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Les peintures murales

Les lieux de culte sont parfois décorés de peintures murales*, c'est-à-dire des peintures réalisées directement sur le mur, à fresque* ou peintes le plus souvent à l'huile. Il existe aussi une variété intermédiaire, les peintures murales marouflées* exécutées sur une toile collée sur le mur (par exemple, Ozias Leduc a utilisé cette technique à l'église de Saint-Hilaire-sur-Richelieu). Il y a peu de véritables fresques au Québec et ce terme désigne habituellement les peintures murales au sens large. Les peintures murales et les peintures marouflées font partie intégrante du bâtiment qu'elles décorent, alors que les peintures de chevalet sont mobiles (voir la fiche Les peintures de chevalet).

Peu de choses peuvent être faites sur les peintures murales par des non-spécialistes, mais si vous êtes en mesure de déceler et d'identifier les dommages, vous pourrez demander de l'aide sans tarder. Certains dommages sont du ressort de l'architecte ; d'autres, du restaurateur. Les peintures murales étant cependant intimement liées à l'architecture, architectes et restaurateurs travaillent le plus souvent de concert pour trouver des solutions aux problèmes rencontrés. Les travaux de nature architecturale ont un impact sur les peintures murales (électricité, pose de gicleurs, etc.) et le restaurateur devrait toujours être consulté afin de réduire les risques de dommages.

Que doit-on faire ?

Connaître son patrimoine religieux

  • Inventorier et photographier les peintures murales (voir la fiche L'inventaire : une nécessité). Noter les dommages dans la fiche d'inventaire.

Prévenir les dommages

  • Apprendre à déceler et à identifier les dommages qui sont du ressort de l'architecte :

Les fissures sont provoquées par des défauts de structure, des infiltrations d'eau ou par des mouvements de terrain.

Les moisissures (taches vertes ou jaunes) et les taches d'humidité (auréoles ou cernes) résultent d'eau qui coule de la toiture ou de condensation sur un mur extérieur ; parfois aussi, par capillarité, l'eau monte du plancher.

Les taches blanches ou coulures blanchâtres sont des dépôts de sels. Ces sels sont transportés par l'eau qui imprègne les murs et l'évaporation les amène à la surface.

Le restaurateur pourra agir quand les problèmes structuraux seront résolus.

  • Apprendre à déceler et à identifier les dommages qui sont du ressort du restaurateur :

Les moisissures altèrent parfois irrémédiablement les couleurs, mais un restaurateur peut amoindrir les dommages.

L'écaillage et les soulèvements risquent de faire perdre des parties de l'œuvre. Il faut à tout prix éviter de toucher la peinture, bien sûr ne pas la dépoussiérer et appeler un restaurateur pour la remise à plat et le fixage de la couche picturale.

Les saletés, les vernis jaunis et les repeints altèrent la surface des peintures. Avec le temps, les poussières grasses dues au chauffage, aux cierges, à la pollution s'accumulent. Les vernis appliqués parfois pour raviver les couleurs jaunissent, de sorte que les coulures, les gouttes et les coups de pinceau deviennent apparents. Enfin, des restaurations souvent maladroites peuvent modifier ou cacher le sujet original. L'intervention d'un spécialiste permet de nettoyer les peintures et de les dégager des repeints effectués par des personnes bien intentionnées, mais peu au courant des principes de restauration.

Le décollement et les déformations des peintures marouflées sont assez fréquents. Les toiles se décollent sur les bords et ces dommages sont aggravés si on tire sur les parties soulevées. Des boursouflures (« poches ») peuvent apparaître à la suite du décollement de la toile.

  • Éteindre les lumières quand il n'y a personne. Un éclairage puissant (projecteurs, lampes à halogène) peut « cuire » les peintures et les endommager gravement.

Entretenir et inspecter régulièrement

  • Toujours confier le nettoyage des peintures murales à un restaurateur.

  • Examiner la surface des peintures afin de noter les changements d'apparence. Se munir d'une bonne lumière ou d'une lampe de poche assez puissante. Éviter de placer une lampe qui dégage beaucoup de chaleur trop près de l'œuvre et limiter la durée de l'examen. Éclairer la peinture latéralement ; la lumière rasante met en évidence les déformations de la toile, les soulèvements et l'écaillage.

Pour en savoir plus

MORA, P., L. MORA et P. PHILIPPOT. La conservation des peintures murales, Bologne, Editrice Compositori, 1977, 542 p., réédité en anglais sous le titre Conservation of Wall Paintings, London/Boston, Butterworths, 1984.

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Date de mise à jour : 13 juin 2016

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