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Grandir en santé : une oeuvre monumentale

Vue extérieure de la verrière à la pénombre. Les vitraux sont de couleurs jaune, bleu, rouge;  les formes  sont ovales et lunaires.La célèbre artiste québécoise Marcelle Ferron a créé, entre 1992 et 1993, l'œuvre Grandir en santé pour l'Hôpital Sainte-Justine, devenu le Centre hospitalier universitaire mère-enfant Sainte-Justine, à Montréal. L'immense vitrail est situé sur la façade sud du centre de cancérologie de l'hôpital. Il s'élève sur une hauteur équivalant à trois étages du bâtiment. De grandes plages de verre coloré sont serties dans une série de 42 panneaux de verre thermos fixés dans une structure métallique à la manière d'un rideau. Les morceaux de verre coloré sont fixés à l'un des deux verres incolores – celui donnant sur la rue – avec du silicone translucide appliqué sur leur pourtour.

Marcelle Ferron est née à Louiseville en 1924 et est décédée en 2001, à Montréal. Peintre et sculpteure, elle s'est aussi fait connaître comme artiste-verrière spécialisée dans le vitrail. Figure importante sur la scène de l'art contemporain du Québec, elle a étudié à Paris dans les années 1950, après avoir participé aux Automatistes, un mouvement d'art fondé par Paul-Émile Borduas. Elle est célèbre pour avoir créé d'immenses verrières intégrées à l'architecture, notamment dans des stations de métro, des palais de justice, des écoles et d'autres édifices publics. Le vitrail de la station de métro Champ-de-Mars, à Montréal, est considéré comme son chef-d'œuvre.

Planifier le transfert de l'œuvre

Les restaurateurs en compagnie des responsables du chantier de construction avant de réaliser la première expertise.Quant à la verrière de l'Hôpital Sainte-Justine, une première expertise avait été demandée au Centre de conservation du Québec en 2006 en prévision d'un transfert prochain. L'édifice devait en effet être agrandi et les spécialistes de la restauration étaient appelés à conseiller l'équipe d'architectes et l'entrepreneur pour assurer un bon démontage de la verrière, puis son transport et son entreposage et, finalement, le remontage sur la nouvelle façade du bâtiment. En outre, ils devaient faire des recommandations pour la restauration de parties endommagées de l'œuvre. Une seconde expertise a, par la suite, permis de vérifier la qualité des travaux effectués lors de cette relocalisation.

Une verrière en assez bon état

Vue partielle de l'intérieur lors de la première visite; des échafaudages sont déjà en place et empêchent de contempler la verrière dans son ensemble.Sur les 42 sections de la verrière, une seule était brisée (le verre intérieur était fêlé), mais 6 autres présentaient un problème majeur de condensation. Ce problème découlait de la détérioration du scellement du verre thermos qui avait favorisé la migration de l'humidité de l'extérieur vers l'intérieur de l'unité. Dans au moins deux cas, de la moisissure était visible, alors que de légères traces de buée apparaissaient aux coins inférieurs des autres unités. Dans un septième panneau, on pouvait voir, surtout de l'extérieur, des traces blanchâtres. Par ailleurs, toutes les pièces de verre coloré semblaient être en bon état.

Première expertise avant la relocalisation

Compte tenu de l'ampleur de l'œuvre et des coûts de restauration qui y étaient associés, l'équipe du Centre a alors présenté quatre options de restauration :

  • insérer le verre coloré dans 42 nouveaux panneaux à triple vitrage en tenant compte du fait que les panneaux en bon état risquaient eux aussi de se dégrader
  • limiter aux 7 cas problématiques le transfert du verre coloré dans des panneaux à triple vitrage
  • remplacer chacune des 42 unités par un nouveau thermos à double vitrage dans le but de diminuer les coûts
  • limiter aux 7 cas problématiques le transfert du verre coloré dans des panneaux à double vitrage.

Pour ces deux dernières options, il était suggéré d'appliquer une pellicule transparente et résistante pour protéger le verre contre le vandalisme, du moins sur les panneaux davantage susceptibles d'être touchés par des graffitis. Différentes pellicules ont été proposées, chacune présentant ses avantages et ses inconvénients.

L'option optimale

Puisque 7 unités scellées s'étaient révélées inefficaces et que d'autres risquaient de connaître le même problème de condensation, les spécialistes de la restauration privilégiaient la première option : remplacer complètement les thermos par un triple vitrage. Ce type de vitrage offre une efficacité énergétique supérieure et procure une meilleure protection au verre coloré, soit le vitrail proprement dit, contre les dommages et les risques de vandalisme. Le travail consistait donc à démonter les 42 unités scellées, mais à conserver les vitraux fixés avec le silicone à leur support de verre incolore. Ces vitraux « doublés » devaient être insérés comme élément intermédiaire du triple vitrage. Un verre laminé du côté extérieur était privilégié pour augmenter la protection en cas de bris ou de vandalisme.

Le démontage, le transport et suite pour les 42 unités

Image de la verrière recomposée à l'aide de 42 photos différentes de cette oeuvre.Avant le démontage de la verrière, il était recommandé de photographier de façon systématique les panneaux, d'en établir ainsi un état visuel détaillé, en plus d'assurer le bon ordre de remontage. Le photographe du Centre de conservation du Québec s'est chargé de la prise de photos, une opération rendue difficile par les échafaudages déjà sur place et le peu de recul possible.

Les recommandations des restaurateurs touchaient également tous les aspects de manutention et d'entreposage éventuel; par exemple le transport et le rangement des panneaux à la verticale, le matelassage adéquat, les consignes de sécurité dans l'entrepôt, etc.

Une firme spécialisée a ensuite effectué l'étiquetage, le démontage, le transport, puis l'entreposage temporaire des panneaux. La même équipe a transféré, comme prévu, le vitrail dans de nouveaux thermos, avant le retour et l'installation, quelques mois plus tard.

Expertise à la suite de la relocalisation en 2007

C'est le Service d'intégration des arts à l'architecture, responsable de l'application de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics (connue sous le nom de « Politique du 1% ») du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine qui a demandé, en tant que bailleur de fonds, la seconde expertise à la suite de la relocalisation de l'œuvre dans le même édifice.

Ce deuxième rapport notait que, une fois retirés, tous les panneaux avaient été désassemblés en atelier, nettoyés, puis remontés de la même façon qu'à l'origine, soit comme des panneaux thermos à deux verres translucides scellés au sein desquels le verre coloré était fixé. L'espace intérieur avait été rempli d'argon. Le verre translucide défectueux avait été remplacé. Aucun élément de verre coloré ne semblait avoir été remplacé, ni ne nécessitait de remplacement. Tout le travail semblait avoir été effectué dans les règles de l'art, selon le plan d'aménagement prévu. Le résultat était impeccable.

Puisque la nouvelle installation s'élève sur trois étages, de l'intérieur l'œuvre n'est visible qu'un tiers à la fois. Un éclairage indirect le soir permet toutefois d'apprécier la verrière dans son ensemble à partir de l'extérieur.

Date de mise à jour : 14 décembre 2011

Gouvernement du Québec, 2019
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