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Arts technologiques

jhrfkluja

Cette œuvre qui se déploie au travers du bâtiment
se compose de divers éléments sculpturaux. À l'entrée
de la bibliothèque on trouve trois sections de verre peint
en grisaille montrant la bibliothèque avec des livres
enchaînés. À l'intérieur de cette verrière trois moniteurs
sont intégrés. Chaque appareil est relié à une caméra
vidéo qui retransmet en direct des images de l'intérieur de
la bibliothèque Webster symbolisant l'accessibilité au savoir
: soit le comptoir de prêt, le photocopieur et un rayon
d'encyclopédies.

Photos 1  et 2 : Claude Michaud

ioiuio

Détails de Sans titre (1992) de Effets publics
(Rose-Marie Goulet, Alain Paiement, Randy
Saharuni, Bernard Denis, Guy Bellavance), installée
à l'Université Concordia au Pavillon J.W. McDonnell,
Bibliothèque Webster.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

De tout temps, la technologie a été mise au service de l'art. Cette pratique a connu une recrudescence au début du XXe siècle, à la suite de l'invention de la photographie, de la radio puis du cinéma. Au fil des décennies, les nouvelles technologies se sont multipliées et ont rapidement été intégrées dans tous les domaines artistiques, incluant l'art public.

Appropriation des technologies dans le domaine des arts selon les décennies
Décennie         Technologies
1960-1970    Apparition de la vidéo
1970-1980    Arrivée des ordinateurs personnels
1990-2000    Explosion des technologies, progrès fulgurants dans les domaines de la robotique, du jeu vidéo, du web, de la réalité virtuelle, des réseaux sociaux, etc.

La technolgie dans l'art public : historique

Au Québec, les premières œuvres d'art technologique public ont été créées dès les années 1960. Bien qu'elles ne constituent qu'un faible pourcentage des œuvres d'art public produites jusqu'à ce jour, leur nombre avait déjà doublé dans les années 1990, puis triplé dans les années 2000. Le fait que la technologie devienne plus accessible et offre toujours plus d'avenues créatrices laisse présager une augmentation exponentielle de ce type d'œuvres dans les années à venir et une multiplication des défis relatifs à leur préservation.

L'intégration des nouvelles technologies dans les arts a transformé les formes des œuvres et les moyens de les diffuser. Ces bouleversements obligent à repenser les approches en matière de préservation et de conservation de ces œuvres qui présentent des enjeux qui leur sont propres.

Oeuvre Transcendence (1967) de Wlater Fuhrer, installée sur le campus Loyola de l'Université Concordia, à Montréal.




Transcendence
(1967) de Walter Fuhrer, installée sur le campus Loyola de l'Université Concordia à Montréal, devant le Hingston Hall.



Cette œuvre d'art public cinétique en acier peint a été créée en 1967 à l'occasion de l'Exposition universelle de Montréal. Un moteur actionne l'élément central.







Photo 3 :
Source : Université Concordia, coll. d'art public
http://web2.concordia.ca/publicart/

 

Nature et caractéristiques

À l'image des procédés qu'elles empruntent, les œuvres d'art technologique adoptent d'innombrables formes et font appel à divers matériaux. Certaines œuvres sont de nature relativement simple, par exemple :

  • les projections vidéo
  • les installations sonores
  • les œuvres lumineuses, comme la grande murale de Mousseau (voir la section sur les Boîtes lumineuses).

D'autres sont plus complexes et peuvent incorporer des éléments faits sur mesure, plus ou moins sophistiqués.

Temporalité

Parfois sculptures, installations ou même espaces virtuels, les œuvres à caractère technologique sont plus que des objets fixés dans un espace donné. Elles intègrent une dimension supplémentaire à celles des œuvres traditionnelles, soit la forme et la profondeur; elles sont aussi de nature temporelle.

La temporalité peut s'exprimer à plusieurs niveaux, par exemple à travers le défilement des images d'un film ou d'une projection vidéo, une trame sonore dans une installation, l'illumination d'ampoules électriques selon une séquence programmée par ordinateur ou simplement par le mouvement de formes au moyen d'éléments motorisés. La temporalité peut aussi se manifester à l'intérieur d'une œuvre virtuelle diffusée sur le web, ou encore à travers une interaction avec le spectateur.

Rôle et importance des différentes composantes

Le rôle et l'importance d'une composante
Élément, partie, pièce.
composante
technologique au sein de l'œuvre varient également d'un artiste à l'autre, selon :

  • qu'il la considère comme un objet utilitaire, c'est-à-dire un outil pratique qui permet d'obtenir un effet spécifique, mais dont l'aspect esthétique n'est pas pris en compte
  • qu'il lui confère un rôle essentiel ou esthétique en même temps que fonctionnel. Dans ce cas, la technologie participe à la mise en scène de l'œuvre.

Une œuvre peut comporter ces deux types de composantes à la fois. La préservation des qualités « essentielles » et « fonctionnelles » soulève des questionnements qui détermineront le choix de l'approche adoptée au cours d'une intervention de conservation ou de restauration.

Composition variable

Les éléments employés dans la production et la présentation des œuvres d'art technologique sont très variés. Ils reflètent les technologies existantes au moment de leur création et témoignent par le fait même d'un moment précis de l'histoire. Leur préservation constitue un argument contre le remplacement arbitraire des composantes technologiques lorsqu'elles cessent de fonctionner (voir la section Plan global de préservation).

Il peut s'agir d'éléments audiovisuels, photographiques, informatiques, mécaniques, robotiques, biotechnologiques, etc. Les œuvres peuvent aussi inclure des éléments sculpturaux, graphiques, organiques, ou nécessiter la participation du spectateur.

 

Important

Déterminer avec l'artiste les critères de variabilité de l'œuvre dès sa conception. Ils orienteront les choix futurs lorsque des réparations seront nécessaires ou lorsqu'il faudra obtenir des pièces de remplacement.

 

Oeuvre Translucide (2001) de Jean-François Cantin. Palais des Congrès de Montréal.


Verrière de Jean-François Cantin intitulée Translucide (2001). Palais des Congrès de Montréal.

 

Cette verrière interactive comporte des dispositifs lumineux programmés par ordinateur qui projettent l'ombre des passants sur sa face intérieure.

