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Peintures

Contrairement à une murale qui est réalisée sur un mur ou sur un support fixé au mur, une peinture peut être déplacée. Aussi, elle est toujours exposée à l'intérieur d'un bâtiment. Pour en savoir davantage sur les murales, consulter la section Les peintures murales extérieures de ce guide. Il existe également des peintures dites marouflées.

Composition

La structure physique d'une peinture se compose de plusieurs couches de différents matériaux dont chacun possède ses propres caractéristiques. Ils vieillissent à leur propre rythme et chacun réagit différemment aux conditions du milieu ambiant dans lequel il se trouve. Ainsi, les peintures sur panneaux de bois sont plus sensibles à l'humidité, certains pigments sont plus sensibles à la lumière, les peintures de grand format sont plus difficiles à déplacer et nécessitent un accrochage particulier. Selon les matériaux qui les composent, certaines œuvres contemporaines seront plus difficiles à restaurer et nécessiteront des mesures de conservation préventive plus importantes. En ce sens, il est utile de comprendre comment et de quoi est composée une peinture pour pouvoir lui procurer les meilleures conditions de conservation possible et l'entretenir adéquatement.

 

Photo d'une coupe transversale.Exemple d'une coupe transversale d'un échantillon de peinture.




Photo 1 : Institut canadien de conservation (ICC)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le support

Le support est le substrat sur lequel la peinture est appliquée. Il peut s'agir :

  • d'une toile de fibres naturelles (lin, coton, chanvre) tendue sur une structure de bois, le châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    (ne pas confondre avec le cadre)
  • d'une toile libre, c'est-à-dire d'une toile qui n'est pas tendue sur un châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
  • d'un support rigide, soit un panneau de l'un des matériaux suivants : bois plein, dérivés du bois (notamment des agglomérés, comme le masonite), carton, métal ou verre.

Selon la volonté de l'artiste lors de la création, certaines zones du support sont parfois laissées à nu.

La couche de préparation

Souvent appelée gesso, la couche de préparation est appliquée sur le support. Elle est la couche intermédiaire entre celui-ci et la couche picturale. Elle isole le support, souvent absorbant, de la couche picturale. Elle est généralement blanche, mais est parfois colorée ou même texturée. Certaines œuvres plus récentes sont cependant réalisées directement sur le support, sans couche de préparation, permettant ainsi une certaine absorption de la peinture par la toile.

Il existe différents types de préparation. Traditionnellement, on utilisait la colle animale mélangée à une charge blanche, telle la craie. L'utilisation d'une préparation plus flexible à base d'acrylique est néanmoins devenue fréquente en art contemporain.

La couche picturale

La couche picturale se compose de pigments mélangés à un liant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
liant
, aussi appelé « médium
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
médium
». Le médium
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
médium
donne de la cohésion à la peinture et permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs. Il peut être composé d'huile, d'acrylique, d'alkyde, d'encaustique, de détrempe, etc. Il n'est pas toujours facile de distinguer l'huile de l'acrylique lors d'un examen visuel.

Le choix du médium
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
médium
aura une influence sur le procédé de peinture et sur l'effet recherché : finition uniforme et mate, opacité, transparence, lustre, empâtements, etc.  

La couche picturale peut être réalisée avec des techniques mixtes. La surface de l'œuvre intègre alors différentes matières, comme le pastel ou le fusain. Elle peut aussi inclure d'autres matériaux ou de petits objets, souvent collés à la surface du tableau, comme le papier, le sable, le bois, le plastique, etc.

Le vernis

Le vernis sature et protège les couleurs de la poussière et autres polluants. Traditionnellement, les peintures à l'huile sont vernies. En art contemporain, les tableaux sont vernis ou non, selon le choix de l'artiste.

Plusieurs types de vernis existent :

  • les vernis traditionnels à base de résine naturelle (ex. : le dammar)
  • les vernis modernes à base de résine synthétique (ex. : les vernis acryliques).


Le choix du vernis aura des conséquences sur son apparence, sa durée de vie, la facilité avec laquelle il sera possible de le retirer lorsqu'il aura trop vieilli ou jauni.

