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Le soin des objets de musées

Carole Dignard en collaboration avec Janet Mason, ICC, 1995
France Rémillard et Michèle Lepage, CCQ
Conservation préventive dans les musées. Manuel d'accompagnement, pages 153 à 163.

Toute une variété d'objets font partie des collections muséales : objets ethnographiques, artefacts archéologiques, spécimens naturalisés, objets utilitaires, machines, outils, instruments de musique et les œuvres d'art décoratif, d'art populaire ou d'art religieux. Quels soins convient-il de leur apporter? Cela dépend avant tout des matériaux dont ils sont composés. On doit également considérer le mode de fabrication, l'interaction des matériaux constitutifs, les dimensions ainsi que l'histoire et l'état de conservation de chaque objet.

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Matériaux organiques

Considérons d'abord les objets faits de matériaux organiques, c'est-à-dire d'origine animale comme le cuir, les fourrures, les plumes et l'ivoire, ou d'origine végétale comme le bois, l'écorce, l'osier et les fibres végétales.

Les principales causes de détérioration

L'humidité

Si l'humidité relative est inférieure à 30%, les matériaux organiques perdent leur humidité naturelle, deviennent cassants et difficiles à manipuler sans risque. En milieu humide, ils se gonflent et risquent de se déformer. Si l'humidité relative dépasse 70%, dans un milieu mal ventilé, ils peuvent aussi moisir.

Les pires dommages surviennent lorsque les objets sont exposés à des variations hygrométriques brusques et  de grande amplitude, qui causent des gondolements, des fissures et des ruptures. On recommande de stabiliser la température et l'humidité relative, et d'éviter de les exposer à des niveaux extrêmes de température, de sécheresse et d'humidité.

Il faut identifier dans les collections les objets les plus vulnérables et s'assurer qu'ils bénéficient de ces conditions de stabilité. Le bois et l'ivoire sont particulièrement sensibles, surtout s'ils sont minces, lorsque utilisés en incrustation, en placage  ou en marqueterie. Il en est de même pour les objets composites, c'est-à-dire constitués de divers matériaux assemblés, surtout si l'un d'eux est sous contrainte, comme c'est le cas pour la peau d'un tambour,  ou d'un kayak.

L'emballage dans du papier sans acide, placé dans des boîtes de carton, aide à tamponner les fluctuations d'humidité. Plus il y a de couches, meilleure est la protection. En exposition, on présente les objets sensibles à l'humidité dans des vitrines bien étanches. L'utilisation du gel de silice hydraté dans ces vitrines, ainsi que dans les cabinets de rangement hermétiques, peut de plus s'avérer utile si les conditions ambiantes sont peu stables.

Les insectes

Les matériaux d'origine végétale comme le bois, l'écorce et le bambou peuvent être la proie de fourmis gâte-bois et d'insectes xylophages. Ils creusent des tunnels qui affaiblissent le bois. On reconnaît leur présence à l'apparition de vermoulure provenant des trous d'envol. Le papier aussi peut être attaqué, plus particulièrement par les poux de livres et les poissons d'argent.

Les matériaux d'origine animale comme la laine, le crin de cheval, les plumes et les piquants de porc-épic constituent également des foyers d'infestation : les mites et les dermestes s'en régalent.

Les cuirs, les peaux et les os qui contiennent encore des huiles animales peuvent aussi être attaqués. Les trous, les traces d'usure en surface, les excréments, les exosquelettes et la perte de touffes de poils sont des signes manifestes d'infestation. Les collections ethnographiques constituées de peaux, de fourrures et de plumes peuvent être conservées dans des chambres froides, de façon à les préserver des insectes. La température et l'humidité relative de ces chambres sont minutieusement réglées et le mécanisme de réglage est doublé d'un système d'alerte en cas de défectuosité. Si la température y est maintenue à moins de 15 °C, les objets réfrigérés doivent être emballés dans un matériau tampon comme du papier ou du coton, et ensachés hermétiquement avant d'être transportés dans une pièce à température normale, afin de prévenir la formation de condensation sur l'objet. L'objet doit demeurer dans son sac pendant quelques heures, pour qu'il s'acclimate aux nouvelles conditions ambiantes. On doit s'assurer qu'il n'y a pas de condensation à l'extérieur du sac avant de l'ouvrir.

