risques d'accidents se multiplient. Plusieurs musées qui ont vu leurs tableaux endommagés lors de prêts refusent maintenant de faire circuler les œuvres très vulnérables comme les peintures sur panneau de bois, les pastels, les œuvres instables ou celles plus difficiles à restaurer.

Une politique de prêt facilite la décision d'autoriser ou de refuser un prêt. Le manque de contrôle climatique, un éclairage inadéquat, l'absence de gardiennage ou les prêts trop fréquents d'une œuvre sont des raisons qui justifient un refus. Avant d'autoriser un prêt, considérez le format de l'œuvre, son poids, la distance à parcourir, la saison, le moyen et la compagnie de transport, la présence d'un accompagnateur.

Un examen minutieux permet de déterminer si l'œuvre peut voyager. Pour la préparer au déplacement, retirez les crochets, placez un dos protecteur
panneau rigide fixé au revers du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
ou du cadre qui sert à protéger le tableau.
dos protecteur
, fixez les clés
petits coins de bois introduits dans les mortaises des angles d'un châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
à clés.
clés
, posez des poignées si nécessaire. Si le verre d'encadrement risque de se briser, remplacez-le par un plexiglas ou faites-le voyager séparément.

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Le transport des tableaux

La sécurité des peintures lors des voyages dépend autant de la protection à l'intérieur de la caisse que de la caisse elle-même. Un bon emballage réduit de beaucoup les risques liés aux fluctuations d'humidité relative. Évitez le contact direct entre les matériaux d'emballage et la face de l'œuvre. Pour de petits trajets, par exemple, à l'intérieur d'une même ville, l'emballage peut être assez simple. Placez un carton ou un plastique cannelé sur le cadre. Emballez ensuite l'ensemble dans un polyéthylène que vous scellez avec du ruban gommé. Pour les tableaux non encadrés, on construit un cadre MTR
Cadre de manutention, de transport et de réserve.
cadre MTR
que l'on emballe ensuite dans une feuille de plastique comme le polythène.

Pour des transports entre musées situés à de grandes distances (villes, pays, continents) vous devez faire construire une caisse. Placez la peinture ainsi protégée au centre de la caisse. Pour amortir les vibrations et les chocs, placez dans les angles des morceaux de mousse. Le type de mousse et la quantité requise varient en fonction de la capacité d'amortissement et du poids de l'œuvre. On ne met jamais en contact direct la caisse et l'objet emballé. Plusieurs compagnies se spécialisent dans le transport des œuvres d'art.

La caisse construite de contreplaqué est renforcée aux arêtes. Elle doit être très solide pour supporter tous les chocs. On assure l'étanchéité à l'eau de la caisse, soit en tapissant l'intérieur avec une feuille de polyéthylène, soit en plaçant du ruban d'aluminium autocollant sur tous les joints. Posez sur les parois un isolant thermique comme le polystyrène. Tous ces éléments sont essentiels. Si vous faites affaire avec une compagnie de transport spécialisée en emballage, assurez-vous qu'on respecte chacun de ces points.

Lorsque vous recevez une œuvre, laissez-la s'acclimater dans sa caisse pendant 2 heures ou plus avant de l'ouvrir. Des instructions ou un schéma concernant le déballage ou l'ouverture de la caisse sont joints au besoin à l'envoi. Déballez et examinez minutieusement le tableau pour vous assurer qu'aucun dommage n'est apparu pendant le voyage. Prenez connaissance du constat d'état qui accompagne l'œuvre et complétez-le.

Si vous devez faire restaurer l'une de vos peintures, confiez-la à un spécialiste. L'Association canadienne des restaurateurs professionnels peut vous recommander une personne digne de confiance. Consultez la brochure Choisir un restaurateur d'œuvres d'art au Canada publiée par cet organisme.

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En résumé

  • prévenez la chute des œuvres qui est la première cause d'accident pour les tableaux
  • le cadre MTR
    Cadre de manutention, de transport et de réserve.
    cadre MTR
    pour les peintures non encadrées est un des moyens les plus ingénieux de protéger les œuvres
  • ne tentez pas de réparer ou de nettoyer vous-même vos peintures : ces interventions risquent d'abîmer l'œuvre et de compliquer la restauration.

 Bibliographie et vidéographie

Date de mise à jour : 16 juin 2016

Gouvernement du Québec, 2021
© Gouvernement du Québec, 2021