Le cadre

Le cadre met l'œuvre en valeur et la protège lorsqu'elle est manipulée et exposée. Certains cadres font partie intégrante de l'œuvre. À l'inverse, certaines œuvres contemporaines ne sont pas encadrées.

La toile marouflée

Catégorie intermédiaire entre la murale et la peinture, celle-ci est exécutée sur une toile collée sur un mur. Sa composition est la même que celles des peintures, c'est-à-dire d'une toile, d'une couche de préparation, de la couche picturale, du vernis. Des moulures clouées au mur peuvent parfois lui servir de cadre.

Sur le plan de l'entretien, la toile marouflée présente des problématiques particulières liées au mur de support. Il faut également surveiller si la toile se décolle de son support rigide. Dans ce cas, faire appel à un restaurateur professionnel.

Pour obtenir des détails sur l'entretien de la couche picturale, consulter la rubrique Élaboration d'un programme d'entretien.

 

Une restauratrice effectuant le démarouflage du tableau La médecine à Québec, de Jean-Paul Lemieux.

Pendant le démarouflage du tableau La médecine à Québec (1957), de Jean-Paul Lemieux. Il a été roulé sur un Sonotube® pour supporter la toile pendant l'intervention et pour le transporter au Centre de conservation du Québec, où il a été restauré pendant des travaux majeurs de l'édifice dans lequel il est exposé. Ce tableau est installé à l'Université Laval, au pavillon Ferdinand-Vandry, à Québec.  





Photo 2 : CCQ, Michael O'Malley.

 

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Facteurs à considérer pour la conservation des peintures de chevalet

Certains facteurs doivent être considérés pour maximiser la durée de vie d'une peinture et réduire l'entretien qu'elle requiert, et ce, dès sa conception, sa réalisation et son installation.

En art public, l'environnement des peintures est parfois bien différent de celui du musée. Malgré le fait qu'elles soient exposées dans les halls d'entrée ou dans des couloirs très fréquentés et sans surveillance, parfois avec des niveaux d'éclairement bien supérieurs à ceux des musées, il est possible de leur offrir des conditions très acceptables pour leur conservation et leur protection.

Choix de l'emplacement et environnement de l'oeuvre

Action de la température et de l'humidité

Il est connu que les changements de température influencent le niveau d'humidité relative (HR) de l'air. Par exemple, plus la température augmente, plus le taux d'humidité diminue et vice-versa. Dans le cas d'une peinture, l'humidité relative a un effet certain sur les matériaux qui la composent, d'autant plus que la sensibilité à l'humidité et à la sécheresse varie d'un matériau à l'autre. La plupart des matériaux absorbent l'humidité. En cherchant à être en équilibre avec l'humidité ambiante, ils se dilatent et se contractent chacun à leur manière (voir le tableau ci-dessous).

Les conditions de température et d'humidité qui règnent dans un lieu public autre qu'un musée sont généralement acceptables pour la conservation d'une peinture. Par contre, les fluctuations brusques et les écarts importants causent davantage de dommages. Le tableau qui suit présente les catégories de matériaux qui réagissent chacun à leur manière aux variations de température et d'humidité.

Matériaux sensibles aux variations

Matériaux qui réagissent peu aux variations

 
  • le bois
 
 
  • les couches de préparation
 
 
  • la toile (les textiles)
 
 
  • les couches de peinture
 
 
  • le carton
 
 
  • les vernis
 
 
  • le papier
 
 
 
  • les photographies
 
 

 

La superposition de matériaux dotés de sensibilités différentes peut occasionner des fentes, des craquelures, des gondolements, des soulèvements et des pertes de matière lorsque surviennent des écarts brusques et de grande amplitude de l'humidité relative.

Pour protéger l'oeuvre de l'humidité et de la chaleur

  • Éviter de placer l'œuvre dans des endroits sujets aux fluctuations d'humidité relative, notamment sur les murs qui donnent sur l'extérieur.
  • Éviter de placer l'œuvre près d'une source de chaleur directe (bouches de chauffage, rayons du soleil, calorifères, foyers, sorties d'air, sources lumineuses qui dégagent de la chaleur, etc.) pour ne pas assécher les matériaux, ni près de canalisations d'eau, dont un bris pourrait entraîner un surcroît d'humidité.
  • Éviter de placer l'œuvre à des endroits soumis à des courants d'air importants et fréquents. Ils entraînent des saletés et nécessitent un entretien accru des œuvres. Placer des déflecteurs au-dessus des sorties d'air pour en dévier le flux et les saletés.

