Agrandir/Réduire la policeVersion imprimable

Centre de ressources

AccueilCentre de ressourcesConservation préventiveDans les muséesEnvironnementLa lutte préventive contre les insectes et les petits animaux

La lutte préventive contre les insectes et les petits animaux

Dignard, Carole et Janet Mason en collaboration avec Thomas Strang, ICC, 1995. Conservation préventive dans les musées. Manuel d'accompagnement, pages 35 à 46.

Bien qu'ils soient nécessaires dans notre système écologique, les insectes et les rongeurs peuvent causer d'énormes dommages aux collections d'un musée, d'une bibliothèque ou d'archives. Si une infestation a lieu, de nombreux objets risquent d'être rongés, troués ou souillés, ce qui diminuera leur valeur et leur potentiel pour la recherche, et les rendra difficilement présentables au public. Les dommages causés par les insectes et les autres petits animaux sont irréversibles; il est donc primordial de les prévenir.

Insectes

Bien qu'il y ait des centaines de milliers d'espèces d'insectes, seul un petit nombre attaque les objets de musée.

Mites (teignes)

Deux espèces de la famille des mites (famille : tinéidé; ordre : lépidoptère/Lepidoptera) sont souvent une grave menace pour les collections de musée : la teigne porte-case (Tinea pellionella L.) et la teigne des vêtements (Tineola bisselliella Hum.) Les adultes des deux espèces sont de couleur jaune crème et sont de la taille d'un grain de riz (dimensions des insectes adultes : longueur du corps : 5 mm; envergure : de 10 envergure : de 10 à 12 mm). Ils ne vivent que quelques jours, le temps de se reproduire et de pondre des œufs sur des matériaux qui fourniront de la nourriture aux larves. Ce sont les larves, très voraces, qui causent la plupart des dommages aux collections (longueur dans leurs cocons : de 8 à 10 mm). Elles dévorent surtout la laine, les plumes, les piquants de porc-épic, le crin de cheval et les fourrures. Elles préfèrent manger des matériaux souillés de poussière, de nourriture, de transpiration ou d'urine. Par exemple, il arrive qu'elles ciblent les aisselles des blousons de laine. Les larves muent et laissent sur leur passage des cocons de soie, souvent recouverts de débris et d'excréments de la même couleur que le matériau qu'elles ont mangé.

Dermestes
(ordre : coléoptères/Coleoptera)

L'anthrène des tapis (Anthrenus scrophulariae L.), l'anthrène bigarré des tapis (Anthrenus verbasci L.) et l'attagène des tapis (Attagenus megatoma F.) sont trois espèces communes partageant le nom générique de dermeste (longueur des insectes adultes : 4 mm), qui attaquent les fourrures, la laine, les plumes, la corne et les piquants de porc-épic. La dermeste des peaux (Dermestes maculatus DeG.) et le dermeste du lard (Dermestes lardarius L.) sont des espèces de la même famille mais plus grosses (longueur des insectes adultes : de 4 à 8 mm), et qui attaquent aussi les cuirs, les peaux et les colles animales qui servent de liant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
liant
dans certaines peintures. Les collections d'histoire naturelle, et surtout les collections d'insectes ou de papillons, sont très vulnérables à ces attaques.

Les larves des dermestes sont poilues comme des chenilles. Très jeunes, elles mesurent moins de 1 mm de longueur. Elles peuvent donc s'infiltrer dans des ouvertures très étroites, comme les joins des armoires de réserve. Les larves muent de 5 à 11 fois en croissant, rejetant leur vieille peau. De petites carcasses poilues sur des objets ou sur des étagères de réserve sont souvent le premier signe de leur présence. Au stade adulte, les dermestes tendent à sortir vers l'extérieur pour se reproduire. On en trouve parfois sur les allèges des fenêtres.

Insectes xylophages

Il y a plusieurs insectes xylophages qui attaquent le bois sec comme celui des meubles et des sculptures.

L'anobie ponctué

L'anobie ponctué (Anobium punctatum DeG.), ou la « vrillette », est une espèce courante parmi les plus gourmandes (longueur de l'insecte adulte : de 1 à 9 mm). La femelle pond ses œufs dans les fissures du bois, dans les joints des meubles ou dans le bois de bout. Les œufs éclosent après quelques semaines et les larves, ou « poux de bois », pénètrent dans le bois pour s'y nourrir pendant 2 ou 3 ans, créant un réseau de tunnels. Le « poux de bois » creuse même des tunnels dans le papier des livres.