 

Photo 4 :

Source : http://www.circa-art.com/J.F._Cantin__Palais_des_congres.html

 

Catégories de composantes

On distingue quatre grandes catégories de composantes pouvant entrer dans la confection d'une œuvre d'art technologique :

  • les composantes non technologiques
  • les composantes analogiques
  • les composantes numériques
  • l'appareillage électrique.

Composantes non technologiques

Une œuvre d'art public comporte souvent des éléments non technologiques. Certains sont uniques et faits sur mesure : éléments sculpturaux, graphiques, peints, etc. Ils participent à la mise en forme et à l'aspect esthétique de l'œuvre.

D'autres sont de nature fonctionnelle. Leur apparence peut varier sans nuire à la compréhension de l'œuvre. C'est le cas d'une installation vidéo nécessitant un écran de projection. L'artiste ne limiterait pas le choix de l'écran à un modèle spécifique, mais exigerait que l'écran réponde à certains critères de dimensions ou de mode de présentation. Dans ce cas, l'artiste permettrait l'utilisation d'un écran suspendu au plafond, accroché au mur ou posé au sol sans que cela enfreigne l'intégrité de l'œuvre telle qu'il la conçoit.

Parmi les autres éléments non technologiques d'une œuvre, mentionnons :

  • le socle ou la base
  • le support mural
  • le boîtier
  • le câble de suspension
  • le trépied
  • le mobilier (chaise, table, tablette, tabouret, etc.).

 

Installation photographique de Jean-François Cantin, intitulée Image site (1998), Centre d'hébergement du Centre-ville de Montréal, Hôpital St-Charles-Borromée.



Installation photographique de Jean-François Cantin, intitulée Image site (1998), au Centre d'hébergement du Centre-ville de Montréal, Hôpital St-Charles-Borromée.

 

Cette installation photographique est composée d'éléments technologiques (projections numériques) et non technologiques (deux éléments sculpturaux et quatre écrans).

 

 Photo 5 : Louis-Antoine Blanchette.

 

Composantes analogiques

Le terme analogique
Phénomènes, appareils électroniques, composantes électroniques et instruments de mesure représentant une information par la variation d'une grandeur physique (ex. : une tension électrique)
analogique
  désigne les phénomènes, appareils électroniques, composantes électroniques et instruments de mesure qui représentent une information par la variation d'une grandeur physique (ex. : une tension électrique). La mesure d'une valeur naturelle (ou d'un élément de signal électrique ou électronique) varie de manière analogue à la source. L'information (son ou image, par exemple) est enregistrée sur un support médiatique de manière continue, sans subir de transformation. (Source : Techno-science.net)

Les technologies analogiques ont dominé le XXe siècle jusqu'aux années 1990, alors que les technologies numériques ont connu un essor considérable.

Les supports d'information analogiques les plus courants sont :

  • la pellicule photographique
  • la pellicule pour film
  • le ruban magnétique : audio et vidéo (cassette, microcassette, U-Matic, Betacam, Betamax, Beta SP, VHS, Super-8)
  • le disque de vinyle
  • la diapositive le Polaroid.


Quelques exemples de pièces d'équipement analogique
Phénomènes, appareils électroniques, composantes électroniques et instruments de mesure représentant une information par la variation d'une grandeur physique (ex. : une tension électrique)
analogique
sont : 

  • moniteur à tube cathodique
  • haut-parleur
  • casque d'écoute
  • tourne-disque/gramophone
  • magnétoscope
  • lecteur cassette
  • poste de radio
  • amplificateur
  • projecteur de films (bobines)
  • projecteur de diapositives c
  • améscope (VHS, Super-8, etc.)
  • microphone
  • servomoteur.

 

Composantes numériques

 

Le terme numérique  est surtout employé en informatique et en électronique, en ce qui a trait au son, à la photographie ou à la vidéo. L'information numérique a été quantifiée et échantillonnée. En informatique, l'information est traduite en code binaire (séries de 0 et de 1) lors de sa captation, puis retraduite en son ou en image par un appareil de lecture lors de sa diffusion (lecteur CD, lecteur DVD, etc.).  

Les supports d'information numériques les plus courants sont :

  • vidéodisque (« laser disc »)
  • CD, CD-ROM
  • DVD, DVD-ROM, HD DVD
  • cassette à ruban numérique : Digi Beta, Mini DV
  • clé USB
  • disque dur
  • puce électronique
  • disquette informatique (8", 5 ¼", 3 ½").


Quelques exemples de pièces d'équipements numériques :

  • ordinateur (écran, clavier, souris, etc.)
  • moniteur numérique et écran portatif (ACL, plasma, rétroéclairage à tubes, DEL)
  • projecteur
  • vidéo
  • lecteur CD/CD-ROM
  • lecteur DVD/DVD-ROM/Blu-Ray/HD
  • DVD
  • lecteur de vidéodisque
  • câbles USB, HDMI, fibre optique
  • lecteur mp3
  • microprocesseur
  • câble VGA
  • servomoteur numérique
  • serveur informatique
  • logiciel
  • modem
  • webcaméra
  • bannière électronique.

 

Appareillage électrique

La majorité des œuvres technologiques requièrent une alimentation électrique et divers éléments destinés à les faire fonctionner. Le plus souvent, ce type d'équipement se trouve en quincaillerie et joue un rôle davantage utilitaire qu'esthétique.

Quelques exemples de pièces d'équipements électriques : 

  • câblage (fils électriques, câble coaxial, etc.)
  • bloc d'alimentation à prises multiples
  • relais
  • rallonge
  • transformateur
  • boîte électrique
  • détecteur de mouvement
  • variateur de tension
  • gradateur de lumière
  • pile, batterie
  • prise de courant
  • interrupteur
  • ventilateur
  • stroboscope, tube fluorescent, ampoule (tungstène, halogène, mercure, DEL, etc.).

Conception et réalisation

Choix de l'emplacement

Le choix de l'emplacement de l'œuvre influence le choix des matériaux et des éléments utilisés dans sa confection. Un technicien spécialisé dans l'équipement utilisé peut donner des conseils et suggérer l'équipement le mieux adapté suivant qu'il sera utilisé à l'intérieur ou à l'extérieur.

Environnement intérieur ou extérieur

Certaines composantes technologiques sont sensibles aux caractéristiques de l'environnement dans lequel elles se trouvent, telles que :

  • les fluctuations de température
  • l'humidité
  • la poussière
  • la lumière
  • la chaleur.

