La restauration d'une giberne (1996-1997)

Une giberne est une bourse de cuir doublée de planchettes de bois qui contenait des munitions. L'armature plus ou moins rigide de la bourse permettait de supporter le poids de sa charge.


Dans une giberne trouvée en 1996, les balles de plomb étaient encore à l'intérieur, les planchettes de bois étaient en place et les côtés étaient encore cousus. Toutefois, malgré nos soins, les manipulations nécessaires pour la remonter à la surface et pour la mettre dans un emballage matelassé ont fait céder les coutures. Elle a aussitôt été rincée à l'eau de la rivière jusqu'au terme des activités de terrain.

À son arrivée au Centre de conservation du Québec, au mois de septembre 1996, le dessalement était terminé. Le cuir et les fragments de bois ont été imprégnés de solutions de PEG 400 (polyéthylène glycol). Le temps d'immersion de l'objet dans chacune des solutions peut être assez long, entre quelques jours et plusieurs semaines. Dans le cas présent, le cuir a trempé dans cette solution pendant plus d'un mois.

Lyophilisateur pour effectuer le séchage à froid. Une fois totalement imprégnée, la giberne a été placée dans un lyophilisateur pour effectuer le séchage à froid. Le principe est de faire le vide dans l'autoclave à l'aide d'un contrôle de la pression. De cette façon, la glace s'évapore et l'objet perd du poids. Il faut régulièrement briser le vide, ouvrir la chambre, peser l'objet et recommencer le processus jusqu'à ce que le poids soit stable, c'est-à-dire jusqu'à ce que la glace soit évaporée.

Ce traitement répond au type de restauration désiré pour une éventuelle mise en valeur des objets. À titre d'exemple, si la giberne n'était conservée que pour des études scientifiques, il ne serait peut-être pas nécessaire de lui garder sa forme d'origine. Les pièces auraient pu être lyophilisées à plat. Toutefois, pour une restauration esthétique qui permet une meilleure compréhension de l'objet par un large public, il faut qu'elle demeure tridimensionnelle. Ici, le volume a été conservé en fabriquant un support qui reprend sa forme. Le traitement s'est arrêté après la lyophilisation et la fabrication de son boîtier d'entreposage.

La giberne, dans son état actuel, est supportée de l'intérieur et tous les fragments sont calés dans une boîte bien matelassée. Elle est maintenant prête pour l'étude archéologique et historique. Sa présentation en pièces détachées rend d'ailleurs plus aisée l'étude par les spécialistes. Seront étudiées, entre autres, la technique de fabrication, sa typologie, sa fonction, son association avec l'épave, etc...




La giberne telle que dessinée par la conservatrice-restauratrice sur le terrain. Un dessin fait partie du constat d'état élaboré pour chaque objet trouvé lors des fouilles.





Page précédente Retour à l'index