Les insectes préfèrent les endroits sombres, cachés, sales et poussiéreux. La propreté et l'ordre sont donc de rigueur. Les inspections régulières des réserves sont des mesures primordiales pour prévenir les infestations.

La lumière

Les matériaux d'origine animale et végétale sont relativement sensibles à la lumière et aux rayons ultraviolets. En exposition, on filtre ces derniers et on limite le niveau d'éclairement à 150 lux. Cependant, tous les matériaux teints, comme les piquants de porc-épic et les fibres végétales, ou naturellement pigmentés comme les plumes, sont très sensibles à la lumière. On limite donc leur niveau d'éclairement à 50 lux. Il en est de même pour les objets peints avec des pigments particulièrement sensibles, comme la laque cramoisie. De plus, on réduit leur  durée d'exposition et dans les réserves, on les range à l'obscurité.

Le jaunissement de l'ivoire avec le temps est un phénomène naturel. Son exposition à la lumière en diminue l'importance. On peut observer ce phénomène en exposition : le jaunissement de la partie non exposée est nettement plus prononcé.

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Les matériaux inorganiques

Le verre, la pierre, le métal et la céramique sont des matériaux inorganiques. Les objets fabriqués dans ces matériaux, sauf pour le métal, sont généralement peu sensibles aux conditions ambiantes. Cependant, pour les objets traités avec des consolidants ou des adhésifs, on recommande un niveau d'éclairement de 150 lux, de façon à réduire le jaunissement et l'affaiblissement des matériaux de consolidation.

Bien que la céramique, le verre, le métal et la pierre ne soient habituellement pas attaqués par les moisissures, celles-ci peuvent se développer sur ces matériaux s'ils sont poussiéreux et si l'air ambiant est humide.

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Interaction des matériaux constitutifs

Parfois les matériaux qui composent un objet interagissent et provoquent des détériorations. On les dit incompatibles. Par exemple, le cuir en contact avec un autre matériau risque de le tacher de ses huiles. Son acidité affaiblit les fibres végétales avec lesquelles il est en contact; elle peut aussi provoquer la corrosion du fer et du cuivre. Les matières organiques en contact avec le fer risquent d'être tachées de rouille et de s'affaiblir. Lorsque ces matériaux incompatibles ne sont pas fixés ensemble à l'aide de clous, de fils ou de colles, on les sépare les uns des autres avant de les ranger dans une même boîte. Cependant, si le démontage des composantes d'un même objet est impossible, on empêche plutôt leur contact en intercalant entre elles un morceau de coton, de papier ou de plastique stable comme du Mylar®.

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Objets archéologiques

Les objets archéologiques sont habituellement très fragiles, parce qu'ils sont demeurés sous terre ou dans la mer : l'eau, les sels, l'acidité ou l'alcalinité du lieu d'enfouissement, de même que l'effet des cycles de gel-dégel affaiblissent presque tous les genres de matériaux. De plus, les vestiges d'archéologies sont souvent fêlés ou fragmentaires et d'anciens collages peuvent être affaiblis.

Ces objets requièrent des conditions ambiantes stables, particulièrement s'ils sont contaminés par des sels. Les métaux archéologiques sont généralement corrodés et, s'ils sont contaminés de sels, la corrosion est active. Ils sont mieux conservés au sec, à moins de 30% d'humidité, dans des armoires ou des contenants hermétiques renfermant un dessiccatif comme le gel de silice déshydraté.