Les manuels d'utilisation et d'entretien donnent de l'information utile sur les conditions environnementales acceptables pour l'équipement. En cas de doute, consulter un technicien ou un représentant qui sera en mesure de vous conseiller sur le choix de l'équipement approprié.

 

Pour les oeuvres extérieures

  • S'assurer de l'étanchéité des éléments contenant les composantes électriques ou électroniques de façon à empêcher l'infiltration d'eau, de poussière ou d'organismes vivants.
  • Concevoir un appareillage qui résiste aux conditions climatiques extrêmes présentées par les cycles de gel-dégel. Au besoin, consulter un expert, un technicien, un ingénieur ou un architecte au moment de la conception de l'œuvre.
  • Lubrifier fréquemment les équipements servant à créer des mouvements.
  • Traiter les surfaces métalliques contre la corrosion. Toute apparition de corrosion devrait être traitée immédiatement pour éviter sa progression.

 

Protection de l'œuvre

Les composantes technologiques peuvent devenir des cibles privilégiées lors d'actes de vandalisme. En outre, elles peuvent présenter des risques d'incendie ou d'électrocution lorsqu'elles sont endommagées.

 

Pour protéger une oeuvre du vandalisme et des dommages accidentels

  • Choisir un emplacement protégé pour installer les composantes fragiles ou visibles.
  • Protéger les mécanismes et l'appareillage électrique des infiltrations de poussière ou d'eau par des boîtiers. Cette mesure permet d'éviter le vandalisme ou les bris accidentels. Veiller à ce que les appareils ne surchauffent pas dans cet espace restreint.
  • Privilégier un boîtier de plastique transparent pour voir l'appareillage sans devoir ouvrir le boîtier.
  • Idéalement, choisir un boîtier qui ferme à clef et facilement accessible pour le personnel d'entretien. La clef devrait être reproduite, et les copies, rangées en lieu sûr, mais facile d'accès.

 

Oeuvre Spirale Technologique (2004) de Joëlle et Rofl Morosoli.

Spirale Technologique (2004) de Joëlle et Rolf Morosoli, installée au Centre de Formation Professionnelle de Lachine, Pavillon Dalbé-Viau, Montréal.

 Détail de l'oeuvre Spirale Technologique.

Détail : la pose d'un boîtier transparent autour des
composantes technologiques de cette sculpture cinétique
est un excellent moyen de les protéger contre la
poussière, l'humidité et le vandalisme.




Photos 6 et 7 : Louis-Antoine Blanchette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Installation et compatibilité des systèmes

Tout élément technologique a une durée de vie limitée et nécessite un entretien régulier, voire le remplacement cyclique de certaines pièces. L'accès aux pièces doit donc être facile.

L'appareillage électrique doit répondre à certains critères de sécurité. Il doit :

  • être compatible avec le système électrique en place; les différences de tension doivent être conciliées de façon sécuritaire et appropriée
  • être inspecté par un électricien qualifié au moment de l'installation de l'œuvre afin de s'assurer qu'elle répond aux normes du Code canadien de l'électricité (CCE).

Pour en savoir plus, consulter la fiche Normes de sécurité relatives à l'installation et à l'entretien de l'appareillage électrique dans la Boîte à outils.

De plus, les boîtes électriques, les blocs d'alimentation et le filage devraient :

  • être installés de façon à prévenir les infiltrations d'eau
  • être protégés par des boîtiers ou dissimulés à l'intérieur d'espaces à accès restreint tels que placards électriques, salles des machines, plafonds, murs ou à l'intérieur de l'œuvre elle-même
  • lorsqu'ils se trouvent dans un espace public, être installés dans des boîtiers à serrure ou à cadenas pour éviter toute manipulation malveillante ou bris accidentel qui pourrait entraîner des dommages ou des blessures graves.

Détail de l'oeuvre Cerveau III recherche une idée, de Denis Poirier.

 

Sculpture multimédia interactive de Denis Poirier intitulée Cerveau III recherche une idée… (1975), installée au Palais de Justice de Salaberry-de-Valleyfield.





Photo 8 : CCQ, Stéphanie Gagné

 

L'installation électrique de cette œuvre d'art public a fait l'objet d'une mise aux normes en 2011. Certains fils d'origine étaient raccordés avec du ruban adhésif électrique aujourd'hui dégradé, et les fils étaient laissés en suspension libre dans la pièce.

Qualité des équipements et des matériaux

Les équipements électriques et électroniques ne sont généralement pas conçus pour fonctionner 24 heures sur 24. Cependant, certains équipements sont plus robustes et sont conçus pour un usage continu. Par exemple, les moniteurs de présentation sont plus durables que les écrans de téléviseurs. Consulter un technicien en audiovisuel pour obtenir des conseils sur le choix des équipements.

Pour augmenter la longévité des composantes électriques et électroniques

L'équipement utilisé pour la lecture et la diffusion médiatique devrait :

  • être de construction solide et de haute qualité
  • être constitué avec les matériaux les plus stables possible afin d'en assurer la longévité
  • être constituté de modèles et de marques connus, moins à risque de disparaître du marché, même si cela reste souvent difficile à prédire.

D'autres mesures peuvent prolonger la durée de vie des équipements électriques ou électroniques.  

  • Lorsqu'une utilisation prolongée est prévue, se procurer des appareils supplémentaires pour le remplacement.
  • Prévoir une ventilation adéquate afin d'éviter la surchauffe.
  • Avec le consentement de l'artiste, mettre les appareils hors tension quelques heures par jour, qu'ils soient robustes ou non. Cette mesure vise à les refroidir et en ralentir l'usure. L'ajout d'une minuterie préprogrammée est un moyen simple et efficace d'assurer un temps de repos et de refroidissement qui pourrait avoir lieu la nuit ou durant les périodes où l'espace n'est pas fréquenté.
  • Pour les œuvres fermées, prévoir un accès facile aux équipements et au filage pour permettre les réparations.
  • Les interférences de signaux parasites peuvent perturber la clarté des images de télévision et affecter la performance des systèmes audio et des ordinateurs. Installer la pièce loin des sources potentielles de signaux parasites tels que les antennes et les transformateurs.
  • Prévoir un budget pour le remplacement des composantes technologiques ainsi que le transfert de l'information sur de nouveaux supports médiatiques, lorsque nécessaire (consulter la section Plan global de préservation).

