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Les sinistres

La sauvegarde du patrimoine religieux et culturel doit être parmi les priorités d'une fabrique ou d'une congrégation religieuse. Les biens qui en font partie ont un caractère irremplaçable.

Certains sinistres sont d'origine naturelle, comme les inondations, les tremblements de terre, les incendies provoqués par des orages électriques, etc. D'autres sont d'origine humaine, comme les incendies causés par des installations électriques défectueuses ou par négligence.

La principale cause de sinistre est l'incendie. La plupart se déclarent pendant ou immédiatement après des travaux de construction ou de rénovation (voir la fiche Le grand ménage). Le bois sec des édifices anciens s'enflamme facilement. Par ailleurs, un lieu sinistré attire le vol et le vandalisme.

Un Plan de prévention et d'intervention en cas de sinistre permet de réagir rapidement et efficacement afin de limiter les dégâts attribuables à des sinistres d'origine naturelle ; il permet aussi de réduire considérablement les risques et de diminuer les dommages lors de sinistres d'origine humaine. On évite ainsi des décisions hâtives qui pourraient s'avérer regrettables et coûteuses.

Que doit-on faire

Connaître son patrimoine religieux

  • Un inventaire (voir la fiche L'inventaire : une nécessité) permet aux policiers de connaître ce qu'ils doivent protéger ou rechercher, aux pompiers de savoir ce qu'ils doivent sauvegarder, aux représentants des compagnies d'assurances d'identifier les objets et aux propriétaires de faire une réclamation adéquate.

Assurer pour mieux protéger

  • S'assurer contre le vol, le vandalisme et les sinistres. La Mutuelle des fabriques assure la majorité des églises du Québec. Cette société en mutualité, dont les adhérents sont membres, offre différentes polices. À l'occasion de la visite annuelle effectuée par ses représentants, elle donne des conseils judicieux sur la sécurité et sur la prévention des incendies. Elle subventionne ceux de ses membres qui installent des systèmes de détection d'incendie et des extincteurs.

  • Inclure au contrat d'assurance la possibilité de faire restaurer les biens abîmés, en cas de vol, et les biens récupérables, en cas de vandalisme ou de sinistre. Une reproduction n'est qu'une solution de rechange. La copie n'aura jamais l'authenticité de l'original (Voir aussi la fiche Vol et vandalisme).

Planifier des mesures de prévention

  • Évaluer les dangers d'incendie, de vol et de vandalisme.

  • Faire une liste des objets à sauver en priorité et de leur emplacement.

  • Se renseigner sur les systèmes de protection. Ils se regroupent en trois catégories :

Les extincteurs sont des appareils portatifs, efficaces et faciles à manipuler. Ils contiennent des produits chimiques en poudre. De type ABC, ils peuvent éteindre les feux de classe A (bois, papier, toile, etc.), de classe B (huile et graisse) et de classe C (fils électriques).

Les détecteurs de fumée signalent un début d'incendie afin d'empêcher sa propagation. Ces détecteurs peuvent être reliés à une centrale de pompiers pour une protection constante.

Les systèmes d'extinction automatiques à eau (aussi appelés gicleurs) réagissent à la chaleur (à une température entre 57 oC et 77 oC environ) et non à la fumée. Ils se déclenchent bien avant l'arrivée des pompiers. Ces systèmes sont fiables, efficaces et simples à entretenir.

Les gicleurs ne s'activent pas tous en même temps, mais au besoin, un par un, et généralement il suffit d'un à trois gicleurs pour maîtriser l'incendie. Ils endommagent moins les objets que les boyaux d'incendie qui projettent l'eau à très forte pression. 

L'installation de gicleurs demande des travaux considérables. Puisqu'il faut protéger l'intégrité du décor intérieur et du bâtiment, il est important de se faire conseiller par des personnes qui connaissent les intérieurs historiques, de bien planifier le projet et de s'entourer de professionnels expérimentés (architectes, restaurateurs, etc.).

  • Rencontrer les pompiers pour se faire conseiller sur la prévention des incendies et sur le choix d'un système de protection. Une visite leur permettra de se familiariser avec les lieux et les biens patrimoniaux. On leur remettra une liste des biens à protéger et à sauver en priorité.

Mettre au point un plan d'intervention

  • Former un comité de prévention des sinistres. Ce comité, composé la plupart du temps de bénévoles, souvent des voisins, aura pour mandat :

- de nommer une personne responsable qui s'occupera de la gestion des opérations ;

- de mettre à jour le Plan de prévention et d'intervention en cas de sinistre ;

- de répartir les tâches décrites dans ce plan ;

- d'établir une chaîne téléphonique pour rejoindre jour et nuit les membres du comité et le personnel.

  • Prévoir une intervention rapide :

- établir la liste des biens à protéger et à sauver en priorité ;

- prévoir un déplacement facile de ces objets ;

- entreposer l'équipement de sauvetage (chariot, échelle, emballage, etc.) dans un endroit prévu à cet effet et connu de tous ;

- informer les gens concernés (comité de prévention des sinistres, bénévoles, paroissiens, etc.) des moyens prévus ;

- organiser des simulations qui permettront aux membres du comité de prévention des sinistres de se familiariser avec les systèmes de protection (manipulation des extincteurs, par exemple) et de vérifier l'efficacité de la procédure. Ces simulations accroissent les chances de réussite lors d'une intervention, si petite soit-elle.

  • Assurer la sécurité de l'équipe : les intervenants doivent attendre l'autorisation des pompiers et ne courir aucun risque.