Tous les verres archéologiques sont altérés. Ils doivent être mis à l'abri des chocs. En raison de leur composition d'origine, certains requièrent des attentions particulières. Ainsi on évite d'exposer les verres opacifiés et craquelés à des conditions de sécheresse et les verres qui suintent sont tenus à l'écart des lieux humides.

Même les objets qui ont été remontés ou consolidés avec des résines doivent être manipulés avec soin. Il faut aussi savoir que les adhésifs risquent de s'affaiblir plus rapidement s'ils sont exposés à des températures élevées, à des excès d'humidité, à une lumière intense ou au rayonnement ultraviolet.

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Les véhicules et les objets mécaniques

Les véhicules et les objets mécaniques de grandes dimensions ont des besoins bien particuliers qui découlent de leur taille, de leur complexité et de leur fonction. Idéalement, on les met en réserve dans un lieu bien ventilé et sec pour retarder la corrosion. On peut les protéger de la poussière en tenant les locaux bien propres et en couvrant les objets de housses, en s'assurant qu'il y a une bonne circulation d'air sous la housse. On évite de faire reposer tout le poids de l'objet sur les éléments faibles comme les pneus ou les roues de bois. On utilise plutôt des cales que l'on dispose sous les essieux. Les objets industriels sont isolés de l'humidité du sol en les plaçant sur des plates-formes. Ceci permet également une meilleure circulation d'air et facilite le nettoyage des locaux.

Il peut être difficile de protéger les objets mécaniques et de grande dimension en exposition. Les visiteurs ressentent souvent le besoin de toucher ces objets et de s'asseoir sur le siège du conducteur. En général, les panneaux d'interdiction ne suffisent pas à empêcher ces gestes indésirables. Le recours à des guides constitue un choix efficace pour instruire les visiteurs sur la fragilité de ces objets. On doit assurer une surveillance accrue.

Durant certaines expositions, les conservateurs peuvent décider de mettre une machine en marche afin de favoriser une meilleure compréhension de son fonctionnement. Cependant, il faut reconnaître que la mise en marche d'une machine cause l'usure des pièces et que, tôt ou tard, il y aura bris. Il existe d'autres façons d'interpréter ces objets sans compromettre leur préservation. On peut avoir recours à des photos d'époque ou à des films portant sur des objets semblables que l'on voit fonctionner dans leur contexte historique pour en expliquer le mécanisme. Des maquettes et des répliques que l'on peut actionner ou des diagrammes démontrant le mécanisme sont d'autres options possibles.

On conserve toutes les pièces d'origine, même celles qui sont brisées. Elles constituent une source d'information précieuse. Si on doit les retirer, il faut  les ranger en identifiant clairement leur provenance et noter au dossier de l'objet comment et pourquoi la pièce a été extraite, en utilisant des diagrammes au besoin. S'il est nécessaire de remplacer des pièces, on s'assure que ces ajouts sont documentés et que les remplacements  peuvent se faire sans altérer la machine.

Par le passé, beaucoup de machines ont été restaurées et remises en état sans égard pour l'intégrité et l'histoire des objets. Plusieurs ont été décapées et repeintes. On pensait leur redonner ainsi leur aspect d'origine ou les rendre plus présentables. Des pièces ont également été remplacées et égarées. Ces interventions se sont soldées par une perte d'authenticité et de valeur. On s'est longtemps intéressé à l'artefact pour ses qualités esthétiques ou sa valeur de prototype, d'où le désir de le présenter avec un revêtement impeccable et un moteur fonctionnel. De nos jours, l'approche muséologique consiste plutôt à préserver les revêtements et les pièces d'origine ainsi que les traces d'usure, parce qu'ils rendent compte de leur mode de fabrication, de l'histoire de l'objet et de l'utilisation qu'on en a faite. Le revêtement – qu'il soit usé, altéré ou lacunaire – doit être conservé.