 

Facteurs de dégradation des oeuvres et recommandations pour leur préservation

Effets de l'environnement sur les matériaux et le fonctionnement des composantes

Les œuvres d'art technologique sont sensibles aux conditions environnementales dans lesquelles elles sont conservées et exposées, dont :

  • la température
  • le taux d'humidité
  • la lumière
  • les polluants.

Différents matériaux requièrent différentes conditions. Identifier toutes les composantes est un bon moyen de comprendre les besoins spécifiques de l'œuvre.


Plastiques et caoutchoucs

Il existe de nombreux types de plastiques et de caoutchoucs. Ces matières peuvent être chimiquement instables. Elles peuvent aussi être sensibles aux facteurs environnementaux tels que la chaleur, l'oxygène, les rayons ultraviolets, les polluants et les cycles de gel-dégel. Exposés à ces facteurs, les plastiques et les caoutchoucs peuvent développer des microfissures, durcir, devenir plus opaques ou se décolorer.

Par exemple, lorsqu'ils s'oxydent, les gainages d'isolation s'assèchent et développent des microfissures, ce qui peut les rendre perméables et accélérer la dégradation du fil conducteur.

 

Pour prolonger la vie des plastiques et caoutchoucs

Pour les œuvres extérieures  

  • Opter pour des composantes technologiques fabriquées avec des plastiques et caoutchoucs résistants aux conditions environnementales extrêmes.
  • Autant que possible, protéger ces composantes de la lumière, des polluants, de l'humidité, etc.

En tout temps

  • Éviter d'utiliser des produits nettoyants à base de solvants ou d'ammoniaque pour le nettoyage des surfaces. Ces produits peuvent altérer les matériaux et accélérer leur dégradation.

 

 Fils, câbles et autres éléments métalliques

Les fils de métal laissés à découvert ont tendance à s'oxyder et à se corroder en présence d'humidité. L'oxydation et la corrosion peuvent :

  • causer une perte partielle ou totale de conductivité
  • augmenter les risques de court-circuit ou d'électrocution.

 

Pour protéger les fils, câbles et autres éléments métalliques

  • S'assurer que tout raccord est adéquatement recouvert ou gainé. L'utilisation de ruban isolant en plastique à usage domestique (ruban adhésif noir typiquement utilisé pour les petits travaux) n'est pas recommandée en extérieur, car l'adhésif employé dans sa confection n'est pas conçu pour résister au gel. Préférer une marrette
    Petit connecteur amovible que l'on visse sur une paire de fils préalablement torsadés ensemble.
    marrette
    étanche, conçue pour l'extérieur.
  • Faire des inspections régulières et mesurer l' impédance
    Rapport entre la différence de potentiel aux bornes d'un circuit et le courant qui traverse celui-ci. (Dictionnaire Reverso)
    impédance
    , indicatrice de la dégradation des fils.

Pour obtenir plus d'information sur la conservation du métal, consulter la section Métaux.

 

Appareils électriques

La majorité des défaillances électriques ne sont pas causées par un événement majeur comme la foudre, mais plutôt par des connexions desserrées, l'humidité, la saleté, une surtension ainsi que d'autres causes mineures. Soixante-quinze pour cent des défaillances électriques sont attribuables à une erreur humaine, de la négligence et une formation inadéquate du personnel à un entretien et une maintenance inappropriés.

Les moteurs et engrenages sont particulièrement sensibles :

  • aux dépôts de poussière sur les surfaces mobiles, qui rayent les surfaces et accélèrent l'usure
  • à la corrosion des pièces métalliques qui les composent
  • à la chaleur (surchauffe des éléments) et aux surcharges, qui peuvent entraîner une dégradation des matériaux touchés.

 

Pour protéger les appareils électriques

  • Raccorder les appareils avec des fils et des câbles résistant aux tensions demandées par les appareils.  
  • S'assurer que tout le système comporte une mise à la terre; l'ajout de coupe-circuits à fusibles ou de relais thermiques assure une protection contre les surcharges et les courts-circuits.  
  • Faire inspecter par un électricien qualifié l'appareillage électrique et s'assurer que les raccordements sont sécuritaires.
  • Consulter le manuel d'instructions de l'appareil pour en connaître les conditions d'utilisation et d'entretien.

 

Appareils électroniques

Les appareils électroniques sont sensibles aux décharges électrostatiques qui peuvent causer des dérèglements internes ou des bris permanents. Les risques de décharge électrostatique
voir électricité statique
Les atomes qui composent la matière peuvent être neutres ou chargés. Si un atome perd un électron, il est chargé positivement, tandis que s'il gagne un électron, il est alors chargé négativement. Le frottement d'un matériau électrostatique provoque une accumulation d'électrons. Le matériau est alors chargé négativement et attire tout ce qui a une charge positive. Une démonstration simple est faite avec une règle en Plexiglas® que l'on frotte sur un chandail en laine. Si l'on approche ensuite la règle de petits morceaux de papier, ceux-ci seront happés par la règle.
électricité statique
électrostatique
sont augmentés par un bas taux d'humidité.

Les interférences de signaux parasites peuvent perturber la clarté des images de télévision et affecter la performance des systèmes audio et des ordinateurs.

 

Supports électroniques

Plusieurs caractéristiques entrent en ligne de compte dans le choix des conditions d'utilisation et d'entreposage des supports d'information contenus dans une œuvre. En effet, les supports électroniques :

 

  • ont des durées de vie variables difficiles à prévoir
  • sont sensibles à différentes conditions environnementales
  • demandent des méthodes de préservation qui peuvent varier d'un support à l'autre.


Il est important d'identifier les supports d'information contenus dans une œuvre afin de leur procurer les meilleures conditions d'utilisation et d'entreposage possibles.


Principaux facteurs de dégradation des supports électroniques
La poussière

La poussière se déposant sur les surfaces du support ou des têtes de lecture des appareils peut causer des éraflures, entraînant des bris ou des pertes d'information.

La détérioration chimique

Les bandes magnétiques sont faites de matériaux instables. Certains sont plus susceptibles de se détériorer chimiquement. Voici quelques exemples de détérioration chimique.