 

L'action de la lumière

Les peintures sont modérément sensibles à la lumière, mais un niveau d'éclairement excessif constitue une source de dégradation potentielle, tant en ce qui a trait aux matériaux qu'à l'apparence de l'œuvre.

Les effets dommageables de la lumière sur les peintures sont cumulatifs et irréversibles. Par conséquent, un éclairage intense de courte durée peut causer les mêmes dommages qu'un éclairage faible de longue durée. Les rayons ultraviolets diffusés par la lumière du jour et les fluorescents sont les plus destructeurs. C'est pourquoi ils doivent être filtrés. La préservation des œuvres dépend donc du type d'éclairage, de son intensité, et de la durée d'exposition à la lumière.

Les effets de la lumière sur les peintures peuvent être nombreux :

 

  • altération de pigments, de liants ou de vernis qui fait pâlir ou changer la couleur, la brillance ou la matité
  • jaunissement et fragilisation des papiers, textiles, photos ou plastiques utilisés dans les supports ou les collages.

Les matériaux les plus sensibles à la lumière sont le papier, les photographies, les textiles, les encres d'impression et certains pigments. Ces matériaux nécessitent un éclairage plus faible.

Détail d'un tableau présentant le pigment rouge qui a pâli sous l'action de la lumière et semble maintenant rose.

Détail de Madame Pierre-Amable De Bonne, née Louise-Élizabeth Marcoux (1808), de la collection du Musée national des beaux-arts du Québec, don de Guy Marcoux.

Le pigment rouge a pâli sous l'action de la lumière, sauf dans la partie qui était cachée sous la feuillure du cadre.




Photo 3 : Collection du Musée national des beaux-arts du Québec

 

Pour protéger l'oeuvre de la lumière


Pour réduire le rayonnement lumineux :

  • Utiliser des sources lumineuses exemptes d'UV, sinon munies de filtres UV, ou des ampoules de moindre puissance, dont les émissions de rayons UV sont absentes ou plus faibles (maximum de 75 microwatts par lumen (µW/lm)).
  • Augmenter la distance entre la source lumineuse et l'œuvre.
  • Poser des filtres solaires, des stores ou des rideaux dans les fenêtres.


Pour réduire la chaleur et l'intensité lumineuse :

  • Ne pas exposer les œuvres aux rayons du soleil.
  • Éviter de fixer des lampes sur les cadres ou d'utiliser des projecteurs à faisceau étroit. Ils émettent une chaleur et une lumière excessives, ce qui peut décolorer et dégrader la couche picturale localement.
  • Utiliser des projecteurs à faisceau large pour obtenir un éclairage diffus, qui dégage moins de chaleur.
  • Si possible, fermer les lumières en l'absence de visiteurs.
  • Si possible, munir les pièces de gradateurs et de minuteries pour limiter l'exposition lumineuse.


Il est également possible de :

  • Consulter les fiches techniques des manufacturiers pour connaître l'intensité lumineuse et le rayonnement ultraviolet des ampoules.
  • Consulter un spécialiste de l'éclairage muséal pour obtenir des conseils sur la protection et la mise en valeur des œuvres.

Achalandage

Une œuvre exposée dans un lieu achalandé est susceptible d'être heurtée par les passants ou endommagée par les équipements d'entretien et le mobilier, de subir l'abrasion de ses surfaces, d'être perforée ou déchirée, d'être salie ou éclaboussée (eau, aliments, peinture, produits de nettoyage).

 

Vol et vandalisme

Une peinture sera plus vulnérable au vandalisme si elle est située dans un endroit mal éclairé, si elle est peu visible ou si elle est à portée de main. Certains graffitis sur une peinture non vernie ou à l'acrylique sont très difficiles, sinon impossibles, à enlever. Selon la vocation du site et l'achalandage, le choix de l'emplacement est très important pour assurer la protection de l'œuvre.

Portrait ayant été victime d'un graffiti ; des cornes et une moustache y ont été dessinés.

