Envoyer à un amiVersion imprimable

Centre de ressources

AccueilCentre de ressourcesConservation préventiveGuide pour la conservation des oeuvres d'art publicTypes d'oeuvres et de matériauxBéton

Béton

Oeuvre Hommage à René Lévesque (1988) de Robert Roussil, située au Musée plein air de Lachine.



Hommage à René Lévesque (1988)
de Robert Roussil. Œuvre en béton coulé, moulé et armé avec un éclairage intégré, situé au Musée plein air de Lachine.


Exposée à la pointe d'une péninsule s'avançant dans le fleuve Saint-Laurent, cette oeuvre affronte les rigueurs du climat québécois depuis quelques
décennies déjà.



Photo 1
: CCQ, France Rémillard

Très utilisé par les architectes et les ingénieurs civils, le béton est le matériau de construction le plus répandu au monde. Il est souvent le matériau principal en art public. En plus des socles, on en fait des sculptures, des fontaines, des appliques murales, des imitations de pierre ou du mobilier.

Dur et résistant, le béton n’est toutefois pas à l’épreuve du temps. Certaines conditions accélèrent sa détérioration. Il faut donc identifier ses faiblesses, qui peuvent être dues à l’environnement, mais aussi découler des étapes de conception ou de réalisation.

Il faut donc tenir compte des caractéristiques du béton dès la conception d’une œuvre ou d’un support à réaliser avec ce matériau.

Nature

Pour fabriquer du béton, il faut de l’eau, du ciment et des granulats, soit du sable et des cailloux. L’eau et les ingrédients secs forment une pâte plus ou moins visqueuse qui peut être coulée dans un moule. Le ciment enrobant les granulats durcit et la pâte devient une masse dure et compacte.

Des adjuvants sont souvent incorporés au béton. Ils en améliorent les qualités en fonction de besoins spécifiques :

  • ceux qui le rendent étanche sont recherchés pour les fontaines
  • ceux qui le rendent plus perméable sont utiles pour les revêtements au sol. En absorbant l'eau, ils rendent les surfaces moins glissantes
  • des pigments peuvent être introduits dans le mélange pour en modifier la couleur
  • pendant la réalisation de l’œuvre, des entraîneurs d’air réduisent le rétrécissement du béton et augmentent sa résistance aux cycles de gel-dégel
  • des retardateurs ou des accélérateurs modifient son temps de prise au besoin.

Haut de page

Mise en oeuvre

Le béton est habituellement coulé. Il est souvent renforcé d’armatures non visibles à la surface. La présence des armatures a pour effet de contrer les faiblesses structurales du béton : elle compense la faible résistance du matériau en tension et aux cisaillements.

Pour la même raison, certains artistes ont recours au béton fibré. Il s’agit d’une préparation additionnée de fibres métalliques ou synthétiques, de nylon ou de polypropylène, qui sert à renforcer de petits éléments en saillie.

La consistance du béton destiné à la coulée est celle d’une pâte visqueuse. La coulée se fait en continu, d’un seul jet. Dès son incorporation aux ingrédients secs, l’eau active la prise du ciment, qui formera la masse dure et compacte souhaitée.

Détail d'une sculpture aux agrégats exposés.


Pour la création de sa sculpture dont les agrégats sont exposés,
cet artiste a exploité la différence de taille de ceux-ci pour différencier
les parties de son œuvre.

Détail d'une sculpture aux agrégats exposés.



Photo 2 : CCQ, Isabelle Paradis

La période de durcissement du béton se poursuit pendant plusieurs semaines, durant lesquelles il atteint sa force optimale. Le durcissement est affecté par la température. Le gel peut empêcher la prise du béton et la chaleur l’accélérer, ce qui peut causer un rétrécissement et des fissures.

Peu après la mise en œuvre, certains artistes optent pour des traitements mécaniques ou chimiques pour modifier la texture du béton ou en exposer les agrégats. On trouve donc des œuvres sablées, brossées, bouchardées, éclatées, polies ou traitées à l’acide.

Haut de page

Béton préfabriqué

Les artistes ont parfois recours à des éléments de béton préfabriqués dans la création de leurs œuvres. Il s’agit, par exemple, de :

  • tuyaux, parpaings et hourdis
  • poutrelles dotées d'armatures précontraintes
  • panneaux de béton allégés et renforcés de fibre de verre.

Assemblés au moyen d’un mortier, tous ces éléments sont très solides et très fiables.