Le lycte

Le lycte (Lyctus spp.) est une autre famille d'insectes xylophages qui causent des dommages aux objets en bois (longueur des insectes adultes : de 1 à 7 mm). Sa larve se développe dans le bois des feuillus. Chêne, érable, bois tropicaux ou bambou en subissent les attaques.

L'adulte ailé du lycte et de l'anobie ponctué émerge du bois en perçant un trou d'envol gros comme une tête d'épingle. Une pièce en bois peut être criblée de ces trous. Le bois ainsi piqué est très fragile et lorsqu'on le manipule, il peut en tomber de la poudre de bois et des excréments. Tout l'intérieur du bois peut être rongé, ne laissant qu'une couche extérieure aussi mince que du papier.

Les termintes

Les termites (ordre : Dictyoptera), parfois appelés « fourmis blanches », sont un autre type d'insectes xylophages qui attaquent surtout le bois d'œuvre de charpente, bien qu'ils puissent aussi causer des dommages aux meubles, aux sculptures et aux livres. Les termites vivent en société à l'intérieur du bois ou dans un sol en contact avec du bois (longueur de l'insecte ouvrier adulte : 6,5 mm). Ils requièrent un climat chaud, tempéré ou tropical. Au Canada, on les retrouve uniquement dans certaines régions de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

La fourmi gâte-bois

La fourmi gâte-bois (Camponotus spp.) est de grosse taille et s'attaque surtout au bois massif humide et dégradé, comme le bois de charpente, mais elle peut aussi causer des dommages à de grandes sculptures ou de gros meubles (longueur de l'insecte ouvrier adulte sans ailes : 10 mm). Elle ronge le bois du printemps, plus mou, et crée des tunnels qui suivent les cernes de croissance du bois. Elle ronge le bois pour s'y nicher et non pour se nourrir; elle doit donc sortir régulièrement pour trouver de la nourriture. La fourmi gâte-bois est l'insecte qui cause le plus de dommages aux sculptures extérieures en bois. Il faut donc accorder une attention particulière aux œuvres provenant de l'extérieur qui sont introduites dans le musée, par exemple à celles qui ont été entreposées dans des granges ou des hangars.

Haut de page

Insectes qui attaquent le papier et les livres

Certains insectes peuvent causer des dommages au papier et aux libres. Le lépisme argenté (Lepisma saccharina L.) et la thermabie (Thermobia domestica Pack.), deux espèces communément appelées « poissons d'argent », sont des insectes sans ailes, avec un corps recouvert d'écailles et de longues antennes (longueur des insectes adultes : de 10 à 12 mm). Les poissons d'argent se nourrissent d'une grande variété de substrats, dont les encollages du papier. La présence du lépisme argenté indique un problème d'humidité, car cette espèce requiert une humidité locale de plus de 75% pour se multiplier. La thermobie, comme son nom l'indique, proligère dans des températures supérieures à 30°C (85%°F).

Les psoques

Les psoques (ordre : Pscocoptera), appelés aussi « poux de livres », se nourrissent en fait de moisissures microscopiques existant dans le papier, le carton et d'autres substrats de ce genre. Il en existe plusieurs espèces avec chacune leur habitat et leurs besoins propres. Les adultes sont de moins d'un millimètre et n'ont pas d'ailes. Ils prolifèrent généralement dans un milieu humide qui favorise la croissance de moisissures.

Autres

D'autres insectes bien connus se nourrissent de toute une gamme de matériaux. La blatte (ordre : Dictyoptera partim) attaque le papier, les livres, les tissus, les plumes, les cuirs, les fourrures, et les souille de ses excréments (longueur de l'insecte adulte : 13 mm ou plus). Elle se cache souvent dans les bouches d'aération, dans les égouts ou dans les canalisations sanitaires. Comme elle sort surtout la nuit, sa présence passe souvent inaperçue.

Bien que la mouche (ordre : Diptera) ne se nourrisse pas des matériaux dont sont faits les objets de musée, ses chiures tachent les œuvres de façon permanente. En fait, l'acidité des chiures ronge la surface des œuvres. On voit de tels dommages sur des peintures, des œuvres sur papier et des bois dorés.

