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Sauvetage d'un emblème

Récemment, l'atelier des textiles du Centre de conservation du Québec a eu le plaisir de restaurer le drapeau du Royal 22eRégiment (R22eR), emblème qui représente le corps et l'âme de la formation.

Un peu d'histoire...

Le Royal 22e Régiment (R22eR) est l'un des trois grands régiments d'infanterie des Forces armées canadiennes. Riche de ses 100 ans, les symboles rappelant son histoire sont nombreux. Mais le plus précieux demeure son drapeau. Il atteste de la fierté et de l'honneur qu'ont ses troupes à le servir. En plus de son symbole le castor et de sa devise Je me souviens, le drapeau affiche les missions auxquelles le régiment a participé et 10 de ses nombreux honneurs.

La première expertise révélait un drapeau très abîmé. Sur un des coins, le tissu était fendu, déchiré et déformé en raison des nombreuses manipulations lors des cérémonies. Quelques semaines plus tard, lors d'une deuxième expertise, les restauratrices constataient sa grande fragilité : la  déchirure s'était agrandie de plus de deux pouces. Il était urgent d'agir. Comme le drapeau est encore en service, le travail a dû s'effectuer sur une très courte période. L'équipe ne disposaient que de trois jours – entre deux cérémonies – pour effectuer le travail.

Photo du drapeau et détail sur la déchirure, avant restauration.

Drapeau, avant restauration.

La restauration

Deux considérations devaient être respectées pour ce traitement. Tout d'abord, étant donné l'utilisation fréquente de l'artefact, la réparation devait être solide. Mais, au regard de la signification de l'objet et de son caractère solennel, elle devait aussi être la moins visible possible. 

Insertion de tissu pour réparer la déchirure.

Pièces de coton recouvrant la fente.

Le drapeau a donc été complètement dépoussiéré au-devant et au revers et une mise à plat a été réalisée à l'aide de vapeur froide et de plaques de verre. Les zones fragilisées ont été consolidées en recouvrant les lacunes d'une crêpeline de soie enduite d'adhésif sur les deux côtés. Celle-ci protégeant et renforçant le tissu original tout en stabilisant les déchirures. Des pièces de coton d'une couleur se rapprochant le plus à l'original sont venues recouvrir la fente en bas, à droite. Ces morceaux ont été cousus, sur chaque face du drapeau, en prenant bien soin de ne pas empiéter sur le motif de fleur de lys. Les points ont tous été faits main avec du fil de soie. 

Photo du drapeau et détail de la déchirure, après restauration.

Drapeau, après restauration.

Une fois le traitement terminé, le drapeau était attendu pour une activité commémorative très spéciale entourant le 100e anniversaire. En effet, le R22eR devait se rendre à Londres afin de reprendre la garde du Palais de Buckingham et rencontrer la reine. Il va s'en dire que toute l'équipe du Centre était très fière de voir le drapeau flotter au vent devant ce mythique palais!

 Photos prises lors de la présence du 22e Régiment à Londres.

Le 22e Régiment lors de l'activité commémorative, à Londres.

Le Royal 22e Régiment — Une histoire riche

Formé de volontaires francophones lors de la Première Guerre mondiale (1914), le R22eR demeure aujourd'hui le seul œuvrant entièrement en français au Canada. Les anglophones le surnomment même The Vandoos, faisant référence à la prononciation de vingt-deux avec l'accent anglais. Regroupant plus de 2 000 membres, il est la plus importante unité militaire au Québec.

C'est lors de la guerre de Corée, entre 1951 et 1953, que le 22e devient aussi imposant, passant d'un seul à trois bataillons. C'est également lors de ce conflit qu'il fera ses marques et qu'il recevra un grand total de 84 décorations pour ses actions. À la suite de ce service, il réalisera plusieurs mandats de maintien et de consolidation de la paix pour les Nations Unies.

Date de mise à jour : 14 décembre 2011

Gouvernement du Québec, 2018
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