Graffiti sur un détail du tableau intitulé Portrait de Mgr Turgeon (1859), de Théophile Hamel. Ce graffiti a été fait à l'aide d'un crayon de type « marqueur » ou « Sharpie », qui est très difficile à enlever. L'élimination de ce genre de graffiti nécessite l'utilisation de solvants forts. Ceux-ci peuvent endommager la couche picturale et le vernis de façon irréversible. Dans ce cas, le graffiti sera laissé en place pour ne pas altérer l'œuvre.







Photo 4 : © CCQ, Michel Élie.

 

Pour protéger l'oeuvre contre l'achalandage, le vol et le vandalisme

  • Aménager les lieux pour tenir les passants et les équipements d'entretien à distance : au besoin, ajouter une barrière, une vitrine ou une petite plateforme surélevée (voir photo 5).
  • Placer les œuvres dans des endroits en vue, mais peu accessibles.
  • Identifier les œuvres avec une plaque et assurer un éclairage qui met l'œuvre en valeur : cela attire l'attention et suscite l'intérêt.
  • Fixer les petits et moyens tableaux au mur à l'aide de vis de sécurité spécialisées.
  • Garder les lieux propres.
  • Faire connaître l'emplacement des œuvres d'art aux gardiens. Leur demander d'y porter attention lors de leur ronde de surveillance et de signaler toute anomalie.
  • Si une œuvre subit un acte de vandalisme, appeler immédiatement un restaurateur. Les graffitis causent souvent des dommages irréversibles. Une intervention rapide les limitera.

 

L'oeuvre La médecine à Québec (1957) après restauration.Après restauration, le tableau La médecine à Québec (1957), de Jean-Paul Lemieux, a été réinstallé dans un nouvel espace aménagé pour lui. Une plateforme légèrement surélevée et d'une autre couleur que celle du plancher a été installée devant ce grand tableau, pour créer une mise à distance des passants.

Plateforme installée devant l'œuvre.


Photo 5 : © CCQ, Michel Élie.

 

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Conception de l'oeuvre et caractéristiques des matériaux

Un choix inadéquat de matériaux peut causer une instabilité inhérente. Plusieurs points sont à considérer lors du choix des matériaux et de la conception d'une peinture.

 

Aide-mémoire pour le choix des matériaux lors de la conception

Châssis :

  • Choisir un châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    rigide et adapté au format de l'œuvre.
  • Chanfreiner les montants du châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    pour éviter des craquelures défigurantes, appelées « marques de châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    », dans la couche picturale.
  • Un châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    mal adapté au format de l'œuvre, surtout trop faible, risque de se déformer et de déformer l'œuvre par la même occasion.

 

On voit des marques de châssis défigurant un tableau ancien.

Photo en lumière rasante d'un détail de La descente de la croix d'Yves Tessier (1800-1847). Marques de châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
défigurant un tableau ancien, situation qui peut tout aussi bien se produire avec une œuvre contemporaine.  

Photo 6 : © CCQ, Michel Élie

Photo du profil d'un châssis chanfreiné.

Profil d'un châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
chanfreiné.

Photo 7 : CCQ, Éloïse Paquette.

Photo d'un châssis non chanfreiné.

Profil d'un châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
non chanfreiné.

Photo 8 : CCQ, Éloïse Paquette

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

Qualité des matériaux :

  • L'utilisation de matériaux de bonne qualité favorise la préservation des œuvres. La piètre qualité des pigments ou du liant
    substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
    liant
    des marques bon marché ou de type « étudiant » peut entraîner, entre autres, une décoloration des pigments et une dégradation plus rapide de la peinture.Les matériaux de bonne qualité et spécifiquement conçus pour les peintures favoriseront la conservation de l'œuvre. Les autres la détérioreront plus rapidement et compliqueront une éventuelle restauration (ex. : application d'un vernis en polyuréthane, utilisation de colles fortes, comme les colles caoutchouc, etc.).
  • S'assurer que les couleurs choisies sont stables à la lumière. Cette information figure sur les tubes de peinture. Se renseigner à ce sujet, car les échelles de valeurs varient selon les marques. Éviter les couleurs dont le tube ne présente aucune information sur la stabilité des pigments à la lumière.
  • Pour réaliser des collages sur l'œuvre, utiliser des colles stables qui ne jaunissent pas, ne craquent pas et sont adaptées aux matériaux à coller.
  • Choisir un vernis adapté, le cas échéant. Plusieurs vernis existent. Consulter au besoin.  