Il existe également des œuvres constituées de béton modifié aux résines, aussi appelé béton polymère. Il y a deux façons d’obtenir ce type de béton :

  • en imprégnant l’élément de béton préfabriqué d’un monomère qui est ensuite activé dans la masse
  • en remplaçant une partie du ciment par de la résine, souvent de type latex.

Il en résulte des bétons exceptionnellement forts, tout à fait imperméables et qui peuvent être colorés suivant les besoins. Des teintures aux couleurs vibrantes peuvent alors être incorporées à la résine.

Photo de l'oeuvre en béton modifié aux résines de Patrice Gauthier (1988), située à la station Édouard-Montpetit du métro de Montréal.

Certains artistes ont recours à du béton modifié aux résines,
également appelé béton polymère. Il en résulte des œuvres
exceptionnellement costaudes, tout à fait imperméables
et qui peuvent être colorées suivant les besoins.
Des teintures aux couleurs vibrantes peuvent
alors être incorporées à la résine. C'est le
matériau sélectionné pour cette sculpture-banc.

Œuvre en béton modifié aux résines de Patrick Gauthier (1988), à
la station Édouard-Montpetit du métro de Montréal.

Photo 3 : CCQ, France Rémillard

Parce que le béton imite bien la pierre, on le retrouve également sous forme d’éléments sculptés ou d’ornements architecturaux. Ces œuvres, dites de fausse pierre ou de pierre artificielle, sont souvent difficiles à différencier des ouvrages réalisés avec la pierre.

Ces œuvres de fausse pierre sont des moulages constitués de béton Coignet, aussi appelé pierre moulée. Deux types de ciment peuvent être utilisés dans le béton Coignet :

  • de la chaux hydratée ou hydraulique
  • du ciment Portland.

Haut de page

Facteurs de dégradation

À l’intérieur, les œuvres en béton présentent une stabilité exceptionnelle. À l’extérieur, les bétons anciens sont sensibles au gel-dégel, mais pas les nouveaux bétons. Ils ont une plus grande durée de vie grâce à leur formulation améliorée et à des techniques de mise en œuvre plus efficaces.

Détail du socle d'une oeuvre de 1947 qui montre plusieurs symptômes de dégradation : faïençage, éclatement, formation de fentes et de fissures.



Certains bétons anciens sont peu résistants aux cycles de gel-dégel.
C'est probablement le cas de ce socle.


Détail du socle d'une œuvre de 1947 qui montre plusieurs symptômes de
dégradation : faïençage, éclatement, formation de fentes et de fissures.




Photo 4
: CCQ, Isabelle Paradis

Quelques facteurs doivent cependant être considérés pour assurer la durée de vie prévue du béton et réduire l'entretien qu’il requiert. Ces facteurs sont encore plus importants si l’œuvre est conçue pour l’extérieur. Ils doivent intervenir dès la conception, la réalisation et l’installation de l’œuvre.

Haut de page

Défaut de fabrication

La qualité des ingrédients est toujours un élément clé dans la fabrication du béton, surtout pour les œuvres conçues pour l’extérieur. Les résultats seront désastreux si :

  • la formulation est mauvaise
  • les granulats sont incompatibles (certains ne sont pas recommandés)
  • les matériaux sont contaminés par de la pyrite, de l’argile ou des sels solubles
  • les proportions eau, liantliant
    substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
    et granulats ne sont pas respectées
  • le malaxage ou le vibrage est insuffisant
  • le moule n’est pas étanche
  • la coulée est interrompue
  • les joints de construction ne remplissent pas leur rôle
  • le béton frais coulé n’est pas protégé en périodes de canicule ou de gel. 

Détail d'un relief en béton.



Nid de cailloux : défaut apparent du béton présentant une zone d'agrégats non enrobée par le liantliant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
.
Ce défaut est attribuable à un dosage insuffisant du ciment, à un manque de malaxage ou de
vibrage (opération de vibration du béton avant la prise pour le rendre homogène) ou à une
fuite dans le moule lors de la coulée.

Détail d'un relief en béton.


Photo 5 : CCQ, France Rémillard

Toutes ces conditions sont essentielles pour l’obtention d’un produit impeccable. Toute imperfection, même peu perceptible au départ, diminuera l'espérance de vie du matériau, principalement sous l’effet des cycles de gel-dégel. Il peut s’agir :

  • de fissures
  • d’éclatements
  • d’efflorescences
  • de faïençages
  • de nids de cailloux.