Les préparatifs en vue de la mise en réserve ou de l'exposition des objets industriels peuvent nécessiter la vidange des huiles anciennes, le nettoyage et l'huilage de certaines pièces, ainsi que l'élaboration d'un programme d'entretien. Ces interventions dépassent le champ de la conservation préventive et doivent être effectuées en collaboration avec un restaurateur. Elles requièrent l'assentiment du responsable de la conservation des collections.

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Les spécimens naturalisés

Les spécimens naturalisés peuvent constituer des foyers d'infestation. Il faut se doter d'un programme de lutte préventive contre les insectes, afin de pouvoir agir rapidement si des insectes sont décelés. Plusieurs spécimens naturalisés sont des objets composites sous tension. On les maintient dans des conditions ambiantes stables, à environ 50% d'humidité relative. En exposition, le niveau d'éclairement ne doit pas dépasser 50 lux pour freiner la décoloration des pigmentations naturelles qui sont particulièrement sensibles à la lumière.

Par le passé, des recettes taxidermiques comprenaient des poisons tels que le chlorure de mercure ou l'arsenic. Les spécimens ont aussi parfois été traités avec des insecticides toxiques comme le DDT. Les résidus de ces poisons sont souvent présents sans être visibles à l'œil nu, absorbés par la peau et les poils du spécimen. On doit considérer les spécimens naturalisés et les objets faits de plumes et de fourrure comme s'ils étaient contaminés. Par mesure de sécurité, il faut porter des gants jetables, un sarrau et un masque anti-poussière au cours des manipulations.

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Les objets potentiellement dangereux

Les armes à feu doivent, selon la loi, être conservées en respectant certaines normes de sécurité. Elles peuvent parfois être chargées, tout comme les obus et les projectiles de mortier peuvent être amorcés. On doit les faire inspecter par un spécialiste.

Les piles et les batteries présentes dans les objets de collection doivent être retirées, documentées et conservées séparément, car elles risquent de couler.

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Les anciens récipients

Certaines collections d'anciens récipients contiennent encore des substances comme des médicaments, des pigments colorés, de la nourriture ou des produits commerciaux d'époque. L'inscription sur le récipient peut être trompeuse : le contenu peut être tout autre que ce qui est indiqué. Ces produits peuvent provoquer la détérioration du récipient ou être corrosifs, explosifs, inflammables ou toxiques. Ils présentent des risques pour la sécurité du personnel. Il faut faire identifier ces substances et communiquer au besoin avec un restaurateur. S'il est possible de le faire sans danger, on les transvide dans des bouteilles de verre qu'on scelle et on indique leur provenance. 

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La manipulation et la mise en réserve

Les erreurs de manipulation constituent une cause fréquente de détérioration des objets de musée. Les cuirs, les peaux et les textiles, par exemple, peuvent s'étirer ou se déchirer aux coutures s'ils ne sont pas correctement soutenus.

Certaines fourrures sont devenues fragiles avec l'âge où à la suite d'une infestation. Elles risquent de perdre des poils si elles sont déplacées sans support. Les peintures, les vernis et les dorures des objets peuvent être facilement endommagés. Les grelots et les perles de verre, qui ne tiennent parfois que par un fil usé, peuvent se détacher au cours des manipulations s'ils ne sont pas soutenus. La vannerie et les ornements de porc-épic présentent souvent des petites fibres qui s'accrochent facilement. Malgré leur apparence, la céramique et le verre sont souvent fêlés ou ont subi des restaurations peu visibles.

Avant de manipuler un objet, on l'examine pour déceler ses points faibles. On manipule les objets avec soin et on utilise des boîtes, des bacs et des plates-formes pour les déplacer. On les soulève à deux mains par le dessous, jamais par les parties saillantes ou fragiles, comme une anse par exemple.