  • Le film peut devenir « collant » ou subir des pertes qui peuvent obstruer les mécanismes internes des appareils de lecture et les faire cesser de fonctionner.
  • Certains rubans peuvent montrer des signes de corrosion amenant des pertes dans le film. Les rayons ultraviolets et un haut taux d'humidité accélèrent ce type de dégradation. Il est donc recommandé de conserver les rubans magnétiques dans une pochette protectrice opaque et au sec.
  • Le plastique utilisé dans la confection des disques optiques (CD, DVD, etc.) a une durée de vie limitée; une dégradation chimique peut causer l'apparition de microfissures qui empêcheront la lecture du contenu.

Un entreposage adéquat prolonge la durée de vie des matières, mais il sera éventuellement nécessaire de transférer l'information sur un nouveau support. Consulter la section Plan global de préservation pour obtenir plus de détails sur le transfert de données.

La moisissure

Des moisissures peuvent se déposer sur le support ou à l'intérieur des appareils de lecture s'ils ne sont pas bien entretenus ou conservés dans un environnement propre et sec.

Les dommages mécaniques

Un mauvais entretien des équipements de lecture ou de l'équipement de mauvaise qualité peuvent causer des dommages aux supports (étirement de la bande, rayure, etc.) entraînant une perte de l'information. Veiller à tester l'équipement et à en faire un entretien régulier approprié.

Une manutention et un entreposage inadéquats

Une mauvaise manutention ou des conditions d'entreposage inadéquates peuvent occasionner des bris. Voici quelques mesures à adopter pour assurer une meilleure conservation.

  • Entreposer les supports dans une pochette protectrice et dans les conditions appropriées. Par exemple, conserver les CD et DVD dans des pochettes de plastique rigides en position verticale (sur la tranche) dans un endroit sec.
  • Toujours identifier le support et la pochette avec un crayon-feutre permanent conçu pour cet usage. De tels feutres sont offerts dans les magasins d'électronique ou de fournitures de bureau. Éviter l'utilisation d'étiquettes autocollantes, qui peuvent être facilement arrachées ou laisser des dépôts d'adhésif sur les surfaces.
Les champs magnétiques

Des champs magnétiques puissants ou l'exposition à un champ magnétique sur une longue période de temps peuvent entraîner la démagnétisation d'un support magnétique, causant une perte d'information. Veiller à entreposer les supports magnétiques loin des sources de champs magnétiques (téléviseurs, ordinateurs, haut-parleurs, moteurs, transformateurs, génératrices, câbles électriques, etc.).

Une mauvaise approche de transfert

Un mauvais choix de méthode de transfert de l'information peut mener à une perte irréversible d'information, voire, à l'impossibilité de présenter l'œuvre selon l'intention originale de l'artiste. Toute décision de transfert doit être prise en accord avec l'artiste, le détenteur du droit d'auteur et selon les recommandations d'un restaurateur et d'un technicien expérimentés.

Pour obtenir des renseignements plus techniques sur les méthodes d'entreposage, consultez la section Soins des collections sur support électronique des petits musées et archives sur le site Internet de l'Institut canadien de conservation.

 

Le phénomène d'obsolescence

On parle d'obsolescence quand un bien d'équipement est dépassé par l'apparition d'équipements plus performants incorporant des progrès techniques plus récents.

Le phénomène d'obsolescence caractérisant les éléments qui composent les œuvres technologiques pose un défi considérable sur le plan de la conservation.

La préservation d'une œuvre d'art technologique implique de conserver la fonctionnalité des composantes. Pour contourner le phénomène d'obsolescence d'une manière préventive, on peut :

  • acheter des pièces de remplacement en prévision de bris futurs
  • copier l'information stockée sur un support en voie d'extinction, comme une diapositive, sur un support plus récent.

Composer avec l'obsolescence

Bien qu'il soit possible de se procurer des pièces de remplacement, tôt ou tard, les technologies disparaissent ou deviennent incompatibles avec les nouvelles technologies (pensons aux diapositives, films 16 mm, disquettes 8", 5 ¼", pour ne nommer que ceux-là).

Il faut alors recourir à des procédés de préservation plus radicaux, comme la migration ou l' émulation
Émuler une œuvre consiste à en imiter l’apparence d’origine par des moyens différents. Le terme peut s’appliquer en général à la re-fabrication des composantes d’une œuvre, comme c’est le cas des re-fabrications et reconfigurations essentielles à la préservation d’œuvres conceptuelles, minimalistes et de performance. Dans le domaine des médias numériques, l’émulation a toutefois un sens spécifique. Un émulateur est un logiciel qui « trompe » le code original en lui faisant croire qu’il active toujours l’équipement original, permettant ainsi à ce logiciel conçu pour un ordinateur obsolète de fonctionner avec un ordinateur contemporain. (Voir Seeing Double, sur le site deVariable Media Network / Réseau des médias variables)
émulation
, pour assurer la longévité de l'œuvre. Cette option soulève des questions quant au respect de l'intégrité de l'œuvre et de l'intention de l'artiste. Ce type d'intervention doit faire l'objet d'une évaluation approfondie en concertation avec les intervenants impliqués dans la conservation de l'œuvre (propriétaire, artiste, technicien, restaurateur).

L'acquisition d'une œuvre

L'intégration d'une œuvre d'art technologique dans un espace public donne accès à des œuvres uniques et souvent ludiques qui interpellent le public d'une manière plus directe. Une œuvre d'art technologique qui ne fonctionne plus perd son sens et ne respecte pas la création de l'artiste. Pour en maintenir la fonctionnalité, un suivi rigoureux doit être assuré.

L'acquisition d'une œuvre d'art technologique exige donc un engagement responsable de la part de l'acquéreur et de l'artiste afin d'anticiper les changements technologiques et d'envisager les solutions possibles pour y faire face.

Prévoir un budget d'entretien

Le propriétaire de l'œuvre doit prévoir un budget annuel relatif à l'entretien de l'œuvre. Ce budget prévoit :

  • l'examen annuel ou bisannuel de l'œuvre; si l'on doit faire appel à un technicien spécialisé, il faut ajouter des frais de déplacement, un taux horaire, etc.
  • le nettoyage, le dépoussiérage, la lubrification des mécanismes sur une base régulière
  • la réparation de l'équipement par des techniciens spécialisés
  • l'achat et le remplacement d'équipement technologique 
  • la duplication
    Action de dupliquer un document original afin d'en créer une copie exacte, au moyen d'un cliché, d'une matrice ou d'une surface de transfert intermédiaire entre l'original et la reproduction. (Dictionnaire des arts médiatiques, GRAM)
    duplication
    ou la migration de l'information sur un nouveau support.

