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L'orfèvrerie et les objets métalliques

Le patrimoine religieux comprend des pièces d'orfèvrerie en or, en argent, en vermeil : calices, ciboires, ostensoirs, etc. D'autres métaux sont aussi utilisés dans les édifices religieux ; on trouve, entre autres, des luminaires en bronze, des lutrins en laiton, des balustrades en fer forgé. La plupart de ces objets sont conservés à l'intérieur, mais certains, comme les statues en bronze ou les grilles en fonte de fer, peuvent être installés à l'extérieur.

Tous les métaux énumérés, considérés comme résistants, sont en fait fragiles et vulnérables. Ils s'altèrent sous l'effet de l'humidité, des polluants ou d'une manipulation inadéquate.

Ensemble de 6 pièces d'orfèvrerie. Photo CCQ.

Que doit-on faire ?

Connaître son patrimoine religieux

  • Inventorier et photographier les pièces d'orfèvrerie et les objets métalliques (voir la fiche L'inventaire : une nécessité). Noter les dommages dans la fiche d'inventaire.

L'orfèvrerie (or, argent, vermeil…)

Les pièces en or sont chimiquement stables et peu altérées par l'environnement. Celles de vermeil*, qui constituent une bonne partie de l'orfèvrerie religieuse, sont faites d'argent doré qui se comporte aussi bien que l'or.

Les pièces en argent souffrent de la présence de gaz sulfureux et se ternissent, passant progressivement du jaunâtre au noirâtre. Le processus est encore plus rapide si elles sont placées dans des cabinets de chêne ou à proximité de lainages ou de cuir.

Les surfaces d'or et d'argent sont tendres et peuvent facilement être rayées.

Prévenir les dommages

Photographie montrant quelqu'un prenant un calisse avec des gants de coton propres. Photo CCQ.

  • Dépoussiérer régulièrement les pièces d'orfèvrerie à l'aide d'un chiffon doux, propre et sec ; la poussière accumulée favorise l'absorption de polluants et ainsi la formation de ternissure.

  • Ne pas prendre les pièces d'orfèvrerie à mains nues. Les taches de doigts contiennent des sels et des graisses qui peuvent enclencher le processus de corrosion.

  • S'il faut enlever la ternissure, utiliser des méthodes et des produits doux qui ne rayent pas les surfaces tendres. Certains produits commerciaux sont trop abrasifs pour être utilisés régulièrement. Ceux en pâte ou en crème sont à éviter, car ils laissent des résidus dans les replis et les motifs ciselés.
  • Une ternissure légère peut facilement être éliminée avec des chiffons de bijoutiers. Les chiffons bleus de Birks, peu abrasifs, conviennent parfaitement à un entretien régulier. Une ternissure plus tenace disparaît avec de la ouate à polir.

  • Éviter de placer des matériaux tels que le cuir, la laine et le bois à proximité de l'argent, car les vapeurs acides qu'ils dégagent le ternissent.

  • Le polissage use le métal. Les polissages fréquents et musclés créent des éraflures et des traces d'abrasion qui ne sont pas toujours visibles à l'œil nu mais qui, d'année en année, abîment irrémédiablement les objets. Il est donc préférable de conserver la ternissure noirâtre sur les pièces d'orfèvrerie qui ne sont pas utilisées ou exposées régulièrement.

  • Lors de la manipulation des pièces d'orfèvrerie, éviter les chocs qui pourraient les déformer. Résister aussi à l'envie de redonner sa forme à une pièce bosselée ; l'argent, très tendre, se déchire facilement. Un restaurateur compétent vous conseillera.

  • Si une pièce d'orfèvrerie est fortement usée, il ne faut surtout pas la faire replaquer, car sa valeur patrimoniale est en grande partie liée à l'authenticité de sa surface.

Bien choisir et aménager les lieux d'entreposage

  • Laisser suffisamment d'espace entre les objets pour éviter de les entrechoquer (voir la fiche Le rangement des objets).

  • Si les tablettes du lieu de rangement sont en bois, les peindre avec un latex acrylique extérieur de bonne qualité. Attendre le séchage complet (quelques semaines), car les vapeurs peuvent ternir l'argent.