Les insectes comme les cloportes, les perce-oreilles et les mille-pattes n'attaquent pas les bien culturels. Cependant leur présence révèle un problème du milieu, par exemple, un coin humide ou un manque d'étanchéité de la salle.

Programme de lutte préventive contre les insectes

La lutte contre les insectes ne se limite pas à les éliminer après qu'ils ont infesté la collection, car alors les dommages sont déjà faits. Il vaut mieux prévenir les infestations en intégrant des mesures préventives de lutte contre les insectes dans toutes les sphères d'activité du musée. Un programme intégré de lutte préventive s'effectue en 5 étapes : avant tout, (1) éviter d'attirer les insectes et (2) les empêcher d'entrer dans le musée; ensuite, (3) faire en sorte qu'on puisse déceler leur présence. Enfin, si on en trouve, (4) en circonscrire l'infestation et (5) les éliminer.

On désigne un responsable de la lutte contre les insectes, à qui les membres du personnel du musée doivent d'adresser s'ils décèlent des signes d'infestation. La coordination de toutes les activités par une seule personne permet une meilleure évaluation et amélioration du programme de lutte contre les insectes.

Haut de page

Éviter d'attirer les insectes

Le succès du programme intégré de lutte contre les insectes dépend en grande partie de l'entretien de l'édifice et des locaux. La poussière attire les insectes et fournit un habitat favorable à leur développement. On nettoie donc régulièrement et, si possible, chaque jour. On procède régulièrement au nettoyage des endroits difficiles d'accès : derrière les meubles, en-dessous des étagères et des tapis, aux alentours du chauffage central. On vérifie également périodiquement la propreté du sous-sol, du grenier et des combles. On doit jeter fréquemment les sacs d'aspirations, bien avant qu'ils soient remplis. Les poubelles doivent être munies de couvercles. On sort les ordures chaque jour ou on les place dans une pièce à l'écart.

Dans les réserves, on garde les objets à l'abri de la poussière à l'aide de boîtes, de housses ou de rideaux. On évite de conserver les matériaux d'emballage près des collections, car ils peuvent attirer les insectes. S'ils ont été salis par l'usage, les jeter à la poubelle.

On inspecte l'extérieur du musée pour déceler ce qui pourrait attirer les insectes : nids d'abeilles, nids d'oiseaux, débris, arbres morts, ordures, et on se débarrasse de toutes ces sources d'infestation.

Les plantes dans un musée sont aussi une source d'infestation. On doit les vérifier avant leur introduction. Vérifier attentivement la végétation naturelle utilisée comme décor d'exposition. Si possible, la faire préalablement traiter ou la remplacer par des plantes synthétiques.

La nourriture à l'intérieur du musée constitue un appât de choix pour les insectes. Elle ne doit être permise qu'aux endroits réservés à cette fin. La cafétéria, tenue rigoureusement propre, doit si possible se trouver très loin des réserves et des salles d'exposition et non dans une pièce mitoyenne.

Puisque l'humidité peut attirer certains insectes, corriger tout problème d'humidité dans l'édifice, en isolant, par exemple les conduites d'eau si de la condensation s'y dépose. Assurer une ventilation adéquate des différentes salles du musée.

Haut de page

Empêcher les insectes d'entrer

On doit repérer et faire réparer tous les endroits par où les insectes peuvent entrer dans le musée et les réserves : fissures dans les murs ou le plancher, bouches d'aération, conduites. Deux fois par un, faire une inspection systématique du bâtiment. On doit garder les portes et fenêtres du musée fermées et bien calfeutrées.

Le musée doit avoir une salle de transit isolée du reste de la collection. On y examine les acquisitions et les prêts à leur arrivée au musée, avant de les intégrer aux collections. On inspecte également la boîte et le matériel d'emballage. Placer en quarantaine tout objet soupçonner d'infestation : l'emballage dans du papier blanc et le sceller dans un sac de plastique pendant quelques semaines. Si l'objet est humide, il doit d'abord être séché à l'air libre : consulter un restaurateur pour connaître les procédures à suivre.

Haut de page

Déceler la présence d'insectes

La détection des insectes est la clé de voûte d'une bonne prévention. Elle permet de prévenir la prolifération des insectes et d'agir, alors que les dommages sont encore minimes.

