Le réenfouissement de l'épave (1996)

Secteur de la coque La quantité importante d'objets découverts et la complexité des dépôts d'objets, superposés les uns sur les autres ou même entremêlés, a ralenti la progression des travaux. Par conséquent, l'épave n'a pu être fouillée complètement en 1996 tel qu'on l'espérait au début de la saison. Il s'est donc avéré nécessaire de la protéger jusqu'à la prochaine intervention. La meilleure solution était de la réenfouir.

En archéologie subaquatique, cette pratique est chose commune. Il arrive régulièrement qu'une épave ne peut être fouillée complètement en une seule intervention ou en une seule saison. Ce n'est pas étonnant puisque les travaux sous l'eau sont longs et ardus, surtout s'ils sont réalisés en profondeur, les temps de plongée étant ainsi diminués de beaucoup. Il faut alors la protéger entre les campagnes de fouille afin d'assurer sa bonne conservation et espérer la retrouver dans le même état la saison suivante. Pour ce faire, il faut ensevelir temporairement toutes les composantes du site.

À l'anse aux Bouleaux, le réenfouissement s'est avéré une tâche difficile à cause de l'emplacement du site en eaux très peu profondes et de son exposition aux éléments naturels. De plus, les opérations effectuées de 1995 pour le protéger, nous ont confirmé que l'impact du mouvement des eaux et des sédiments est imprévisible et peut varier grandement. Il est donc très difficile de prévoir quels seront les effets des tempêtes et des coups de vent sur les déplacements de sédiments. L'expérience permet toutefois d'ajuster les opérations pour éviter de faire les mêmes erreurs. Par exemple, la toile de recouvrement utilisée en 1995 a été mise de côté. Un coin de toile soulevé par les vagues contribuait à diriger celles-ci vers le bas, provoquant un lèchement du sable et, par conséquent, un creusement du fond.

Le travail s'est effectué en trois étapes. Premièrement, les vestiges de la coque ont été recouverts de lingots de plomb caoutchoutés de 25 livres chacun. Un poids de 1800 livres a été ainsi distribué uniformément sur toute la surface de la coque. Cette première étape a permis de remplacer les pierres et les sédiments qui reposaient préalablement sur la coque et la stabilisaient. Ensuite, 1200 sacs de sable ont été déposés sur le site en son entier. Les sacs de sable constituent un tampon de protection efficace, particulièrement contre la glace, car ils ont la capacité d'absorber les chocs. C'est du moins le rôle qu'ils ont joué en 1995. Enfin, tout le site a été recouvert de sable meuble, déposé grâce aux dragues hydrauliques dont dispose Parcs Canada. En tout, environ 60 tonnes de matériaux ont été utilisés pour protéger le site.

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