  • S'il s'agit de tablettes métalliques, les recouvrir de coton écru, de carton non acide ou de mousse de polyéthylène (Ethafoam).

  • On peut retarder ou même empêcher la ternissure sur les objets en argent :

- en les remisant dans un boîtier, un cabinet ou un coffre-fort (on diminue ainsi le volume d'air et l'apport de polluants) ;

- en déposant, dans les cabinets ou les boîtiers, du charbon activé ou de la craie enveloppés dans des sachets de mousseline ;

- en emballant les pièces dans des tissus, comme les Pacific Silver Cloth, qui contiennent des inhibiteurs de ternissure*.

Les objets en cuivre, bronze ou laiton

Les objets en métal cuivreux (cuivre, bronze, laiton) peuvent être brillants ou recouverts d'une patine* qui les rend mats et leur donne une coloration brunâtre ou verdâtre. Il est parfois difficile de déterminer si cette coloration est naturelle ou artificielle et, par conséquent, de savoir s'il s'agit d'une patine stable ou de corrosion active.

Les objets cuivreux se corrodent sous l'effet de l'humidité et de certains polluants. Des piqûres de corrosion vertes et poudreuses ne devraient jamais être négligées ; il s'agit souvent de corrosion active qu'il faut faire traiter par un spécialiste.

Les objets cuivreux s'égratignent aussi facilement. Les éraflures ou les chocs causent des dommages irréversibles. Les marques de doigts ternissent l'éclat des surfaces brillantes et abîment parfois les surfaces patinées.

Prévenir les dommages

  • Dépoussiérer régulièrement les pièces en métal cuivreux à l'aide d'un chiffon doux, propre et sec ; la poussière favorise la corrosion en absorbant l'humidité de l'air ambiant. Secouer souvent le chiffon, car la poussière est abrasive.

  • Ne jamais brosser ou polir une surface patinée. Plusieurs objets sont recouverts d'un vernis qui serait aussi endommagé.

  • S'il faut polir une surface de cuivre ou de laiton nu, choisir des méthodes et des produits peu abrasifs. Les ouates à polir conviennent parfaitement à un entretien régulier.

Les objets ferreux (acier, fonte, fer forgé)

Les objets ferreux se corrodent sous l'effet de l'humidité et de certains polluants. Ils se couvrent alors d'une substance brun orangé appelée rouille. Des traces de corrosion pulvérulentes* qui se détachent facilement sont souvent l'indice d'une corrosion active.

Prévenir les dommages

  • Dépoussiérer régulièrement les objets ferreux à l'aide d'un chiffon propre et sec ; la poussière favorise la corrosion en absorbant l'humidité de l'air ambiant.

  • Si on découvre de la rouille sur un objet, le retirer de son environnement humide.

  • Ne jamais utiliser de procédés trop abrasifs (ponçage, meulage, etc.) pour éliminer la corrosion ; ils laissent des marques irréversibles.

  • Si une pièce est endommagée, consulter un restaurateur qui éliminera les traces de corrosion et procédera à une stabilisation chimique des surfaces traitées.

Pour en savoir plus

Notes de L'ICC, Ottawa, Institut canadien de conservation :

- Note 9/3, « Nettoyage, polissage et cirage des objets de laiton et de cuivre », 1993.

- Note 9/7,  « Le soin de l'argent », 1997.

BOUILHET, H. Le guide de l'argenterie, Hachette, 1986, 225 p.

SELWYN, L. « Historical Silver : Storage, Display and Tarnish Removal », Journal de l'ICC, vol. 15 (1990), p. 12-22.

SELWYN, L. et C. G. COSTAIN. « Evaluation of Silver Cleaning Products », Journal de l'ICC, vol. 16 (1991), p. 3-15.

TRUDEL, J. L'orfèvrerie en Nouvelle-France, Ottawa, Galerie nationale du Canada, 1974, 239 p.

VILLENEUVE, R. Orfèvrerie québécoise de la collection du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada, 1998, 124 p.

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Date de mise à jour : 13 juin 2016

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