La plongée archéologique à l'anse aux Bouleaux

Le site de l'anse aux Bouleaux est très peu profond. Plusieurs pensent que cette situation facilite notre tâche. En fait, elle est loin d'être idéale. À moins de 10 m (30 pieds), les changements de pression sous l'eau sont plus importants qu'à une plus grande profondeur. Cette variation est encore plus ressentie dans les premiers 3 m (10 pieds). Ceci a un effet direct sur notre travail. Pour plonger confortablement sur le site et être à son aise pour travailler, un plongeur doit porter, en plus de son costume étanche en néoprène, environ 23 kilos (50 livres) de plomb ! Pas la peine de dire que les problèmes de dos sont fréquents dans ce genre de métier !

Les variations de pression ont également des incidences sur les oreilles des plongeurs : ils doivent constamment en équilibrer la pression, même s'ils ne montent ou descendent parfois que d'un pied ou deux. De plus, la pression change lorsque la marée monte et on doit alors rééquilibrer la pression, même si on travaille au même endroit !

Outre ces changements de pression, la température de l'eau constitue également un défi. Habituellement autour de 9 oC, l'eau peut parfois chuter à 3 oC. Le travail implique beaucoup de dessins et de prises de mesures, tâches qui demandent aux plongeurs d'être plutôt immobiles. Il va sans dire que même avec les costumes étanches, le froid et l'engourdissement nous gagnent très vite, ce qui rend le travail de précision encore plus difficile.

Moments choisis

Marc-André Bernier devant le site de l'anse aux Bouleaux, le 20 juillet 1996, alors que la tempête fait rage. Il n'y avait que deux issues possibles : la destruction du site ou son ensablement. Le site a été ensablé et l'équipe de terrain a dû consacrer une semaine complète de travail pour le dégager à nouveau.

À l'avant-plan de la photo, on peut voir l'équipe de plongée au travail. La grande marée basse de fin juillet - début août a créé des situations particulièrement cocasses puisqu'il n'y avait parfois qu'un mètre d'eau au-dessus du site. À partir de l'amoncellement de sable créé par les déblais de fouille, le découvreur de l'épave, Marc Tremblay, est attentif aux travaux subaquatiques.

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