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Les textiles

Les textiles religieux comprennent les vêtements liturgiques (chapes, chasubles, étoles, etc.), les ornements d’autel (nappes, dentelles, parements) et les ornements de procession (drapeaux, bannières, dais). Les institutions religieuses possèdent des textiles fonctionnels, qui servent encore régulièrement au culte, et des textiles historiques, qui sont conservés pour leur importance dans l’histoire de l’institution et dans l’histoire religieuse du Québec.

Les textiles sont très sensibles à leur environnement. Les textiles religieux, et plus particulièrement les textiles anciens, doivent être manipulés avec soin. Pour assurer leur conservation, on doit distinguer ceux qu’il faut ranger à plat dans des meubles à tiroirs à cause de leur fragilité ou de leur forme (costumes fragiles, parements d’autels, nappes, etc.) de ceux qu’on peut suspendre sur des cintres (vêtements en bon état).

Photographie d'une dalmatique, vêtement liturgique réservé aux diacres. Photo CCQ.

Que doit-on faire ?

Connaître son patrimoine religieux

  • Inventorier et photographier les textiles (voir la fiche L’inventaire : une nécessité). Noter les dommages dans la fiche d’inventaire.

  • Distinguer les textiles fonctionnels (qui servent régulièrement au culte) et les textiles historiques (dont l’usage est révolu mais qui sont conservés pour leur importance historique).

  • Déterminer s’il faut les ranger à plat ou les suspendre sur des cintres (selon la forme du textile).

  • Établir les besoins en rangement : garde-robes, penderies mobiles, meubles à tiroirs, papier d’emballage non acide, boîtes en carton non acide ou boîtes en polyéthylène* (ex. : Rubbermaid), coton écru (naturel et prélavé).

Manipuler avec soin

  • Se laver les mains et enlever ses bijoux.

  • Saisir les textiles aux endroits les plus solides, en mettant un support dessous si nécessaire.

Prévenir les dommages

  • Nettoyer les textiles fonctionnels et contemporains lorsque c’est nécessaire et si leur état le permet. Il faut bien évaluer si l’on doit faire appel à un nettoyage à l’eau et au savon ou à un nettoyage à sec. Dans les deux cas, on doit tenir compte de l’instabilité des couleurs, de la fragilité des fibres et de la possibilité de déformation. Les nappes et les dentelles d’utilisation courante sont principalement faites de tissus blancs qui, en général, s’entretiennent bien et peuvent être lavés à l’eau et au savon.

  • Garder les textiles historiques intacts. Ne jamais les nettoyer, ni modifier leur confection ou changer leur usage. Consulter un restaurateur : un nettoyage inapproprié pourrait modifier leur état et causer des torts irréparables.

  • Dépoussiérer simplement la surface des textiles historiques avec un pinceau à poils souples, en dirigeant la poussière vers l’embout de l’aspirateur. Il existe également des accessoires d’aspirateur pour ordinateur qui permettent de dépoussiérer les textiles délicatement.

  • Changer les systèmes d’accrochage des parements d’autel s’ils ne sont pas convenables (crochets métalliques rouillés ou offrant un soutien inégal). Il vaut mieux remplacer ces fixations par une bande de velcro qui répartit uniformément les tensions sur le tissu.

  • Protéger les tissus sur l’autel avec des sous-plats appropriés (en acrylique ou en céramique émaillée, par exemple) pour éviter les taches d’eau provenant des pots de fleurs et les taches de cire provenant des chandeliers.

Entretenir et inspecter régulièrement

  • Nettoyer régulièrement les lieux et les meubles de rangement.

  • Vérifier l’état des textiles et s’assurer qu’il n’y a pas d’insectes, de moisissures ou d’humidité excessive.

  • Aérer et assécher les textiles s’ils sont humides.

  • Revoir les conditions d’entreposage et les matériaux d’emballage.

Bien choisir et aménager les lieux d’entreposage

Les lieux d’entreposage

  • Rechercher des endroits secs, propres, bien aérés, où la température est stable. Les caves et les greniers ne conviennent pas, car ils présentent souvent des problèmes d’humidité excessive, de saleté, d’air stagnant et d’infiltration d’eau qui favorisent la présence d’insectes ou de moisissures et l’apparition de taches (cernes, couleurs qui déteignent).

  • S’assurer que les meubles de rangement ne sont pas adossés aux murs extérieurs.

Les meubles de rangement

  • Un meuble de rangement approprié permet de protéger les textiles, de les mettre en valeur et d’y avoir accès plus facilement.

  • Conserver les textiles dans des endroits fermés à l’abri de la lumière et de la poussière : garde-robes pour les textiles suspendus sur des cintres ou meubles à tiroirs pour les textiles conservés à plat.

  • Prévoir des étagères pour le rangement des textiles entreposés dans des boîtes.

  • On peut utiliser les meubles de sacristie pour ranger les textiles à plat. On doit nettoyer l’intérieur des tiroirs et créer une barrière entre le fond en bois et les textiles (pour éviter le transfert de l’acidité du bois). Cela peut se faire de deux façons : soit  en y déposant un carton non acide (tel que vendu chez les encadreurs) ; soit en peignant l’intérieur des tiroirs avec une peinture pare-vapeur (Insul-Aid de Glidden), une peinture ou un vernis acrylique.

  • On peut également faire fabriquer un meuble à tiroirs en métal émaillé (peinture cuite) ou en stratifié, conçu sur mesure selon les dimensions des textiles.

Les matériaux d’entreposage

  • Isoler les textiles les uns des autres par un emballage approprié.

  • Utiliser des matériaux propres et stables qui n'altéreront pas les textiles à long terme.

  • Éviter d’utiliser des papiers et des cartons d’usage courant (imprimés ou de couleur). Les papiers de soie bleus déteignent facilement en présence d’humidité.

Pour les textiles suspendus sur des cintres

  • Choisir de préférence des cintres en plastique ou en bois verni qui épousent la forme du vêtement, c’est-à-dire qui respectent l’angle de l’épaulement ; les rembourrer si nécessaire.

  • Couvrir les vêtements d’une housse en coton écru et les conserver dans des garde-robes ou dans des penderies mobiles.

Pour les textiles conservés à plat

  • Les couvrir d’un tissu en coton écru (naturel et prélavé) ou de papier non acide.

  • Les ranger dans de grands tiroirs prévus à cette fin ou dans des boîtes en carton non acide, ou encore dans des boîtes en polyéthylène les plus grandes possible afin d’éviter de les plier. Les boîtes seront déposées sur des étagères.

  • Si les textiles doivent être pliés, rembourrer les plis avec du papier non acide ou du coton écru afin d’éviter les faux plis permanents.

  • Déposer les textiles de grand format pour lesquels vous n’avez pas de rangement, comme les bannières et les drapeaux, sur un panneau en plastique cannelé (Coroplast) et les couvrir d’une housse en coton écru.

  • Démonter les bannières et les drapeaux de leur hampe avant de les ranger. S’il faut les conserver sur leur hampe en position verticale, par manque d’espace par exemple, on doit au moins les couvrir d’une housse en coton écru.

Exposer prudemment

  • Éviter d’exposer les textiles près d’une fenêtre, d’une source de lumière directe ou d’un radiateur.

  • Éviter de les exposer trop longtemps : une durée de six mois par période de cinq ans est recommandée.

  • S’assurer que les mannequins soient de taille et de forme appropriées, respectant l’angle de l’épaulement.

  • Favoriser l’usage de vitrines qui protègent de la poussière et des manipulations des visiteurs et diminuent les risques de vol et de vandalisme.

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