Pour en savoir plus

Depuis plusieurs années, divers comités réunissant des experts issus de domaines reliés à la production, la collection et la préservation des œuvres d'art médiatiques ont produit de nombreux outils décisionnels et des documents pratiques destinés aux institutions et aux individus collectionneurs afin de les orienter dans les diverses étapes d'acquisition, de conservation et de restauration des œuvres. Parmi ceux-ci, notons l'initiative canadienne de l'Alliance de recherche DOCAM et le projet du consortium international Matters in Media Art.

 

Plan global de préservation

La conservation des œuvres technologiques demande une compréhension globale de l'œuvre sur les plans conceptuel et technique afin de respecter l'intention de l'artiste.

Toute intervention doit se faire dans le respect de l'intégrité de l'œuvre, c'est-à-dire en préservant les qualités essentielles définies par l'artiste. Cette intégrité touche autant l'aspect physique que conceptuel. Ces qualités sont spécifiques à chaque œuvre et il n'existe pas de manuel de préservation préconçu.

Il faut s'assurer :

  • de documenter de façon détaillée toutes les composantes de l'œuvre pour en avoir une bonne compréhension
  • d'identifier les composantes les plus fragiles sur le plan physique et sur le plan de l'obsolescence
  • d'élaborer une fiche d'entretien qui couvre tous les aspects de la conservation de l'œuvre
  • si nécessaire, d'établir un calendrier de migration pour préserver l'information stockée sur les divers supports
  • de tenir compte des droits d'auteur lorsque les questions de copie ou de migration d'une œuvre sur un nouveau support sont soulevées.

Documentation

La documentation est le premier pas vers un plan de préservation efficace. Elle assure que l'intégrité de l'œuvre :

 

  • est comprise
  • sera conservée si des composantes doivent être remplacées.


La documentation doit être suffisamment détaillée pour permettre de reproduire l'œuvre sans l'aide de l'artiste.

Note

Pour obtenir de l'information sur la documentation ou pour obtenir des modèles de documents à utiliser au moment de l'acquisition de l'œuvre, consulter la section Outils du Guide de catalogage des collections nouveaux médias publié sur le site web de DOCAM.

Electronic Arts Intermix (EAI) publie également un guide sur les points techniques incontournables pour l'installation et la préservation des œuvres technologiques. Pour le consulter, se rendre à la section Préservation de son site Internet. 

 

Dès la réalisation d'une œuvre, avec la collaboration de l'artiste, colliger au dossier de l'œuvre les renseignements suivants.

 

  • De l'information sur l'intention de l'artiste et sur les critères de variabilité de l'œuvre. Ces renseignements peuvent être obtenus lors d'une entrevue avec l'artiste.
  • Lorsque nécessaire, un schéma de la disposition et de la séquence d'assemblage des éléments produit ou approuvé par l'artiste. Ce document servirait de référent, si l'œuvre devait subir une intervention de restauration ou un déplacement. Il permet la compréhension des séquences d'allumage ou de lecture, des angles d'éclairage, du système électrique, etc.
  • Une liste des pièces d'équipement nécessaires au fonctionnement de l'œuvre : appareils, mobilier, appareillage électrique, etc. Pour les appareils, il est recommandé de noter l'année de fabrication, le modèle, le numéro de série, etc. Ces renseignements facilitent les recherches au moment de réparer ou de trouver un remplacement pour une composante
    Élément, partie, pièce.
    composante
    . Inscrire le format du support original ( copie maîtresse
    Copie magnétique audio ou vidéo comprenant le contenu intégral du montage dans sa forme finale de laquelle seront tirées des copies destinées à la diffusion. Cette copie doit être conservée dans les meilleures conditions possibles. On dit aussi « bande étalon », « bande mère », « copie originale » et « master ». Le terme souche est recommandé officiellement en France. (Dictionnaire des arts médiatiques, GRAM)
    copie maîtresse
    ) contenant les données de l'œuvre, s'il y a lieu (film, photo, musique, fichiers numériques, programmes informatiques, etc.).
  • La liste des éléments essentiels (uniques, faits sur mesure, sculpturaux, etc.) pour les distinguer des éléments fonctionnels (non visibles, blocs d'alimentation, fils, etc.). Inscrire les paramètres techniques audio et vidéo requis pour la présentation (résolution, ratio, taille de l'image projetée, compression maximale, etc.). Cette liste couvre les éléments les plus à risque ou les plus difficiles à remplacer.
  • Les « événements » de l'œuvre. Obtenir une copie écrite du code source des séquences programmées par ordinateur et noter le nom et la version du logiciel utilisé, ainsi que les effets produits. Les composantes informatiques évoluent rapidement et un logiciel peut devenir obsolète en peu de temps. Si l'équipement ne peut être remplacé, l'œuvre risque de ne plus être fonctionnelle. Une copie écrite pourrait permettre à un programmeur de reproduire les fonctions avec un autre logiciel.
  • La fréquence et la séquence de défilement, de clignotement, de rotation des éléments, etc. Par exemple, pour un élément motorisé qui se déploie dans l'espace, décrire le mouvement effectué, les distances parcourues et le temps requis pour effectuer un cycle complet, ainsi que le temps de pause entre chaque cycle. De même, pour les éléments sonores, noter le niveau sonore requis par l'artiste, les intervalles de silence, etc.

Entretien

Pour en savoir plus sur l'élaboration d'un programme d'entretien, consulter la section Élaboration d'un programme d'entretien du guide.


De façon générale, afin d'assurer un entretien optimal des œuvres d'art technologique :

  • Désigner une personne responsable de la conservation et de l'entretien de l'œuvre.
  • S'assurer que les renseignements et les responsabilités soient redistribués lors du départ de la personne responsable de la conservation et de l'entretien.
  • Prévoir une fiche d'entretien spécifique à chaque œuvre. Cette fiche devrait être produite par un restaurateur ou par l'artiste en collaboration avec un restaurateur. Voir la fiche Modèle de fiche d'entretien dans la Boîte à outils.
  • Prévoir un budget annuel récurrent établi par les propriétaires pour la protection de leurs œuvres dès l'acquisition et en fonction des besoins relevés dans la fiche d'entretien.