Haut de page

L'action de l'eau et du gel

En extérieur, l’eau est le principal facteur de dégradation des œuvres de béton. Son volume augmente d’environ 9% quand elle gèle. En s’infiltrant entre les éléments assemblés de l’œuvre, elle cause des éclatements, des fissures et même des déplacements qui s’aggravent à chaque cycle de gel-dégel.

L'eau n’étant généralement pas pure, elle peut laisser des taches sur son parcours. Le ruissellement venant d’un toit de cuivre finit par laisser des coulures vertes sur le béton. L’eau peut aussi causer des efflorescences et des concrétions oufavoriser la croissance de lichens.

Quand elle n'est pas canalisée, l'eau de ruissellement peut également provoquer des érosions locales. L’eau accélère, enfin, la corrosion des armatures de métal présentes dans la masse du béton.

Une œuvre appelée à être exposée à l'eau en permanence nécessite une très grande qualité d'exécution. Une fontaine, par exemple, doit être constituée d'un béton particulier et sa quincaillerie doit être à l’épreuve de la corrosion.

Haut de page

Corrosion des armatures, garnitures et ancrages

Les armatures en affleurement sont les premières à rouiller. Elles finissent par tacher et faire éclater le béton. La corrosion des armatures est la première cause des pertes par éclatement. Les garnitures de métal cuivreux ou ferrique tachent aussi le béton en surface.

Dispute philosophique (1972). Oeuvre en ferro-ciment de Lewis Pagé, représentant 3 personnages assis en indien et discutant, située devant le Grand Théâtre de Québec.

Le ferrociment désigne à la fois une technique et un matériau. Le matériau est un composite de fer et de mortier. La technique de mise en œuvre consiste à utiliser un mortier dur et de bonne consistance en enduit sur un treillis métallique. Les armatures et les treillis de support du mortier sont habituellement en acier doux. Les éléments d'acier qui sont en affleurement sont les premiers à corroder.

Dispite philosophique (1972).

Œuvre en ferrociment de Lewis Pagé, devant le Grand Théâtre de Québec, après restauration.

Photo 6 : CCQ, Claude Payer

 

Haut de page

Action des agents biologiques sur le béton

Dans un environnement humide en permanence, les mousses et les lichens prolifèrent. Ils ont peu d’effet sur le béton, mais ils modifient l’apparence des œuvres. On les trouve :

  • sous un couvert végétal dense et dans toute autre zone protégée du soleil et du vent
  • sur les surfaces planes où se trouve de l’eau stagnante.

Ces agents biologiques sont aussi d’excellents indicateurs d'un problème d'égouttement sur le site de l’œuvre.

Haut de page

Action des polluants solides et gazeux sur le béton

La pollution urbaine ou industrielle salit le béton, surtout dans les zones non lessivées par la pluie. En plus de modifier l’apparence des œuvres, les salissures retiennent les sels de déglaçage et les polluants gazeux. En s’accumulant, ceux-ci causent, à terme :

  • des fissurations
  • la corrosion des armatures
  • des pertes par éclatement.

Haut de page

Vandalisme sur les sculptures de béton

Comme toutes les autres œuvres d’art public, les sculptures de béton risquent de faire l’objet de vandalisme, qu’elles soient à l’intérieur ou à l’extérieur. Les dommages qu’elles subissent le plus souvent sont les graffitis.

Les bétons sont difficiles à nettoyer parce qu’ils sont poreux. Les décapants servant à effacer les graffitis font souvent pénétrer les colorants plus avant. Les bétons polymère sont aussi des cibles de choix pour les graffiteurs, vu leurs surfaces lisses, lustrées et colorées.

Le programme d’entretien des œuvres de béton doit tenir compte de cette complexité. Dans certains cas, il est aussi possible d’envisager l’application d’un anti-graffitis sacrificiel.

Situées dans des lieux passants, ces œuvres d’art public peuvent également subir des abrasions et des éraflures dues aux équipements utilisés pour la tonte du gazon, le déneigement ou le nettoyage.

Haut de page

Conception et réalisation

S'assurer que la forme de l'œuvre, son socle et sa fondation permettent une évacuation des eaux de pluie. Pour chasser l’eau des surfaces horizontales, prévoir une légère pente vers le périmètre de l’œuvre. Éviter le recours aux trous d'égouttement car ils ont tendance à s'obstruer.