Des signes avant-coureurs

Divers signes peuvent indiquer la présence d'insectes : l'insecte lui-même, mort ou vivant, aux divers stades de sa vie; les exosquelettes; les cocons; les excréments; les divers résidus comme de la fine poudre de bois; et les dommages sur les objets : des trous ou des poils qui se détachent, par exemple. On peut également déceler la présence de certains insectes xylophages par le son qu'ils produisent dans le bois.

Les pièges collants sont un bon moyen de détection. On doit les disposer un peu partout sur le plancher et les étagères des réserves, et surtout près des objets vulnérables. Plus il y a de pièges, plus la détection est rapide et permet ainsi de cerner l'infection. Il faut changer les pièges lorsque la colle a durci ou selon les directives du fabricant. Parce que les insectes collés sur les pièges peuvent survivre, muer et s'envoler, et aussi parce que les carcasses d'insectes peuvent attirer d'autres insectes, on recommande si possible de changer les pièges plus fréquemment (ex. : chaque mois), avant que la colle ne durcisse.

Deux fois par mois, faire la ronde en vérifiant chaque piège. Ces quelques heures de travail évitent d'en consacrer des centaines d'autres pour éliminer une infestation. (Si le temps, les ressources ou le personnel font défaut, on doit prévoir au moins une ronde d'inspection à chaque mois.)

Identifier les espèces capturées

Il faut identifier les espèces capturées. Cette opération est cruciale pour savoir si la collection est en danger. On doit consulter des ouvrages d'entomologie. En cas de doute, demander l'aide de spécialiste, p. ex., consulter un entomologue d'une université ou du ministère de l'Agriculture.

Enregistrer le nom de l'insecte, son stade de développement, la date et le lieu de la découverte et le nom de la personne ayant trouvé l'insecte. Étudier le registre ou le plan de localisation après chaque ronde. Une espèce est-elle constamment présente? Une zone du musée favorise-t-elle la présence d'insectes?

Si des insectes qui posent un danger pour la collection ont été capturés, examiner les matériaux vulnérables dans les environs. Déterminer si l'infestation est active ou inactive : trouver un insecte vivant sur un objet de la collection ou, sur la base des résultats d'inspections précédentes, déterminer si les résidus d'insectes ou la poudre de bois sont apparus récemment. Vérifier les parties peu visibles des objets où les insectes préfèrent se cacher : à l'intérieur des poches, au revers des plis, dans la bourre des meubles et des animaux empaillés. Dans le cas des fourrures, les inspecter à la base des poils, en séparant les poils avec les doigts. Pour l'inspection des animaux naturalisés, utiliser un masque et des gants pour se protéger des poisons qui ont souvent été appliqués dans le passé.

Haut de page

En cas d'infestation

Si on soupçonne une infestation, il ne faut pas prendre de risques : emballer l'objet, le sceller dans un sac de plastique et le mettre en quarantaine pendant un mois. Examiner régulièrement l'objet suspect afin de déceler toute nouvelle trace d'activité. Si aucune n'est décelée pendant le mois, on peut réintégrer l'objet à la collection en le gardant sous surveillance pendant un certain temps.

Que faire en cas d'infestation? On repère immédiatement tous les objets infestés et on les isole du reste de la collection au moyen de sacs de plastique bien scellés. De cette façon, l'infestation demeure circonscrite. On prend immédiatement des mesures pour éliminer les insectes. On cherche aussi la cause de la présence des insectes : on vérifie la propreté des lieux et l'étanchéité des locaux.

Haut de page

Éliminer les insectes

Quelles méthodes faut-il employer pour tuer les insectes? Par le passé, on a beaucoup utilisé une variété de produits qui éloignent les insectes, comme l'huile de cèdre, la naphtaline, les cristaux de paradichlorobenzène et le camphre. En fait, ces produits ne sont pas efficaces pour tuer les insectes. De plus, la plupart sont maintenant soupçonnés d'être cancérigènes.

Certains musées ont aussi eu recours aux insecticides et à la fumigation, par exemple, au bromure de méthyle ou au bioxide d'éthylène. Ces produits chimiques sont généralement efficaces, mais ils sont aussi dangereux pour la santé. En outre, leur innocuité envers les objets de musée est maintenant remise en question. Il est bien connu que certains produits provoquent la corrosion de divers métaux, le ramollissement des vernis et des plastiques et l'affaiblissement de la laine. À cause des dangers pour la santé et des risques de détérioration des objets traités, les insecticides sont donc déconseillés, sauf dans des cas exceptionnels, et suivant les conseils d'un restaurateur. Des spécialistes sont chargés de ces traitements.