Éléments à surveiller lors de l'inspection de l'œuvre

Une inspection annuelle de l'œuvre est conseillée afin de suivre l'état de conservation et intervenir si nécessaire. Au moment d'inspecter l'œuvre, porter attention aux éléments suivants.

  • L'état du gainage des fils électriques ainsi que des connexions des appareils. Les vibrations, le vent, la présence d'organismes vivants et le vandalisme sont susceptibles de causer des bris.
  • L'état des joints d'étanchéité et l'isolation. S'assurer qu'ils sont intacts dans le parcours des câbles et des panneaux électriques. Les bris d'équipement électrique sont fréquemment attribuables à des connexions desserrées ou dégradées.
  • La qualité des images et du son, le bon fonctionnement des appareils, etc. Porter une attention particulière aux bruits produits par l'équipement : tout bruit anormal (grincement, cliquetis, bourdonnement, etc.) peut être un signe d'un mauvais fonctionnement et devrait être examiné.

Interventions pour l'entretien des œuvres

 

  • Dépoussiérer fréquemment les surfaces pour freiner l'usure des pièces mobiles, le voilement des éléments lumineux et l'obturation de détecteurs de mouvement ou des grilles d'aération (projecteurs de diapositives, ventilateur d'ordinateur, lentilles de caméra, écrans, etc.).
  • Éviter d'utiliser des articles humides pour nettoyer les surfaces. Ils peuvent laisser des cernes, endommager les surfaces peintes ou causer des courts-circuits. Utiliser un pinceau fin à poils longs ou un linge non pelucheux. Employer un mini aspirateur ou des embouts miniaturisés pour aspirer les poussières accumulées à l'intérieur des boîtiers et autres pièces d'équipement. Veiller à ne pas heurter l'équipement avec l'embout de l'aspirateur et régler l'aspiration à une intensité modérée. On peut se procurer un mini aspirateur dans les magasins d'électronique.
  • Si possible, traiter les engrenages et parties mobiles métalliques avec un produit contre la rouille et les lubrifier périodiquement.
  • Inspecter les supports médiatiques et les nettoyer au besoin afin de prévenir l'usure prématurée. Pour les disques (vinyle, CD, DVD), utiliser une lingette prévue à cet effet, vendue dans les magasins d'électronique.
  • Nettoyer périodiquement les têtes de lecture afin d'éliminer tout dépôt de poussière susceptible d'endommager l'équipement de lecture ou le support médiatique qui entre en contact avec celui-ci (pellicule pour film, ruban magnétique, ruban numérique). Des produits conçus pour cet usage sont vendus dans les magasins d'électronique ou de photographie.
  • Dépoussiérer les écrans et les lentilles de projecteurs et de caméras avec une poire soufflante, un pinceau fin ou une lingette ou un chiffon en microfibre prévus à cet effet pour éviter d'en érafler la surface. Éviter d'utiliser des nettoyants à vitres commerciaux. L'ammoniaque ou l'alcool qu'ils contiennent peuvent endommager les surfaces. Des produits conçus pour cet usage sont vendus dans les magasins d'électronique ou de photographie. Consulter les fiches P0100 et P0131 de Préserv'Art pour obtenir de l'information détaillée sur les chiffons en microfibre.
  • Selon les besoins, calibrer les couleurs des moniteurs et des écrans.

 

Remplacement d'équipement et transfert d'information

Lorsqu'un support médiatique est endommagé ou que l'équipement servant à sa lecture se brise et ne peut être remplacé, il faut transférer l'information sur un nouveau support qui pourra alors être lu par un autre appareil.

Transférer des données est une opération fréquemment exécutée en milieu domestique : copie d'un CD de musique sur un ordinateur personnel, transfert des documents d'un ordinateur à une clé USB, etc.

Tout transfert d'information comporte des risques de perte d'information, particulièrement lorsqu'il y a compression (ex. : sauvegarde d'une image numérique en format .JPG). De plus, une succession de transferts peut éventuellement causer une perte d'information importante qui porte atteinte à l'intégrité de l'œuvre.

Attention

La conservation des données et des métadonnées est cruciale pour préserver l'intégralité de l'œuvre. Toute opération de transfert devrait ainsi être effectuée avec de l'équipement de qualité par un technicien qualifié, sous la supervision de l'artiste ou d'un restaurateur qui assurera un contrôle de la qualité.

 

Calendrier de migration

Puisque la durée de vie des supports médiatiques est limitée, la plupart des experts s'entendent pour dire que l'information qu'ils contiennent devrait être migrée de façon cyclique afin de prévenir la tombée en obsolescence ou la perte d'information attribuable à la dégradation du support.

 

Quelques exemples de supports médiatiques.Quelques exemples de supports médiatiques.








Photo 9 : ©Guy Couture, CCQ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est donc recommandé :

  • d'établir un calendrier de migration pour le transfert d'information. Ce calendrier prévoit la migration de l'information tous les sept ans, par exemple (durée de vie moyenne des supports numériques)
  • d'accompagner le calendrier d'un registre ou d'un journal de migration, dans lequel tous les renseignements pertinents sont consignés : date de migration, support, copie source, équipement, nom du technicien et toute modification apportée
  • de conserver tous les supports précédents, car ils font partie de l'histoire de l'œuvre.

Pour obtenir plus d'information sur l'instauration d'un calendrier de migration, consulter le site web de l'Alliance de recherche DOCAM.

Le transfert d'information : une décision à ne pas prendre à la légère

Toute information contenue sur un support est considérée comme partie intégrante de l'œuvre originale et est sujette à la Loi sur le droit d'auteur. (Voir la section Respect du droit d'auteur)

La duplication
Action de dupliquer un document original afin d'en créer une copie exacte, au moyen d'un cliché, d'une matrice ou d'une surface de transfert intermédiaire entre l'original et la reproduction. (Dictionnaire des arts médiatiques, GRAM)
duplication
ou la migration de l'information contenue sur un support médiatique ne peuvent s'effectuer de façon libre et arbitraire, parce que ces actions :

  • sont régies légalement
  • comportent des risques de dommage physique au support original (aussi appelé la « copie maîtresse
    Copie magnétique audio ou vidéo comprenant le contenu intégral du montage dans sa forme finale de laquelle seront tirées des copies destinées à la diffusion. Cette copie doit être conservée dans les meilleures conditions possibles. On dit aussi « bande étalon », « bande mère », « copie originale » et « master ». Le terme souche est recommandé officiellement en France. (Dictionnaire des arts médiatiques, GRAM)
    copie maîtresse
    »)
  • devraient être considérées comme un dernier recours
  • devraient être réalisées selon une méthode approuvée par l'artiste ou un restaurateur en respectant l'intégrité de l'œuvre.