Haut de page

Pratiques de construction et qualité d’exécution

Au moment du coulage de l’œuvre, s’assurer :

  • qu’elle est protégée du soleil s’il fait très chaud et du froid si un gel est prévu pendant ou peu après la coulée
  • que l’entrepreneur suit les recommandations de la fiche technique du manufacturier et les spécifications du devis.

Il faudra également :

  • exiger la présence de joints de construction dans les parties qui en requièrent
  • utiliser, autant que possible, des mélanges préparés en usine auxquels il suffit d'ajouter de l'eau. Beaucoup de recherches ont été menées pour répondre à divers contextes d'utilisation
  • toujours consulter les services techniques du fournisseur de ciment ou de la préparation de béton ou, à défaut, un ingénieur spécialisé avant de modifier la composition d'un béton, notamment pour accélérer ou ralentir sa prise avec des adjuvants.

Haut de page

Qualité des armatures

En milieu extérieur, mieux vaut privilégier l’acier inoxydable de type 316 pour les armatures, surtout si elles sont en affleurement. Une alternative un peu moins coûteuse consiste à utiliser des armatures pré-enduites d'époxy.

Ces recommandations valent aussi pour les ancrages et les garnitures. Ceux-ci doivent idéalement être en acier inoxydable. L’acier finit par corroder à moyen terme, même s’il est galvanisé.

Avec un pH autour de 12, le béton est alcalin. Il passive les armatures qui se trouvent dans la masse, habituellement faites d’acier doux. Le pH du béton diminuant avec le temps, les armatures ne sont plus protégées. Elles sont attaquées par l’eau, les sels et les polluants.

Haut de page

Environnement de l’œuvre de béton

Prévoir une aire de dégagement et de protection autour de l'œuvre pour :

  • éviter les dommages causés par les équipements roulants comme les tondeuses et les souffleuses
  • permettre une surveillance à distance.

De préférence choisir un site bien drainé, loin de la végétation envahissante et éloigné de la zone d’égouttement et des chutes de glace en provenance des toits environnants.

Haut de page

Installation

Voici les meilleurs moyens de bien installer une œuvre de béton :

  • s’assurer de la stabilité de l’œuvre en l’installant au sol ou sur son socle
  • pour une stabilité optimale, équiper l’œuvre d’assises de bonnes dimensions, adaptées à sa taille. Enfouir les fondations sous la ligne de gel. La profondeur du gel peut varier selon l’emplacement géographique
  • faire valider les dimensions, la profondeur et l’emplacement de la fondation par un ingénieur au besoin
  • vérifier la qualité du drainage du terrain, et ce, dès le choix de l’emplacement
  • si le concept est haut et élancé, valider la capacité de l'ouvrage à supporter l'assaut de grimpeurs et les secousses sismiques. Faire approuver les ancrages
  • si l’œuvre comporte des éléments assemblés, sceller les joints avec le mortier approprié pour empêcher l’eau de pénétrer (voir l’encadré, Le mortier).

Haut de page

Entretien

Pour entretenir adéquatement les œuvres de béton, veiller à :

  • demander à l’artiste d’expliquer les éléments qu’il considère essentiels à l’interprétation de son œuvre et de préciser ses intentions, notamment quant au fini et à la couleur attendue
  • demander les conseils d'un restaurateur pour compléter la fiche d'entretien au besoin
  • faire une inspection de l’œuvre au moins une fois par année
  • s’assurer d’avoir en main une fiche d’entretien remplie par l’artiste au moment de l’inspection. Cette fiche spécifique à l’œuvre aura été validée par un restaurateur
  • conserver un échantillon du béton d'origine ou, s'il s'agit d'un mélange prêt à l'usage, inclure le numéro de référence du produit, qui est émis par le fournisseur
  • consulter un restaurateur avant de retirer les graffitis. Le béton étant un matériau poreux, une intervention non appropriée pourrait laisser des traces. Elle risque de faire pénétrer les colorants plus avant dans la matière, pour créer ce qu’on appelle un fantôme de graffiti
  • lorsqu’une œuvre de pierre, de béton ou de ferrociment est fissurée ou épaufrée, contacter un restaurateur pour la faire réparer
  • contacter également un restaurateur lorsque des taches de corrosion se forment sur la surface d’une œuvre en béton ou en ferrociment
  • exiger un rinçage en profondeur quand des produits commerciaux sont utilisés pour nettoyer une œuvre ou en retirer un graffiti. Au besoin, demander à un restaurateur comment vérifier le pH de surface, surtout après le recours à des décapants fortement alcalins
  • si une protection contre les graffitis est souhaitée, consulter un expert ou un restaurateur, pour le choix de l'anti-graffitis approprié. La recommandation vaut également pour les protections hydrofuges
  • veiller à maintenir l'étanchéité de l'ouvrage. Sceller les joints à l'aide d'un mortier pour prévenir la pénétration de l'eau. Sceller également les fissures, remplacer les pertes et refaire le jointoiement au besoin.