Compatibilité des matériaux :

  • Choisir des matériaux compatibles à tous les niveaux de la conception. Plusieurs matériaux sont incompatibles, notamment les vernis à base de résine naturelle sur de l'acrylique.


Conception :

Pour la pérennité des œuvres, se souvenir :

  • que fixer le pastel ou le fusain à la surface avec un vernis en vaporisateur évite la perte de matière et facilite l'entretien. Éviter de laisser des coulures au moment de l'application
  • qu'il est conseillé d'essuyer les surplus de colle et coulures à la surface de l'œuvre, car ils peuvent changer de couleur et altérer l'œuvre au fil du temps..

 

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Encadrement et accrochage

Encadrement

Le cadre fait souvent partie de l'œuvre et est lui-même parfois considéré comme une œuvre d'art. Il est important de conserver l'encadrement d'origine pour son style, sa beauté ou son authenticité. En plus de sa fonction esthétique, le cadre protège l'œuvre, notamment en :

  • offrant un support à la peinture
  • permettant de manipuler l'œuvre, de l'exposer et de la transporter de façon sécuritaire.

L'absence de cadre rend les peintures plus vulnérables aux manipulations, mais ceci peut constituer un choix de l'artiste. Toujours vérifier auprès de l'artiste si tel est son souhait.

 

Recommandations pour les peintures encadrées

Pour protéger l'œuvre, le cadre doit répondre à plusieurs critères :

  • une structure suffisamment solide, en fonction du poids et des dimensions de l'œuvre
  • un cadre et une feuillure (intérieur du cadre) de la bonne taille : le bois du cadre et du support de l'œuvre ( châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    ou panneau) doit pouvoir jouer librement, selon les fluctuations de l'humidité relative. Les déplacements du tableau doivent être limités à l'intérieur du cadre pour éviter l'usure des bords et de la couche picturale. Si la feuillure est trop grande et si le tableau bouge trop à l'intérieur du cadre, poser des cales en liège ou en bois. Consulter la fiche La pose de cales en liège ou en bois dans la Boîte à outils pour connaître la technique adéquate
  • des joints et assemblages adéquats
  • une marie-louise bien fixée, le cas échéant.


Des moulures en ressaut protègent davantage la surface peinte et les empâtements. Elles permettent également d'emballer l'œuvre sans que le matériel d'emballage entre en contact avec la couche picturale.

  • Poser des plaques de métal pour maintenir la peinture dans le cadre. Consulter la fiche La pose de plaques de métal sur les peintures encadrées dans la Boîte à outils pour connaître la technique appropriée et la fiche P0353 de Préserv'Art sur le site Internet du Centre de conservation du Québec.
  • Visser sur le cadre des anneaux d'accrochage repliables et adaptés au poids du tableau. Vérifier les caractéristiques, tel le poids maximum, auprès du manufacturier.
  • Poser un dos protecteur
    panneau rigide fixé au revers du châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    ou du cadre qui sert à protéger le tableau.
    dos protecteur
    en Coroplast® pour protéger le revers de l'œuvre. Voir la section sur les dos protecteurs pour connaître la technique appropriée.

 

Photo d'un dos protecteur avec les différentes composantes identifiées.

Détail d'un encadrement : plaque de métal pour maintenir le tableau dans le cadre, dos protecteur
panneau rigide fixé au revers du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
ou du cadre qui sert à protéger le tableau.
dos protecteur
en Coroplast® vissé au châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
et anneau d'accrochage pour suspendre le tableau au mur.










Photo 9
: CCQ, Éloïse Paquette

 

 Attention :

 

  • Confier l'ajustement de la tension d'une peinture à un restaurateur professionnel.
  • Si des baguettes décoratives sont utilisées en guise de cadre, le châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    devient porteur, et non le cadre. S'assurer que le châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    soit suffisamment solide pour ne pas se déformer lors de manipulations ou lors de l'accrochage.