En réserve, il faut prévoir un espace adéquat entre chaque objet et entre chaque tablette pour faciliter l'accès et éviter l'entrechoquement au cours des manipulations. À cet égard, le calage dans un socle de mousse donc la superficie excède la portée de les  parties en sailli d'un objet  peut être une façon judicieuse de  lui éviter l'entrechoquement. Plusieurs objets ont besoin d'être bien soutenus lorsqu'ils sont mis en réserve et exposés. Un bon support soutient l'objet fragile, tout en en permettant l'examen et éliminant les manipulations directes. Il contribue à prévenir l'abrasion ou les distorsions occasionnées par le poids de l'objet, et facilite la manutention.

Les objets souples comme les chaussures, les mocassins, les mitaines et les gants peuvent être supportés de l'intérieur à l'aide de papier de soie non acide ou de sacs remplis de bourre de polyester. On met juste assez de bourre pour  supporter l'objet sans causer de tension. Les fibres végétales de la vannerie peuvent souvent s'accrocher : on ensache donc la bourre dans un matériau lisse comme une feuille ou un non-tissé de polyéthylène.

On veille à bien soutenir les objets cassants, par exemple une bouteille en verre, ou ceux dont l'assise est instable, comme une défense d'ivoire ou un coquillage. On utilise des sachets de sable ou des coussins remplis de bourre de polyester, ou on creuse des nids dans des mousses. Des beignets de liège ou du papier de soie chiffonné sont également très utiles. Ainsi immobilisés, ils ne peuvent rouler, tomber ou se heurter au cours des déplacements et sont protégés des vibrations du bâtiment et des tiroirs. Des rubans de coton peuvent être utilisés pour maintenir en place les petits objets sur leur support.

Les lances, les gaffes, les arcs, les flèches et autres objets longs et minces peuvent être conservés à l'horizontale, à condition que la charge soit bien répartie et qu'on matelasse les surfaces de contact. Il faut cependant s'assurer de ne pas déformer les parties vulnérables, comme les plumes d'une flèche.

Les canots et les kayaks peuvent être soutenus sur des bers, ou rangés sens dessus dessous sur des supports de bois matelassés. Le rangement à la verticale ne convient pas aux objets flexibles ou courbes car, à la longue, ils se courbent davantage sous leur poids. Il est toutefois pratique pour certains objets lourds moins vulnérables aux déformations, ou pour des objets plats et rigides comme, par exemple, des peintures sur écorce, des boucliers ou des cerfs-volants.

L'arrimage de l'objet s'effectue avec des moyens très variés, depuis le ruban de coton ou la sangle, jusqu'à l'arceau métallique amovible bien matelassé.

Il faut ranger à l'horizontale, sur un support, les objets articulés et montés sur des fils, comme les marionnettes et les colliers. Immobiliser les pièces qui risquent de se heurter à l'aide de rubans de coton fixés au support. Vérifier l'état des attaches reliant les pièces et les renforcer au besoin. Les grelots et les perles de verre ne doivent jamais pendre librement. En réserve, les objets comprenant ce type d'ornements doivent être supportés et placés dans des boîtes pour prévenir les pertes. Pour les petits objets, on peut utiliser des sachets avec fermeture coulissante, ainsi que des boîtes à pilules et des coffrets en acrylique. En exposition, disposer ces pièces à l'horizontale ou sur un support dont l'angle n'est pas trop prononcé.

Il peut être préférable que certains objets, un lustre à pendeloques par exemple, demeurent accrochés en tout temps. Dans un tel cas, le système de suspension doit être conçu sur mesure, de façon à empêcher l'entrechoquement des différents éléments et à offrir une protection contre les collisions possibles avec d'autres objets.

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L'entretien

L'entretien des objets doit toujours s'effectuer dans une perspective d'intervention minimale. En général, on se limite à un dépoussiérage à l'aide d'un aspirateur et d'un pinceau. Toutefois, cette opération est à éviter si la surface de l'objet est fragile ou friable. Il faut examiner l'objet et procéder à un test discret : il peut arriver que la surface soit moins solide qu'elle en a l'air. On dirige la poussière avec un pinceau à soies souples vers l'embout d'un aspirateur recouvert d'une gaze, pour éviter que de petites pièces ne soient aspirées accidentellement. Prendre soin de ne pas accrocher les parties saillantes ou rugueuses de l'objet.