Photo de la station du Chemin de croix (1919), oeuvre de Delwaide et Goffin au sanctuaire du Lac Bouchette. Les socles en béton de ces stations, refaits dans les années quatre-vingt, étaient fissurés et l'eau infiltrée avait causé des coulures, des efflorescences et des concrétions.


Afin de maintenir l'étanchéité des ouvrages et prévenir l'infiltration de l'eau, il faut sceller les joints à l'aide d'un mortier, colmater également les fissures, remplacer les pertes et refaire le jointoiement, au besoin.


Station du Chemin de crois (1919), œuvre de Delwaide et Goffin, au sanctuaire du Lac Bouchette. Les socles en béton de ces stations, refaits dans les années 1980, étaient fissurés et l'eau infiltrée avait causé des coulures, des efflorescences et des concrétions.



Photo 7 : CCQ, Isabelle Paradis

 

 

 

 

 

 

Afin de maintenir l'étanchéité des ouvrages et prévenir l'infiltration de l'eau, il faut sceller les joints à l'aide d'un mortier, colmater également les fissures, remplacer les pertes et refaire le jointoiement au besoin.

  • vérifier le fonctionnement des drains et des trous d'égouttement et, selon le cas, celui des solins et des gouttières
  • bannir les nettoyages à l'acide ou aux agents de blanchiment tels l’eau de Javel
  • éviter les sels de déglaçage autour de l'œuvre. Préférer le sable sans sel ou d’autres granulats pour obtenir une surface non glissante ou antidérapante.

Haut de page

Éléments à surveiller lors de l’inspection d’une œuvre de béton

Au moment d’inspecter une œuvre de béton, il faut porter attention à :

  • l'apparition de fissures, d'épaufrures, de faïençage, d'efflorescences ou de concrétions blanches, de taches de rouille ou de fissurations le long des armatures, de salissures dans les parties en retrait, de graffitis
  • l'apparition de fissures, d’effritements, de détachements ou de désagrégation dans les joints de mortier
  • l'état des surfaces horizontales et de celles qui sont protégées des eaux de ruissellement pour s’assurer qu’elles n’accumulent pas saletés et moisissures
  • l'évacuation de l'eau des surfaces horizontales, dans les pentes et les trous d'évacuation
  • la stabilité de l'assise et la verticalité de l'œuvre
  • la déformation des éléments structuraux tels que les poutres, les colonnes et les plateaux.

Haut de page

Colorer le béton

La couleur naturelle du béton est plutôt pâle, dans les tons de gris-beige. Ceux-ci varient selon la nature du ciment et des granulats utilisés. Le béton peut toutefois être coloré.

La coloration la plus durable du béton consiste à intégrer de la couleur dansla masse. Decette façon, les usures, les éraflures et les pertes de matière sont moins visibles. Si les colorants sont des pigments minéraux stables, tels que des terres ou des ocres, la couleur ne s’altère pas au fil du temps et les graffitis peuvent être enlevés sans risque. Toutefois, à cause de la contrainte de concentration maximale des additifs, la couleur des bétons colorés dans la masse est rarement très saturée.

Une deuxième façon d’ajouter de la couleur à une œuvre en béton consiste à appliquer en surface un enduit coloré, soit de la teinture ou dela peinture. L’inconvénient de cette approche est que toute perte par abrasion, éraflure ou éclatement paraît davantage. De plus, ces enduits s’usent avec le temps, surtout dans les zones exposées aux frottements et à l’abrasion. Pour une meilleure tenue en milieu extérieur, un enduit poreux est préconisé :

  • les enduits à l’acrylique dits microporeux présentent une bonne espérance de vie. Cependant, on peut s’attendre à ce que leur porosité diminue avec l’accumulation de couches ajoutées au fil des ans pour l’entretien ou pour camoufler un graffiti. Ces applications successives rendent cette peinture moins efficace
  • les enduits à base de silicate laissent au béton sa porosité et sont liés au matériau de façon irréversible.