 

Dos protecteur

Fait d'une matière rigide et inerte, comme le Coroplast®, le dos protecteur
panneau rigide fixé au revers du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
ou du cadre qui sert à protéger le tableau.
dos protecteur
est coupé à la grandeur du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
et vissé sur ce dernier, au dos du tableau (voir photo 9). Il favorise la préservation des œuvres en :
•    créant un coussin d'air dans le creux du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
, réduisant ainsi les vibrations et les battements de la toile ainsi que les variations brusques d'humidité relative
•    protégeant le revers de l'œuvre de la poussière, de la saleté et des chocs
•    renforçant la structure du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
, réduisant ainsi les risques de torsion ou de gauchissement.

 

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Recommandations pour les peintures non encadrées

  • S'assurer que la structure du châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    est bien solide, que le châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    ne se déformera pas lors de manipulations et qu'il est suffisamment fort pour installer des anneaux d'accrochage et supporter le poids de l'œuvre.
  • Ajouter un dos protecteur
    panneau rigide fixé au revers du châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    ou du cadre qui sert à protéger le tableau.
    dos protecteur
    pour renforcer la structure du châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    . Cette mesure n'est cependant pas toujours suffisante pour éviter les déformations. Consulter un restaurateur professionnel pour faire évaluer la solidité du châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    ou obtenir des conseils sur une éventuelle intervention.
  • Visser des sangles ou des poignées repliables au revers du châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    , à environ un pied du bas du tableau. Cette mesure facilite les manipulations, permet de garder le ballant et évite de salir et de déformer les bords de la toile avec les doigts. 

 

Photo d'une sangle posée au revers d'un cadre facilitant la manipulation.

Sangle au revers d'un cadre pour faciliter
les manipulations d'une peinture de grande
dimension.

Photo 10 : © CCQ, Michel Élie.

Photo d'une poignée au revers du châssis non encadré facilitant les manipulations.

Poignée au revers du châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
d'un tableau non
encadré pour faciliter les manipulations.

Photo 11 : CCQ





    

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Recommandations pour les toiles libres

Certaines peintures n'ont ni cadre, ni châssis
assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
châssis
. On les nomme « toiles libres ». Elles sont plus à risque d'être endommagées. L'absence de système d'accrochage entraîne des problèmes difficiles à résoudre. Pour limiter les risques de dommages :

  • obtenir les conseils d'un restaurateur sur la pose d'un système adéquat, comme :
    • un système d'aimants, de charnières ou d'œillets
    • un renforcement des bords
    • l'utilisation de Velcro®.

     

  • éviter d'utiliser des épingles et des clous, qui endommagent rapidement le support
  • important : ne jamais plier une toile libre; car les dommages à la couche picturale ou au support seraient considérables
  • une toile libre doit être enroulée selon une méthode spécifique lors de son déplacement. Faire appel à un restaurateur avant de décrocher ou de déplacer une telle œuvre.

 

Système d'accrochage sécuritaire

Des anneaux et des crochets adaptés au type de mur et au poids du tableau diminuent les risques de chute, l'une des principales sources de dommages causés aux œuvres. Les précautions suivantes doivent être prises.

  • Éviter de suspendre une peinture à l'aide d'une ficelle ou d'une corde, même métallique.
  • Visser deux anneaux repliables au revers du cadre. Ces anneaux doivent s'insérer chacun dans un crochet bien ancré au mur et adapté au poids du tableau. Consulter les sites Internet des fabricants ou s'informer auprès du personnel d'une quincaillerie pour obtenir des renseignements à ce sujet. Consulter les fiches P0322 et P0323 de Préserv'Art pour obtenir de l'information détaillée.
  • Il est possible d'employer un système de barres emboîtantes en métal ou en bois pour accrocher l'œuvre. Consulter la fiche Systèmes d'accrochage avec éléments ou barres emboîtantes dans la Boîte à outils pour obtenir des renseignements supplémentaires.
  • Consulter les Notes de l'ICC 10/3, Directives concernant la mise en réserve et l'exposition des tableaux.

 

Accrochage des peintures de grand format

Une peinture de grand format est plus difficile à déplacer et à accrocher. Planifier les manœuvres et les déplacements et s'assurer qu'un nombre suffisant de personnes participent à l'opération. Les actions des membres de l'équipe doivent être coordonnées par un maître d'œuvre. L'utilisation d'un échafaudage est souvent nécessaire pour accrocher le tableau en hauteur.

