L'intervention archéologique (1997)

L'intervention de sauvetage de 1997 s'est étendue sur 11 semaines. Deux semaines ont été consacrées à l'installation du site, 8 à la fouille et une dernière au réenfouissement de l'épave dans un lac de la région.

Les membres de l'équipe de terrain de Parcs Canada étaient, en plus de Marc-Andé Bernier : Jim Ringer, le chargé de projet, Peter Waddell, Chriss Ludin, Daniel La Roche, Nicolas Cadieux et Érik Phaneuf. La restauratrice-conservatrice de terrain était Kateri Morin et elle était assistée de Louise Dupuis, Christine Brisson, Gaétan Deroy et Chantal Bouchard.

Comme l'année précédente, une quarantaine de bénévoles, parrainés par le Groupe de préservation des vestiges subaquatiques de Manicouagan, ont largement contribué au succès du sauvetage. Ils secondaient à la fois les archéologues et les conservateurs-restaurateurs dans le laboratoire de terrain situé dans l'ancien centre de pisciculture de Baie-Trinité.

Les objectifs

Le principal objectif de la saison de 1997 était très simple : terminer la fouille. Certains défis de taille attendaient néanmoins l'équipe. Tout d'abord, certaines zones renfermaient plusieurs concrétions ou gangues ferreuses très dures qui se forment autour des objets de fer lorsque ceux-ci séjournent longtemps dans l'eau salée. Leur extraction demande donc beaucoup de temps, surtout à cause de leurs grandes dimensions. Par ailleurs, leur poids rend la remontée laborieuse et exige une plus grande préparation en vue de leur transport. Mais ce n'est rien en comparaison du travail qui attendait les restaurateurs en laboratoire !

L'autre grand défi de 1997 était la remontée des vestiges de la coque. Il faut se rappeler que la fouille était motivée par le sauvetage des vestiges, situés en eaux peu profondes. Si la coque avait été laissée en place, elle risquait de disparaître lors d'une prochaine tempête ou au printemps, lors du retrait des glaces. Que faire alors ? Question délicate. Une des solutions était de remonter l'épave en bloc. Ce procédé aurait toutefois nécessité des sommes d'argent considérables, tant pour son prélèvement et son transport hors de l'eau que pour sa conservation à l'air libre. Dans le cas présent, on préfèrait plutôt démonter les pièces de la structure du navire pour les remonter à la surface et les documenter individuellement de façon détaillée (voir la rubrique Démontage des pièces du navire). Par la suite, elles ont été réenfouies dans un endroit plus propice à leur protection à long terme (voir la rubrique Réenfouissement des pièces de l'épave). Cette approche est de plus en plus utilisée et a fait ses preuves lors des fouilles d'un baleinier basque du XVIe siècle à Red Bay au Labrador et, plus récemment, lors de la fouille du navire de LaSalle, le La Belle, coulé en 1686 dans les eaux de l'actuel État du Texas. Cette méthode permettait aussi de récolter le maximum d'informations sur la coque.

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