La préservation des données et des métadonnées est cruciale pour préserver l'intégralité de l'œuvre. Toute opération de transfert devrait être effectuée sur de l'équipement de qualité par un technicien qualifié, sous la supervision de l'artiste ou d'un restaurateur qui assurera un contrôle de la qualité.

Afin de répondre aux questions soulevées par la nécessité d'un transfert, l'Alliance de recherche DOCAM a conçu un « arbre décisionnel ». Il permet de comprendre le problème et d'en arriver à la solution appropriée pour préserver une œuvre d'art médiatique. Il est disponible sur son site.

Approches pour le transfert d'information


Différentes approches peuvent être adoptées pour le transfert de l'information, selon les besoins.

  • La duplication
    Action de dupliquer un document original afin d'en créer une copie exacte, au moyen d'un cliché, d'une matrice ou d'une surface de transfert intermédiaire entre l'original et la reproduction. (Dictionnaire des arts médiatiques, GRAM)
    duplication
    , soit l'action de dupliquer un document original afin d'en créer une copie exacte, au moyen d'un cliché, d'une matrice ou d'une surface de transfert intermédiaire entre l'original et la reproduction. (Dictionnaire des arts médiatiques, du Groupe de recherche en arts médiatiques de l'UQÀM.  

 

  • La migration, c'est-à-dire le fait de passer d'un environnement ou d'un support médiatique à un autre, ou encore de la version d'un logiciel de base à une autre version, en effectuant les adaptations nécessaires pour que l'ensemble du système continue de fonctionner adéquatement. (Grand dictionnaire terminologique)

 

  • L' émulation
    Émuler une œuvre consiste à en imiter l’apparence d’origine par des moyens différents. Le terme peut s’appliquer en général à la re-fabrication des composantes d’une œuvre, comme c’est le cas des re-fabrications et reconfigurations essentielles à la préservation d’œuvres conceptuelles, minimalistes et de performance. Dans le domaine des médias numériques, l’émulation a toutefois un sens spécifique. Un émulateur est un logiciel qui « trompe » le code original en lui faisant croire qu’il active toujours l’équipement original, permettant ainsi à ce logiciel conçu pour un ordinateur obsolète de fonctionner avec un ordinateur contemporain. (Voir Seeing Double, sur le site deVariable Media Network / Réseau des médias variables)
    émulation
    , qui consiste à tenter d'en imiter l'apparence d'origine par des moyens tout à fait différents. Le terme « émulation
    Émuler une œuvre consiste à en imiter l’apparence d’origine par des moyens différents. Le terme peut s’appliquer en général à la re-fabrication des composantes d’une œuvre, comme c’est le cas des re-fabrications et reconfigurations essentielles à la préservation d’œuvres conceptuelles, minimalistes et de performance. Dans le domaine des médias numériques, l’émulation a toutefois un sens spécifique. Un émulateur est un logiciel qui « trompe » le code original en lui faisant croire qu’il active toujours l’équipement original, permettant ainsi à ce logiciel conçu pour un ordinateur obsolète de fonctionner avec un ordinateur contemporain. (Voir Seeing Double, sur le site deVariable Media Network / Réseau des médias variables)
    émulation
    » s'applique en général à la re-fabrication ou à la substitution des composantes d'une œuvre, mais il a aussi un sens spécifique dans le contexte des médias numériques. (Fondation Daniel Langlois pour l'art, la science et la technologie; aussi disponible en anglais sous le titre Variable media glossary).

 

 

Respect du droit d'auteur

En art technologique, le sujet des droits d'auteur soulève un questionnement du fait que la duplication
Action de dupliquer un document original afin d'en créer une copie exacte, au moyen d'un cliché, d'une matrice ou d'une surface de transfert intermédiaire entre l'original et la reproduction. (Dictionnaire des arts médiatiques, GRAM)
duplication
ou la migration d'une œuvre sur un nouveau support est protégée par la Loi sur le droit d'auteur. En vertu de cette loi, le détenteur du droit d'auteur a « […] le droit exclusif de produire ou reproduire la totalité ou une partie importante de l'œuvre, sous une forme matérielle quelconque […] » (L.R.C., 1985, chapitre  C-42, art. 3 - Ministère de la Justice Canada).

Il est donc interdit de dupliquer, migrer ou d'émuler une œuvre sans l'accord du détenteur du droit d'auteur.

Il peut être très coûteux de payer des droits d'auteur pour chaque vague de duplication
Action de dupliquer un document original afin d'en créer une copie exacte, au moyen d'un cliché, d'une matrice ou d'une surface de transfert intermédiaire entre l'original et la reproduction. (Dictionnaire des arts médiatiques, GRAM)
duplication
ou de migration. Afin de prévenir les litiges liés aux interventions préventives, il est important :

  • d'inclure les questions de reproduction et des droits d'auteur dans le contrat d'entente entre le propriétaire de l'œuvre et l'artiste
  • de déterminer l'endroit où les copies maîtresses seront conservées
  • de déterminer qui en restera le propriétaire
  • etc.


Pour obtenir de l'information supplémentaire sur la question des droits d'auteur, consulter la fiche Droits d'auteur dans la Boîte à outils.

Mise en valeur et protection

Niveaux de luminosité, niveaux sonores

La conservation des œuvres d'art technologique doit préconiser une approche globale qui comprendra la prolongation de la vie physique des composantes et leur éventuelle transformation pour assurer la compatibilité des technologies obsolètes avec les nouveaux moyens de stockage ou de diffusion de l'information. Si cette avenue n'est pas toujours souhaitable, elle constitue parfois l'unique garantie de survie de l'œuvre à travers les changements technologiques.

Date de mise à jour : 13 juin 2016

Gouvernement du Québec, 2017
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