Lors de l'accrochage :

  • Ne pas sous-estimer le ballant, qui risque de faire basculer les œuvres parfois beaucoup plus hautes que larges.
  • Pour faciliter les manipulations, ajouter des poignées de métal ou des sangles au revers des tableaux.
  • Faire appel à des manutentionnaires expérimentés ou spécialisés dans le déplacement de telles œuvres d'art.
  • Supporter les tableaux très lourds par le bas avec une baguette de bois, une tablette ou des équerres en métal fixées au mur. Ces œuvres peuvent aussi être posées sur un socle. Un système de barres emboîtantes en métal ou en bois peut également être utilisé. Consulter la fiche Systèmes d'accrochage avec barres ou éléments emboîtants dans la Boîte à outils pour obtenir plus de détails à ce sujet..

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Manipulations

La vigilance est de mise lors de la manipulation de tableaux. Les erreurs et les accidents survenant lors de manipulations sont à l'origine de plusieurs dommages. Certaines œuvres sont plus vulnérables aux manipulations, notamment les œuvres :

  • non encadrées (ex. : traces de doigts le long des bords, enfoncements, déchirures)
  • qui comportent des soulèvements de matière picturale (aide d'un restaurateur professionnel requise)
  • de très grand format ou surdimensionnées
  • dont la couche picturale comporte des empâtements (ex. : bris des crêtes des empâtements).


Lors de situations particulières, comme une délocalisation, consulter un restaurateur.

Consulter la fiche Manipulations dans la Boîte à outils pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les manières de protéger les peintures lors des manipulations.

 

Traces de doigts présentes sur une peinture.Traces de doigts défigurant une peinture.    












Photo 12 : CCQ, Éloïse Paquette

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Emballage

Un emballage adéquat limite les dommages causés par les chocs et les vibrations et diminue les risques de détérioration liés à l'humidité. Consulter les fiches Emballage et transport des peintures et Le cadre MTR
Cadre de manutention, de transport et de réserve.
cadre MTR
dans la Boîte à outils pour obtenir des renseignements supplémentaires sur l'emballage des tableaux encadrés ou non encadrés.

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Transport

Les œuvres d'art public sont rarement transportées. Il peut toutefois arriver qu'une peinture ait besoin d'un traitement de restauration. Dans ce cas, elle devra être déplacée par son propriétaire.

Par ailleurs, l'artiste aura à transporter son œuvre réalisée en atelier à son futur emplacement. Consulter les fiches Emballage et transport des peintures et Le cadre MTR
Cadre de manutention, de transport et de réserve.
cadre MTR
dans la Boîte à outils pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le transport des tableaux.

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Entretien des peintures

Consulter la section Élaboration d'un programme d'entretien pour en savoir plus.

Constat d'état et photographies

La réception et l'accrochage du tableau constituent une occasion parfaite pour réaliser un premier constat d'état. Un restaurateur peut établir ce premier constat, qui servira de point de comparaison pour évaluer l'état du tableau lors d'une inspection annuelle. Il est recommandé d'inspecter la peinture régulièrement, au moins une fois l'an, par une personne désignée comme responsable de la conservation et de l'entretien de l'œuvre. Consulter la fiche Constat d'état sommaire pour les peintures dans la Boîte à outils pour obtenir un modèle de constat pour les peintures.
 

  • Si le tableau présente des dommages ou des altérations, prendre des photographies et les joindre au constat d'état. Cette mesure permet de :
    • documenter l'état du tableau
    • mesurer l'évolution des dommages au fil du temps.

     

  • Si un accident survient :
    • récupérer tous les morceaux et les placer dans des sacs fermés et identifiés
    • prendre des photos de l'accident pour le documenter.

     

  • Ranger les photographies et les formulaires dans le dossier de l'œuvre. Consulter la section Constitution d'une documentation, au chapitre Élaboration d'un programme d'entretien du guide, pour obtenir plus de détails.
  • Si un problème est constaté, ou en cas de doute, consulter un restaurateur pour connaître la marche à suivre.