Prévenir les dommages

  • Traiter les biens sur place, si les lieux peuvent être réintégrés. Dans le cas contraire, les transporter à l'endroit déterminé dans le Plan de prévention et d'intervention en cas de sinistre.

  • S'assurer de la qualité du transport et de l'entreposage. Le transport est toujours risqué, surtout en cas de sinistre. Attention aux mauvaises manipulations et au vol.

  • Conserver même les objets endommagés, car ils peuvent être restaurés par la suite.

  • Consulter dès que possible les restaurateurs. Les moisissures se développent en moins de 48 heures sur des objets mouillés.

Quelques conseils généraux avant l'arrivée des restaurateurs

Peintures

  • Retirer les tableaux de leurs cadres ; les déposer dans un endroit sec. Ne jamais enlever le châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    , qu'on appelle parfois faux-cadre, sur lequel la toile est tendue (voir la fiche Les peintures de chevalet).

  • Poser les peintures mouillées à l'horizontale, côté peint vers le haut : rien ne doit toucher la surface.

Mobilier, sculptures, panneaux peints

  • Examiner les surfaces peintes. Si la peinture cloque ou s'écaille, laisser sécher lentement à l'air libre, sans ôter la saleté ou l'humidité.

  • S'il n'y a pas de cloques ou d'écaillage, éponger immédiatement le surplus d'eau en surface, sans frotter, et laisser sécher à l'air libre. Les objets ne doivent pas être mis près d'un ventilateur ou d'une source de chaleur. Le fini peut se couvrir d'un voile blanc, mais cette situation n'exige pas d'intervention immédiate.

  • Assécher le plus rapidement possible les coussins et le rembourrage des meubles.

Pierre, plâtre, métal et verre

  • Éponger immédiatement l'eau en surface, sans frotter.

  • Laisser sécher à l'air libre. Ne pas mettre les objets près d'un ventilateur ou d'une source de chaleur.

  • Si un objet est cassé, conserver les morceaux, clairement identifiés, avec l'objet.

  • Assécher d'abord les métaux ferreux et les plâtres ainsi que les pierres poreuses.

Papiers et œuvres sur papier encadrées

  • Pour les documents humides : les placer à plat, séparément ou en petites piles. Les laisser sécher à l'air libre.

  • Pour les documents mouillés : ne pas les déplier, les dérouler ou les séparer, car ils risquent de se déchirer. Les laisser sécher à l'air libre.

  • S'il y a trop de documents à faire sécher en 48 heures : les emballer dans du papier ciré ou siliconé ; les placer dans des contenants solides ; les congeler. Ne pas remplir le contenant à plus de 90 % de sa capacité.

  • Si une image colle à la vitre, la laisser dans son cadre et la faire sécher vitre dessous.

Livres

  • Si les livres sont humides ou partiellement mouillés, les placer debout, la couverture ouverte à 90o. Les laisser sécher à l'air libre.

  • S'ils sont très mouillés, les poser à plat (fermés) sur une surface propre ; intercaler, si possible, un papier absorbant (papier buvard, essuie-tout, papier journal non encré) et le remplacer dès qu'il est humide.

  • S'il y a trop de livres à faire sécher en 48 heures : les emballer dans du papier ciré ou siliconé ; les placer, dos vers le bas, dans des contenants solides ; les congeler.

Textiles

  • Éviter de déplier les textiles délicats et mouillés.

  • Utiliser un support adéquat (panier de plastique, feuille de plexiglas) qui peut porter le poids des textiles mouillés que vous devez déplacer.

  • Éviter d'empiler les textiles mouillés.

  • Éponger les textiles mouillés avec des serviettes ou des draps de coton blanc pour absorber le surplus d'eau.

  • Redonner leur forme originale aux textiles humides.

  • Assécher les textiles avec des ventilateurs.

  • S'il y a trop de textiles à faire sécher en 48 heures : les séparer les uns des autres avec du papier ciré ou siliconé ou avec des sacs de plastique (non encrés), pour éviter le transfert des couleurs ; les congeler.

  • Les textiles dont les colorants déteignent à l'eau et ceux qui sont tachés par des colorants doivent être congelés immédiatement.

Pour en savoir plus

Notes de l'ICC, Ottawa, Institut canadien de conservation :

- Note n° 2/7,  « Incendies dans les musées et pertes », 1998.

- Note no 2/8, « Systèmes d'extinction automatiques à eau pour les musées », 1998.

- Note n° 14/1, « Mesures d'urgence pour les établissements culturels : introduction », 1995.

- Note n° 14/2, « Mesures d'urgence pour les établissements culturels : détermination et réduction des risques », 1995.

- Note n° 14/3, « Le plan d'urgence en cas de sinistre : évaluation des risques », 1984.

BARIL, P. Programmes de prévention des incendies dans les musées, Bulletin technique n18, Ottawa, Institut canadien de conservation, 1997, 13 p.

Plan d'action en cas de sinistre (roulette), traduction et adaptation française réalisée en 1999 par le Centre de conservation du Québec du document américain Emergency Response and Salvage Wheel, Heritage Preservation, Washington D. C. En vente au Centre de conservation du Québec.

Plan de prévention et d'intervention en cas de sinistre, plan modèle à l'intention des musées, des centres d'archives et des biliothèques, Centre de conservation du Québec, 1999, adaptation de Disaster Preparedness Plan de Rachel P. Maines and associates (1993), document sur disquette (format Word 1997). En vente au Centre de conservation du Québec.

Où trouver les bons produits ?

La roulette Plan d'action en cas de sinistre et le Plan de prévention et d'intervention en cas de sinistre sont disponibles au Centre de conservation du Québec.

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Date de mise à jour : 13 juin 2016

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