Pour des couleurs plus affirmées, certains artistes ont recours aux bétons-polymères ou plus spécialement aux bétons modifiés aux résines (voir section Béton, photo 3). Le colorant est alors intégré au polymère constitutif de la couche extérieure. Plus coûteux, ces bétons ont une excellente résistance mécanique, mais ils résistent très mal aux solvants utilisés pour retirer les graffitis. Il faut donc s’attendre à devoir les retoucher ou les repeindre pour cacher les graffitis.

Quelques recommandations pour bien colorer le béton :

  • Quand la couleur fait partie du concept d’une œuvre en béton, on préférera une coloration intégrale ou coloration dans la masse.
  • Consulter les fiches techniques et les services techniques des fournisseurs pour choisir le produit qui convient le mieux au projet.
  • Fournir la recette du béton (nature des éléments constitutifs d’origine et proportions) qui devrait servir à la réparation éventuelle de l’œuvre.
  • Quand la couleur est appliquée en surface, il faut également avoir à sa disposition un échantillon de cette couleur et les références commerciales pour son renouvellement.

Il est préférable de consulter un restaurateur quand il s’agit de retirer un graffiti sur une surface peinte.

Haut de page

Le mortier

Comme les bétons auxquels ils sont apparentés, les mortiers sont des mélanges de ciment et/ou de chaux, d'eau et de granulats. Ces derniers sont fins et ne contiennent pas de cailloux. Comme le mortier est normalement appliqué àla truelle. Saconsistance doit donc être pâteuse.

En maçonnerie, le mortier sert à jointoyer des ouvrages de briques, de pierres ou de parpaings. Il sert aussi à appliquer des crépis sur les murs. Sa fonction est de rendre les ouvrages étanches.

Le mortier constitue la partie sacrificielle des ouvrages. Il doit donc être plus faible que les pierres, les briques ou les autres éléments assemblés.

Sur le marché, il existe plusieurs types de mortiers selon les usages. Ils diffèrent par leur composition. Le mortier peut être :

  • du ciment Portland
  • du ciment hydraulique naturel
  • un mélange de ciment et de chaux.

La taille des granulats contenus dans le mortier varie, de même que le ratio liantliant
substance liquide qui permet à l'artiste d'utiliser ses couleurs (huile, résine acrylique, colle, etc.).
/granulats. Ce ratio est de 1 pour 4 et il est plus faible que dans le béton.

Il y a des mortiers spécifiques pour différentes applications tels les enduits et le jointoiement de différentes pierres ou de béton :

  • le mortier qu’on désigne parla lettre Kest le plus faible. Il est recommandé pour faire de la restauration d’œuvres d’art
  • le mortier qu’on désigne parla lettre Oconvient pour les rejointoiements
  • celui qu’on désigne par la lettre Mest très dur. Il n’est pas conseillé pour les rejointoiements, mais il peut très bien convenir à la conception d’œuvres en ferrociment (voir section Béton, photo 6). 

Quelques recommandations concernant les mortiers :

  • Lorsqu’une œuvre de maçonnerie comporte des joints, sélectionner le mortier approprié pour les sceller.
  • Le dosage des composantes du mortier est critique dans l’atteinte du résultat attendu.  Il est préférable d’utiliser des mélanges préparés en usine, auxquels il suffit d’ajouter de l’eau.  La préparation en sera simplifiée.
  • Se rappeler que la mise en œuvre du mortier est aussi importante que le mortier lui-même. S’assurer que les maçons respectent les procédures d’application. Des températures inadéquates, un mauvais dosage, des constituantes contaminées ou une application bâclée risquent d’entraîner des différences de couleur, des efflorescences, des problèmes d’étanchéité et l’effritement des joints.
  • Faire appliquer les mortiers par un maçon compétent qui respectera tout autant le dosage des composantes du produit, que la procédure d’application.
  • Les mortiers sont les éléments sacrificiels de l’ouvrage et sont donc normalement les premiers à se détériorer.  Il faut leur porter une attention particulière lors des tournées d’inspection et s’assurer que les ravalements sont effectués par un maçon compétent lorsqu’ils sont devenus nécessaires.

Haut de page