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Éléments à surveniller lors de l'examen

Au moment d'établir le constat d'état, porter attention aux aspects suivants.

Encadrement

 

  • convenance de l'accrochage
  • état et stabilité des éléments sculptés ou décoratifs
  • solidité des joints ou des assemblages
  • gauchissement ou déformations des montants
  • égratignures, taches, nourriture
  • pertes de matière.

 

Support

  • gondolements, trous, plis, déformations ou lacérations dans la toile
  • état du support rigide (panneau de bois, carton d'artiste, masonite, etc.), fentes, gauchissement, déformations, pertes.

 

Couche picturale

  • altérations : écaillage, soulèvements, pertes de matière, altération des couleurs, égratignures, éclaboussures, etc.
  • vandalisme : lacérations, enfoncements, marques de crayon ou de stylo, etc.
  • jaunissement important du vernis, le cas échéant
  • accumulation de saleté, poussière, traces de doigts, taches, moisissure, nourriture, gouttelettes de peinture provenant de l'entretien du bâtiment, etc.
  • réalisation de travaux de peinture ou de rénovation à proximité de l'œuvre et adéquation de la protection, le cas échéant.

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Recommandations pour l'entretien des peintures

  • Désigner au préalable la personne responsable de la conservation et de l'entretien de l'œuvre.
  • S'assurer que l'information et les responsabilités sont redistribuées lors du départ de la personne responsable de la conservation et de l‘entretien.
  • Aviser le personnel d'entretien du bâtiment de la présence des œuvres et spécifier de ne jamais intervenir sur elles.
  • Consulter la fiche d'entretien du tableau validée au préalable par un restaurateur. Cette fiche indique les interventions pouvant être pratiquées sur l'œuvre, notamment le dépoussiérage, et la manière de les réaliser. Demander au restaurateur de former un membre du personnel à la réalisation de cette tâche. Si aucune fiche d'entretien n'existe, consulter un restaurateur qui pourra en produire une. Voir la fiche Modèle de fiche d'entretien dans la Boîte à outils pour obtenir un exemple.
  • Conserver l'encadrement d'origine pour assurer l'intégrité de l'œuvre. Le cadre fait souvent partie de l'œuvre et est lui-même parfois considéré comme une œuvre d'art.
  • Ne pas tenter de nettoyer le cadre ou la surface du tableau, ni de faire disparaître une tache : ne pas utiliser de produits nettoyants, chiffons secs ou humides, plumeaux, eau et solvants sur le cadre ou sur la surface d'un tableau. Ces produits peuvent causer des dommages irréversibles.
  • Utiliser le cadre ou le châssis
    assemblage de bois sur lequel on tend une toile.
    châssis
    pour étiqueter ou marquer. Poser une étiquette ou écrire au dos d'une peinture sur toile risque de la déformer et d'en marquer la surface avec le temps.


Les tableaux monochromes, ceux présentant de grands aplats de couleurs ou des empâtements, les acryliques ou les tableaux avec des surfaces mates sont très fragiles. Un simple frottement peut en altérer la surface. Les précautions suivantes s'imposent :

  • ne rien entreprendre et ne jamais tenter de réparer tout dommage
  • faire appel à un restaurateur professionnel en cas d'altération.

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Protection lors de travaux dans l'environnement de l'oeuvre

Beaucoup de dommages sont causés aux œuvres lors de travaux de rénovation ou de peinture. Si de tels travaux sont prévus à proximité de l'œuvre, s'assurer qu'elle soit bien protégée.

Si le tableau est de grand format, le laisser en place et le couvrir :

  • placer un carton (3 ou 4 plis) ou un Coroplast® par-dessus le cadre, comme lors de l'emballage. Cette mesure protégera le tableau des coups accidentels
  • l'emballer dans un polythène scellé avec du ruban gommé pour le rendre étanche à la poussière, à la peinture et à l'eau.


En cas de travaux majeurs :

  • construire une protection avec des panneaux rigides. Par exemple, il peut s'agir d'un système autoportant, comme une caisse fixée au mur pour recouvrir l'œuvre.


Si nécessaire, décrocher le tableau, l'emballer, l'identifier et l'entreposer en lieu sûr.

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Date de mise à jour : 13 juin 2016

Gouvernement du Québec, 2018
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