Méthodes d'extermination

On recommande plutôt les méthodes d'extermination suivantes :

La congélation à basses températures

Cette méthode ne comporte pas de risques pour la santé des employés et elle est aussi peu coûteuse. La plupart des insectes ont des mécanismes d'adaptation leur donnant une certaine tolérance au froid. Une température très basse, par exemple -20°C (5°F), peut toutefois les tuer si la chute de température est soudaine et si l'exposition à cette température dure au moins une semaine. Plus le froid est intense, plus l'exposition est longue, meilleurs sont les résultat. Certaines précautions sont de rigueur pour éviter que le changement brusque de température n'entraîne des problèmes de condensation sur les objets. Certaines œuvres ne devraient jamais être congelées : les objets en cire, les peintures, les bois polychromes, les ivoires ou certaines photographies, par exemple.

L'exposition à une atmosphère pauvre en oxygène

Cette autre méthode d'extermination est aussi efficace et sans danger pour la santé humaine. Comme tout animal vivant, les insectes ont besoin d'oxygène pour respirer. Si on crée une atmosphère pauvre en oxygène, par exemple en créant une atmosphère riche en azote ou en bioxyde de carbone, les insectes, les larves et même les œufs meurent. Certaines firmes spécialisées en extermination utilisent cette méthode de façon courante.

Communiquer avec un restaurateur qualifié avant d'entreprendre une désinfestation.

Haut de page

Rongeurs, oiseaux et autres petits animaux

De petits animaux comme les rongeurs et les oiseaux peuvent également endommager les collections. La présence de rats, de souris, de pigeons ou de chauves-souris est souvent due à l'emplacement du musée, à la structure de l'édifice ou à son manque d'étanchéité.

L'entretien et la propreté des lieux sont primordiaux. On doit faire en sorte d'éliminer les restes de nourriture. Vérifier tout le matériel qui entre dans le musée, surtout s'il provient des granges ou d'une maison de campagne. Bloquer tous les points d'entrée possibles. Calfeutrer les portes et les fenêtres, et les tenir bien fermées. S'assurer que les drains du plancher sont bien grillagés. Faire en sorte que les grilles d'évents des combles soient bien fixées, car ces endroits sont des lieux de prédilection pour les oiseaux. Les émetteurs d'ultrasons ne sont pas très fiables pour éloigner les animaux.

Décéler la présence d'animaux

Les traces de dents, les excréments ou les nids indiquent la présence de rongeurs et d'autres petits animaux. En plus de déchiqueter les objets, ils les salissent de leur urine.

Pour éliminer les rongeurs, ne pas employer de poisons, car l'animal empoisonné risque alors de mourir dans un endroit inaccessible du musée. Utiliser plutôt des pièges, et les vérifier régulièrement pour éviter d'attirer les insectes avec l'appât ou le cadavre d'un animal. (Comme appât pour les rats, on peut se servir de bacon, de viande crue ou cuite, de poisson, de pain frais, de beurre d'arachide ou de boulettes de farine d'avoine; pour les souris, on utilise du gâteau, des fruits, des graines, des jujubes, du beurre d'arachide ou des boulettes de farine d'avoine.)

Haut de page

En résumé

Les insectes et autres petits animaux peuvent causer des dommages importants et irréversibles aux objets de musée. Si une infestation a lieu, elle perturbe tout le musée : le personnel doit être mobilisé pour combattre le fléau, les prêts et les emprunts sont interrompus, certaines expositions doivent être fermées au public. Les coûts d'une infestation sont donc élevés, sans compter la dévaluation de la collection et les dépenses nécessaires pour le traitement des objets atteints.

Un programme intégré de lutte préventive contre les insectes et les petits animaux permet de rester maître de la situation : le musée prend des mesures afin d'éviter d'attirer les insectes, d'empêcher leur entrée dans l'édifice, de déceler leur présence, de circonscrire l'infestation si elle a lieu, et enfin d'éliminer les insectes ou autres petits animaux.

Bibliographie et vidéographie

Date de mise à jour : 16 juin 2016

Gouvernement du Québec, 2020
© Gouvernement du Québec, 2020