Si on constate la présence de moisissures à la surface d'un objet, les laisser d'abord sécher avant de passer l'aspirateur, pour éviter qu'elles ne le salissent. Dans ces situations il est recommandé d'utiliser  un aspirateur doté d'un filtre HEPA  comme il en existe plusieurs modèles sur le marché. Confier l'enlèvement des taches persistantes à un restaurateur.

La poussière est abrasive, elle favorise certaines réactions comme la corrosion des métaux, elle attire les insectes et nourrit les moisissures. En se déposant sur un objet, elle peut se loger dans des endroits qui sont ensuite difficilement nettoyables comme par exemple dans les pores des os, des pierres, des coquillages et des terres cuites grossières; sur les surfaces huileuses de certaines peaux; sur des objets dont la peinture se soulève et s'écaille; dans le creux des reliefs de sculptures ou parmi les poils de fourrures et les fibres de tapis. Protéger les objets de la poussière en les emballant, en les recouvrant de housses, en les rangeant dans des boîtes et des armoires ou en les présentant dans des vitrines.

On peut retrouver à la surface d'un objet ethnographique ou archéologique des indices de son passé et des traces d'utilisation, comme des débris culinaires ou de la saleté incrustée, qui créent une patine. Il est important de conserver ces indices, car ils peuvent aider à l'interprétation de l'objet et à la recherche anthropologique. Par exemple, des traces de peinture sur une trousse d'artiste permettront l'indentification de matériaux utilisés par le propriétaire. Les dépôts historiques sont généralement incrustés plus profondément dans l'objet que la poussière. En cas de doute concernant ce qui peut être retiré ou non, laisser le dépôt intact et consulter un spécialiste avant de dépoussiérer.

Il ne faut jamais nettoyer les objets à l'aide de détersifs, de produits commerciaux d'entretien ou de recettes maison. Même l'eau peut causer des dommages. Il ne faut pas appliquer de cires, d'huiles ou tout autre produit commercial sur leur surface. Consulter un restaurateur pour plus de renseignements sur l'entretien des objets.

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La pose du numéro d'inventaire

On inscrit le numéro d'inventaire à un endroit discret mais facilement repérable. Choisir si possible une surface dure, non poreuse.

Sauf pour les textiles, les papiers, les imitations d'ivoire et autres matériaux synthétiques, l'opération est la suivante : on applique du vernis à ongle transparent et on le laisse bien sécher. On inscrit ensuite le numéro à l'aide d'un stylo à encre de chine noire indélébile qui ne pâlit pas à la lumière. On peut se servir d'un stylo feutre comme le stylo Pigma®. On laisse sécher l'inscription et on la protège par une nouvelle application de vernis. Si l'objet est foncé, on peut aussi utiliser de l'encre blanche dans une plume de dessinateur.

Pour minimiser les manipulations, on recommande d'attacher à l'objet une étiquette où apparaît ce même numéro. On l'inscrit également sur le support et la boîte de rangement. Si la surface d'un objet est trop fragile ou qu'elle est atteinte de corrosion active, on se limite alors à inscrire le numéro sur une étiquette attachée à l'objet ou insérée dans le sachet dans lequel il est conservé.

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En résumé

Il y a une grande variété d'objets dans les musées. Il faut identifier les agents de détérioration qui menacent la collection selon la nature des matériaux qui la composent et l'état de conservation de chaque objet. Il faut aussi veiller à maintenir des niveaux appropriés d'humidité relative, de température et d'éclairement, et prendre les mesures de protection requises contre les insectes, la poussière et les autres polluants. Enfin, on doit s'assurer que les objets sont bien supportés tant en réserve qu'en exposition. Leur pérennité dépend des soins qu'on leur apporte.

Date de mise à jour : 16 juin 2016

Gouvernement du Québec, 2018
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